Chiatra: San Nicolao

Comme dans un décor de cinéma, seuls les murs extérieurs de la chapelle San Nicolao sont conservés. Les ruines sont perchées sur un étroit éperon rocheux dominant le village de Chiatra,


Situation géographiqueImprimer

Village:
Chiatra
Chapelle:
San Nicolao
Pieve:
Verde
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°17'26.37"N 9°28'12.90"E
Afficher la carte Google

Coordonées GPS:
42°17.440’N 9°28.216’E
Altitude:
399 m

Carte IGN:
Cervione 4351 OT, à  l'ouest du village, point 4224,9-587,1

Accessibilité:
en venant de Canale di Verde par la D 142, s’arrêter dans la première épingle à cheveu avant la bifurcation pour Chiatra. Prendre un sentier entre le pylône électrique et un gros chêne ; contourner un enclos avec une tombe. La chapelle est derrière dans la végétation.

Modalités de visite:
difficile vu la végétation

Datation:
10e-11e siècles, 17e siècle
Dimensions:
environ 11,90 m x 4 m

Classement monument historique:
23/10/2017:
12/05/2015

Galerie

Historique et description

La chapelle San Nicolao perchée sur son éperon dominant le paysage et le village de Chiatra, fait très bonne impression de loin. Deux murs surmontés d’un campanile se profilent sur le ciel.


C’est quasiment tout ce qui reste de l’édifice, car si l’on veut franchir la porte sud, on tombe dans un énorme éboulement : le versant nord de l’éperon s’est écroulé, entrainant avec lui les côtés est et nord. Ce qui subsiste est envahi par la végétation.
La nef devait mesurer environ 11,90 m de long pour 4 m de large.
Les côtés sud et ouest sont heureusement bien conservés. On peut y déceler deux types d’appareillage : une construction de petites pierres jointoyées avec des trous de charpente ménagés dans l’écartement des pierres qui daterait du 10e siècle et plus haut dans les murs la présence de grandes dalles appareillées avec soin qui témoignerait d’une reconstruction au 11e siècle.
Un élément est particulier à cet édifice : dans le mur occidental, une grande pierre est taillée de trois cupules destinées à recevoir des bacini ou bols polychromes, dont les fragments retrouvés appartiennent à un type de céramique produite dans la péninsule hispanique, attestant de relations commerciales dès la fin du 11e siècle.
Si la présence des bols est courante dans les édifices de fin de 11e-début 12e siècle, c’est, à notre connaissance, le seul exemple de ce type de disposition.
Au 15e siècle, il a dû se passer quelque chose car une pierre du mur ouest porte la date de 1430.


Lors de son passage en 1589, Mgr Mascardi constate que l’église paroissiale, située dans un cimetière, a deux portes, des sièges de pierre autour des murs, un autel sous une abside dont les peintures sont dégradées tant elles sont vieilles et que le baptistère se trouve à gauche de celui qui entre.
On y enterre les morts, tradition que se perpétua jusqu’au 20e siècle.
Plus tard vers le 17e siècle, des modifications importantes furent apportées, notamment la construction du campanile et la modification des portes : obturation de la porte occidentale, diminution de la porte sud.

Bibliographie

Berti G., Tongiorgi L., Les céramiques décoratives sur les églises romanes de Corse, Cahier Corisca53, 1975, p. 6 sv
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, 2005, p. 162
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, 2, p. 307

Internet

Michel M., Soldati A., « Chapelle San Nicolao », Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses (m3c-univ-corse.fr)