Biguglia: S Andrea

Bien qu’en ruines, Sant’Andrea présente une abside superbement décorée (partie supérieure remontée en 1986) : têtes humaines, spirale, croix, lignes parallèles.
De plus, l’endroit est particulièrement bien choisi : un col surplombant toute la plaine et les étangs de Biguglia.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Biguglia
Chapelle:
Sant Andrea de Fabrica
Pieve:
Orto
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°37’02.80"N 9°24’33.80"E
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Coordonées GPS:
42°37.047'N 9°24.573'E
Altitude:
329 m

Carte IGN:
Bastia 4348 OT, au sud-ouest du village de Biguglia, point 4260,8-580,3 marqué Chap Sant Andrea rnes

Accessibilité:
A la fontaine de Biguglia prendre le sentier ; à  environ 10 min du village après un tournant avec roche affleurant, prendre sentier à  droite ; environ 35 min de marche

Modalités de visite:
accessible

Datation:
début 13e siècle
Dimensions:
10,30 m x 3,75 m

Classement monument historique:
non
28/04/2017:
24/09/2015

Galerie

Historique et description

Les chapelles pisanes se situent bien souvent dans des endroits superbes. C’est encore le cas de la chapelle Sant’Andrea située sur un col dominant toute la plaine et les étangs de Biguglia.
Aujourd’hui en ruines, la chapelle devait être très soignée si l’on en juge par l’abside haute et étroite, seul élément bien conservé, dont les murs sont composés de dalles en calcaire aux grains serrés, de tailles moyennes et méticuleusement agencées.


Une restauration effectuée en 1986 par la FAGEC aidée par le 2e REP (Régiment Etranger Parachutiste basé à Calvi) a permis de replacer différents blocs formant la partie supérieure de l’abside. Celle-ci est ornée d’une corniche moulurée courant sous la toiture et d’un jeu d’arcatures reposant sur des modillons dont certains sont décorés : motif à crochets, tête humaine, lignes parallèles ou en V. A l’intérieur de l’arc des arcatures, sont disposés des ronds décorés d’un motif en relief : croix dans un cercle, spirale et une tête gravée. Cette petite tête est curieuse car le matériau et la gravure se différencient des autres motifs. Une comparaison avec Santo Pietro di Tenda vient à l’esprit : une tête similaire se retrouve dans l’arcature du fronton occidental.
Au centre de l’abside, une petite fenêtre meurtrière éclaire le chœur. A l’extérieur, cette fenêtre repose sur une dalle monolithe joliment moulurée et est surmontée d’une archivolte échancrée en arc brisé souligné par un triple redan. A l’intérieur, elle est surmontée simplement d’une archivolte échancrée également en arc brisé.
La voûte, composée de petites pierres, est encadrée d’un arc triomphal composé de claveaux étroits très réguliers. L’autel, surélevé de deux marches, se trouvait au centre du chœur.

- Le soin de la construction se retrouve sur l’ensemble de l’édifice malgré son état fragmentaire : un bandeau mouluré court à la base de tout l’édifice et les pierres soit en place, soit éparpillées au sol, témoignent d’une taille très régulière. Ces dalles de parement contrastent avec le noyau des murs constitué de moellons non taillés noyés dans du mortier.
L’édifice, de nef unique était assez étroit (10,30 m x 3,75 m) et doté de deux portes, l’une au sud, l’autre à l’ouest, dont les seuils et les piédroits sont encore en place. Les tympans nus gisent, tous les deux, sur le sol ainsi qu’une archivolte échancrée en arc brisé devant appartenir à une petite fenêtre latérale. D’autres blocs, les uns bien rangés à l’intérieur, les autres éparpillés autour de l’édifice, attendent d’être éventuellement remontés.
Le décor de l’abside appelle des comparaisons avec San Sarsorio (Suerta) et Santa Margarita (Sorio), réalisations peut-être copiées de San Pietro (Santo Pietro di Tenda) ou de Santa Maria de Canari. Toutes datent du début du 13e siècle.


La chapelle est mentionnée dans un cartulaire de l’abbaye de la Gorgone en 1260 et, en 1646 selon le rapport de Mgr Marliani, elle avait été remplacée par une nouvelle église dans le village.

Bibliographie

Arnoux-Gabrielli A., Eglises romanes de Corse, 2016, p. 188

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 170
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005, p. 115
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 46
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 152-153, t. 2 p. 216

Internet


Camuffo P., « Eglise de Sant’Andrea », Médiathèque culturelle de la Corse et des Corses, m3c.unvi-corse.fr
Corsicathèque.com
Gaffory V., Giulani A., “Chapelle Saint-André dite Sant’Andrea di Fabrice », Médiathèque culturelle de la Corse et des Corses, m3c.unvi-corse.fr