Corbara: SS Cipriano e Cornelio

Située sur une plate-forme couronnée de pins, la chapelle présente une porte surmontée d’un arc polychrome et une abside partiellement englobée dans une construction, un ermitage daté de 1714. A l’intérieur, quatre petits corbeaux sculptés.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Corbara
Chapelle:
SS Cipriano e Cornelio
Pieve:
Aregno
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°36'31.05"N 8°53'14.79"E
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Coordonées GPS:
42°36.515’N 8°53.240’E
Altitude:
21 m

Carte IGN:
Calvi 4149 OT , point 4255,8-537,3 marqué San Cipriano chap.

Accessibilité:
en voiture, puis quelques mètres à  pied ; derrière un zoning et non loin d'un camping derrière la route N 197.En descendant de Corbara, prendre à  gauche un petit chemin après le GIFI et suivre les indication du camping. Laisser la voiture avant l'entrée de celui-ci. La chapelle est un peu plus loin sur la droite sur une petite proéminence ceinturée de pins.

Modalités de visite:
visible de l'extérieur ; clé à  la mairie (04 95 63 06 50)

Datation:
13e siècle
Dimensions:
ext. environ 10 m x 6 m

Classement monument historique:
21/08/2017:
09/05/2015 avec Stéphane Orsini et l’ASCO

Galerie

Historique et description

La chapelle se cache derrière le zoning longeant la nationale 197 non loin d’un camping. Elle est entourée de pins et d’un muret couronnant une petite proéminence.
Elle a été profondément remaniée et une partie de l’abside est aujourd’hui englobée dans une petite construction, un ancien ermitage, dont le linteau de la porte mentionne la date de 1714.
De nef unique avec abside, elle devait atteindre 10 m x 6 m.
Malgré son crépi masquant la maçonnerie, plusieurs éléments romans se distinguent encore : l’abside semi-circulaire et la façade occidentale. Au milieu de celle-ci, la porte, délimitée de gros blocs bien taillés et un linteau monolithe, est surmontée d’une croix ajourée et d’un arc formé de 11 onze claveaux gris, noirs et jaunes.
G. Moracchini-Mazel, dans son étude, suggère de voir dans le tracé brisé de cet arc, le fait d’une reconstruction au 13e siècle de la chapelle romane qui, elle-même, ici aussi, aurait remplacé un édifice antérieur, du 11e siècle sans doute, comme semble l’indiquer les fondations que l’on aperçoit sur les différents côtés.
Elle mentionne aussi la présence de nombreuses tuiles de l’époque romaine sur ce site qui a été occupé bien avant car une cité Balanea, fondée par les Phéniciens, est mentionnée notamment par Pline l’Ancien, Claude Ptolémée ou Strabon.
C’est sans doute l’attrait de la catochite, une des rares pierres précieuses présentes en Corse, qui a motivé les Phéniciens à s’établir à cet endroit et à créer un port à Argha, l’actuelle Argajola. Un temple dédié au dieu Baal s’élevait à l’emplacement de la chapelle actuelle.
A l’intérieur du petit édifice, quatre corbeaux sculptés soutiennent la charpente : une figure d’homme avec barbe, une croisée des chemins, une main ouverte côté paume et un arbre aux deux félins affrontés.
On pourrait y reconnaître des symboles évoquant divers aspects du Christ : Homme, Roi, Dieu et Rédempteur.
Il y avait à l’intérieur un petit ex-voto de 1719 montrant un père et son fils qui se sont réfugiés dans la chapelle alors qu’ils étaient poursuivis par les Turchi.
Sur le maître-autel, à la table en magnifique “stucco lustro”, trône un tableau représentant Saint Corneille et Saint Cyprien côte à côte.
Les deux saints ont tous les deux été victimes de la persécution de Dèce. Cyprien était évêque de Carthage et fut décapité en septembre 258 après un interrogatoire sommaire tandis que le pape Corneille, son ami, fut exilé à Civitavecchia où il mourut de mort naturelle. Un reliquaire contient une relique de chacun d’eux. On les fête le 16 septembre.

Bibliographie


Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 207
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 211
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes en Corse, 1967, t.2 p. 346

Internet :


Commune de Corbara : www. Corbara.fr/index.php