Aregno: Trinita e San Giovanni Battista

Avec San Michele de Murato, cette chapelle, datée de la seconde moitié du 12e siècle, est un des plus beaux exemples pisans de Corse. Elle présente un décor sculpté sur l’ensemble de ses côtés extérieurs avec des motifs aussi variés qu’étranges.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Aregno
Chapelle:
Trinita e San Giovanni Battista
Pieve:
Aregno
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°34'56.53"N 8°53'51.47"E
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Coordonées GPS:
42°34.933' 008°53.828'
Altitude:
277 m

Carte IGN:
Calvi 4149 OT Aregno point 4253-537,8 marqué Eglise de la Trinité

Accessibilité:
en voiture ; dans une boucle de la D151 et dans le cimetière

Modalités de visite:
ouverte en saison ; se renseigner à  la mairie

Datation:
seconde moitié du 12e siècle
Dimensions:
16,60 m x 6,30 m

Classement monument historique:
1883
26/04/2017:
26/09/2015 avec Stéphane Orsini et l’ASCO

Galerie

Historique et description

Située un peu à l’écart du village dans le cimetière, la chapelle Trinita e San Giovanni est un must de la Balagne et répond à un plan conforme à celui des chapelles pisanes : nef unique, ici de 16,60 m x 6,30 m, avec une abside semi-circulaire orientée à l’est, au toit de teghie.
Les angles sont renforcés et les murs latéraux présentent des pilastres peu saillants.


C’est surtout son décor qui la caractérise : polychromie des blocs de couleurs différentes ainsi qu’ éléments sculptés qui scandent les murs extérieurs, surtout sur la façade occidentale.
En façade, le regard est attiré par trois sculptures de granit noir en haut relief. Au sommet, un curieux personnage se tient le pied comme s’il souhaitait en enlever une épine. Plus bas, de part et d’autre de la porte, un homme nu tenant un rouleau et une femme vêtue d’une longue robe. Ces sculptures s’inscrivent dans un décor divisant la façade en trois grandes zones. Au sommet, une cordelière et un jeu d’arcatures aveugles sur modillons décorés soulignent les rampants du toit. Parmi les motifs : masques humains, tête d’ours, crochets à deux pointes. Au centre, s’ouvre une fenêtre à deux baies séparées par une colonnette et surmontée d’un arc mouluré au tympan décoré de serpents entrelacés.


L’étage intermédiaire se compose d’un oculus, lui aussi orné, au-dessus de quatre arcatures travaillées de façon différente : cordelière, fleurs stylisées dans des cercles, denticules. A la base des arcatures, cinq reliefs dont une tête de bovidé aux petits yeux ronds. Vers lui convergent deux quadrupèdes (un mâle d’un côté, une femelle de l’autre) et, aux extrémités, un taureau bondissant et un fauve dévorant une proie. Quatre cupules taillées devaient recevoir des bols polychromes.


Enfin, la partie basse est occupée par la porte surmontée d’un linteau reconstitué supportant un arc en plein cintre formé de claveaux noirs et blancs. La restauration du 19e siècle a ajouté un tympan alors que, chose rare, il n’y en avait pas. De part et d’autre de l’arc, les deux statuettes déjà mentionnées.


Le jeu de moulure (dont une en torsade) et d’arcatures sur modillons se retrouve sur le reste de l’édifice. Parmi les motifs : masque humain, tête de bovidé, oiseau, sirène à double queue, tête de bélier, losanges labyrinthe croix dans un cercle, couronne tressée, cordelière, damier… (sud) ou encore fleurs stylisées, quadrupèdes, lièvre, bélier, tête humaine,… (nord). Les deux fenêtres en meurtrière sont surmontées d’une archivolte sculptée : deux paons affrontés et une croix près d’un pommier chargé de fruits (refaits au 19e siècle). Les portes latérales, dans un panneau en légère avancée, sont surmontées d’un arc de claveaux noirs et blancs (sud) ou monochrome (nord ; linteau en bâtière). Près de la porte sud, le soubassement de l’ancien campanile encore en place au 19e siècle.


L’abside, avec sa fenêtre centrale, offre le même programme décoratif que les murs latéraux. Le décor des modillons est pourtant plus simple et parait antérieur. L’édifice est construit sur un soubassement dont l’importance varie avec la déclivité du terrain.


A l’intérieur, l’arc triomphal fortement brisé donne sur l’abside surélevée.
Le chancel est ici bien conservé : il sépare les fidèles de l’autel baroque.
Les fenêtres sont surmontées d’archivoltes sculptées dont les motifs sont repris en vis-à-vis : deux paons s’abreuvant à une coupe et un motif composé d’une torsade, une main et une crosse.
Les consoles soutenant la charpente sont également ornées mais de motifs plus simples.
Deux panneaux peints du 15e siècle décorent le mur nord. Sur le premier,  Saint Michel terrasse un dragon ailé. D’une main, il tient son épée, de l’autre la balance du dernier jugement : sur les plateaux deux corps minuscules. Une inscription, malheureusement en partie effacée, porte de la date de 1448 (CCCCXXXXVIII). Sur le second panneau figurent les quatre Docteurs de l’Eglise : Saint Augustin (mitre d’évêque et manteau carmin), Saint Grégoire (tiare décorée de fleurs), Saint Jérôme (chapeau plat) et Saint Ambroise (mitre et manteau vert). Fait très rare, l’inscription fait mention du donateur et de la date : 17 mai 1458.
De nombreuses similitudes avec celle de Sermano font penser à un même atelier.

La restauration, terminée en 2013 a rendu à l’édifice tout son éclat.

Bibliographie

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Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886-1889) : planche III
Corsicatheque/histoire(patrimoine)/eglises, chapelles et couvents
culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
Decouvrirlacorse.chez.com/romanes
elizabethpardon.hautetfort.com
france-romane.com
Iterr-cost (Corse)
Jalladeauj.fr
Parcours roman en Méditerranée : corse.fr/musees-corse
Verges.jeanmarie.free.fr (Ma Corse)
romanes.com