Carbini: San Quilico

Il ne reste plus de l’église San Quilico que quelques assises de pierres qui donnent une idée de son plan. Un peu plus petite que San Giovanni dont elle n’est séparée que d’un mètre, cette église fut peut-être détruite car considérée comme le siège des Giovannali, mouvement qui prônait l’égalité et le mépris des richesses.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Carbini
Chapelle:
San Quilico
Pieve:
Carbini
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
41°40'46.65"N 9°08'51.27"E
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Coordonées GPS:
41°40.774’ 009°08.843’
Altitude:
542 m

Carte IGN:
Sartène 4254 OT, point 4154,6-566 (carré rouge)

Accessibilité:
en voiture ; dans le village de Carbini, le long de la D 59 ; à côté de l’église San Giovanni

Modalités de visite:
accessible

Datation:
premier quart 12e siècle
Dimensions:
11 x 4,50 m

Classement monument historique:
San Giovanni en 1886
26/04/2017:
09/05/2012

Galerie

Historique et description

L’église San Quilico se dressait à côté de l’église San Giovanni Battista, construite comme elle dans le premier quart du 12e siècle.
Elle n’existe plus, seul son plan subsiste : une nef unique terminée par une abside semi-circulaire. L’emplacement de la porte occidentale s’aperçoit encore dans l’arase de l’édifice.
Les fouilles menées en 1959 ont révélé que l’autel se trouvait surélevé de deux marches et qu’un pavement de dalles de granit recouvrait le sol de l’édifice qui avait au moins deux portes (l’une dans la façade occidentale et l’autre dans le mur sud). Deux particularités sont aussi apparues : une clôture de chœur et un changement de pavement devant le chœur formant un cercle (explication incertaine).
En 1589, l’église était encore debout bien qu’en très mauvais état. Mgr Mascardi en fait la description suivante : « elle est sise à côté de l’autre, son toit est entièrement détruit, ses murs sont faits de pierres ainsi que son pavement qui est rempli d’herbes…elle a deux portes…le maître-autel sous l’abside est étroit…dans l’angle près de la porte il y a un baptistère. »
Malgré ces précisions, deux questions viennent à l’esprit : pourquoi deux églises si près l’une de l’autre ? La réponse à cette question pourrait venir du fait que San Quilico avait un baptistère (d’après les textes mais non retrouvé) et aurait donc été complémentaire à la grande église. Il est à noter que la porte nord de San Giovanni se trouve en face de la porte sud de San Quilico, ce qui devait faciliter le passage de l’une à l’autre.
La seconde question concerne la destruction de San Quilico. Selon la tradition, l’église Saint Jean était réservée aux nobles et San Quilico aux membres des Giovannali, secte qui naquit à Carbini vers 1356. Ce mouvement prônait l’égalité et le mépris des richesses du monde ; il connut rapidement une grande adhésion parmi les paysans tyrannisés par les baronnies, au point d’être considérée comme dangereuse par le pape Urbain V (1362-1370). Celui-ci ordonna, avec le soutien des féodaux corses, une croisade contre eux qui s’acheva dans un bain de sang. La destruction de San Quilico pourrait être liée à la répression menée contre le mouvement hérétique.
Plus tard, la chute du campanile pourrait aussi avoir fortement endommagé la petite église qui, dernier coup du sort, servit de carrière pour la reconstruction du campanile.

Bibliographie

Guide Bleu, 2009, p. 206
Corse du Sud, Gallimard, 2009, p. 229
Les églises piévanes de Corse de l’époque romane au Moyen Age, XXIV La piévanie de Carbini, Cahier Corsica, 196, 2001, p. 59-72
Mérimée P., Notes d’un voyage en Corse, 1840, p. 116
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p.101
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 119
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.1 p. 110, t. 2 p. 350
Moracchini-Mazel G., Les églises piévanes de Corse de l’époque romaine au Moyen Age, XXIV La piévanie de Carbini, Cahier cosica, 196, 2001, p. 59-72

Internet :


culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
decouvrirlacorse.chez.com/romanes
Jalladeauj.fr
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr