Calvi: Santa Maria Vecchia

Les vestiges de la basilique Santa Maria de Calvi s’aperçoivent le mieux dans le profil de la butte dominant statue de la Porteuse d’eau. Edifiée au 4e siècle, elle a été reconstruite au 14e siècle pour être remplacée au 17e siècle par la petite chapelle que l’on voit encore aujourd’hui.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Calvi
Chapelle:
Santa Maria Vecchia
Pieve:
Calvi
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°33'55.20"N 8°45'20.26"E
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Coordonées GPS:
42°33.919’ 008°45.342’
Altitude:
13 m

Carte IGN:
Calvi 4149 OT, dans la ville en face de la gare, point 4249-526

Accessibilité:
à  la « porteuse d'eau », la petite chapelle s'aperçoit au-dessus de l'agence du Crédit Agricole. Pour y accéder, il faut monter et faire le tour par le haut (prendre un chemin qui monte sur la gauche, dans la rue parallèle à  la nationale, prendre à  gauche et passer entre deux immeubles)

Modalités de visite:
accessible

Datation:
4es.; 14e s.; 19e siècle
Dimensions:
35m x 16,30 m

Classement monument historique:
non
22/10/2017:
15/05/2013

Galerie

Historique et description

Il ne reste plus grand chose de l’ancienne basilique Santa Maria Vecchia de Calvi. Elle était située dans la ville basse et sur son emplacement se trouve aujourd’hui une petite chapelle funéraire (7,70 m x 6,10 m) construite au 19e siècle.
Les travaux entrepris pour la construction du boulevard de la République au 19e siècle ont raboté une partie de la butte et détruit la partie est du site.
D’après les anciens, des milliers d’ossements ont été alors mis au jour. On peut d’ailleurs voir dans le mur de la butte, en partie stabilisée par du béton, une coupe dans laquelle apparaissent les murs. On perçoit très bien les murs extérieurs, les soubassements des nefs et les arches des caveaux funéraires.
Calvi appartient au diocèse de Sagone mais il n’en a pas toujours été ainsi. Il faut mettre les différents textes bout à bout pour en reconstituer l’histoire.
Dans un texte de 1468, le desservant de Santa Maria avait le titre de pievan. Il est plus que probable que ce titre soit l’héritage d’une situation remontant à l’époque paléochrétienne.
Le récit de la Passio de Restituta (rédigée au plus tard au 12e siècle) mentionne d’ailleurs une basilique consacrée par le bienheureux Appien (au cours du 5e siècle) et dédiée à San Salvadore, à Maria et à San Giovanni Battista. Il devait y avoir un ensemble épiscopal comprenant une basilique dédiée à Santa Maria, un baptistère San Giovanni et un autre édifice consacré à San Salvadore.
On peut donc supposer qu’il y avait un diocèse dès le 4e siècle au bord de la mer et que l’évêque résidait dans l’antique ville de Calvi de fondation romaine. Ce diocèse n’a pas été reconstitué au Moyen âge et Calvi est mentionnée comme piévanie à elle seule (en souvenir de l’ancien diocèse ?).
En 1587 Mgr Mascardi mentionne que l’église Santa Maria est en ruines et en voie d’être remplacée par une petite chapelle. Cette petite chapelle, construite sur l’ancienne église, fut terminée sans doute en 1620 et servit d’église paroissiale jusqu’à la construction, en 1774, de Santa Maria Maggiore elle aussi dans la ville basse.
Santa Maria Vecchia devint par la suite chapelle funéraire et est toujours en place au milieu des vestiges de la nef de l’ancienne basilique.
Des fouilles entreprises en 1961 par G. Moracchini-Mazel ont permis de faire revivre cet édifice ; nous reprenons ici les résultats publiés dans ses différents ouvrages.
Les recherches ont montré au moins deux périodes de construction : l’édification au 4e siècle et une reconstruction à l’époque génoise au 14e siècle. Mais le plan semble être resté le même.
Ce plan corrobore un dessin de 1768 montrant la petite chapelle et, en pointillé, le plan de l’ancienne basilique entourée d’un muret. Ce même plan indique un chœur au mur plat. Sans doute l’ancienne abside a-t-elle été remplacée par un chevet plat au 14e siècle.
Les piliers et les vestiges de murs dégagés permettent de restituer un plan approximatif : la basilique aurait atteint 35-40 m de long pour 16,30 m de large. La nef centrale, de 8,57 m de large, est encadrée par deux bas-côtés de 3,86 m délimités par deux rangées de piliers en majorité cruciformes. Le mur sud est, par endroits, encore conservé sur plus d’un mètre de haut. Ces vestiges sont encore visibles en surface mais noyés dans la végétation.
En face, un cimetière romain a été mis au jour lors des travaux du chemin de fer.
La basilique de Calvi présente des dimensions semblables à celles de Mariana : les bas-côtés ont la même longueur et la même largeur. Seule différence : la nef centrale de Mariana est plus large d’un mètre.

Bibliographie

Archives du Génie, dépôt de Vincennes, carton Calvi n°1, 1740 à 1818, pièces 1 à 10205
Guide Bleu, 2009, p.280
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005, p. 432
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 205
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 202
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 198, 280
Moracchini-Mazel G., Les monuments paléochrétiens de la Corse, 1967, p. 103-111
Moracchini-Mazel G., Les monuments et oeuvres d’art de la Corse, Calvi, Cahiers Corsica 18-20, 1972, p. 4