Corte: S Giovanni Battista

L’ensemble, église et baptistère, constitue un exemple unique en Corse par l’importance des édifices et par leur style. Si l’église est en grande partie ruinée, le baptistère est très bien conservé. Le décor de l’abside, seule partie représentative, charme par le jeu d’arcades faites de tuffeaux et de briques réutilisées.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Corte
Chapelle:
San Giovanni Battista
Pieve:
Venaco
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°17'38.62"N 9°10'01.74"E
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Coordonées GPS:
42°17.645’ 009°10.014’
Altitude:
427 m

Carte IGN:
4251 OT Monte d'Oro Monte Rotondo, au SE de Corte, point 4222,9-563 marqué chap., quartier San Giovanni

Accessibilité:
en voiture ; au sud-est de Corte, prendre la route d'Aleria (N200), faire 3km, au rond-point prendre à  droite une petite route en mauvais état, la suivre durant 900 m environ à  travers un bois de chàªnes, traverser la voie ferrée. L'ensemble se trouve en face.

Modalités de visite:
accessible

Datation:
début 9e s. (Moracchini), première moitié 11e s.(Istria, Coroneo)
Dimensions:
21m x 11,10 m de large (2 nefs latérales de 2,55 ; nef centrale de 6 m)

Classement monument historique:
1968
24/08/2017:
26/09/2016

Galerie

Historique et description

L’église San Giovanni, église piévane de Venaco, a été construite sur un site déjà habité depuis des siècles.
Des traces d’enceintes mégalithiques et un menhir trouvé non loin de là attestent une occupation remontant à la préhistoire.
Les Romains s’établirent à leur tour à cet endroit qui fut sans doute l’antique Venicium (citée par Ptolémée sous le nom d’onenikon).
Giovanni della Grossa raconte dans sa chronique que le comte Ugo, héros légendaire de la croisade contre les Maures, établit sa résidence à Poggio. Les ruines de ce Palazzo sont encore visibles à une centaine de mètres au nord-ouest de l’église (grand bâtiment rectangulaire de 10 m x 12 m).
.
Le lieu est donc hautement symbolique.
Il ne reste de l’église, qui servit de cathédrale annexe au diocèse d’Aleria, que l’abside et les fondations des murs. Des fouilles menées par G. Moracchini-Mazel en 1956-58 ont mis au jour les fondations des murs et des structures internes : traces de l’ambon (petite chaire à prêcher), du chancel (clôture délimitant le chœur et la nef) et du banc de la schola cantorum. Les fouilles ont fait apparaître aussi des traces considérées par certains comme celles d’une abside arasée d’une construction antérieure.
L’édifice est de plan basical à trois nefs séparées par deux rangées de cinq piliers carrés et se termine par une abside semi-circulaire voûtée en cul de four formée de petites pierres et percée de trois fenêtres meurtrières. Un banc court à la base de l’abside. Les nefs latérales ont une largeur d’environ 2,55 m, pour un bon 6 m pour la nef centrale. La longueur est d’environ 21 m.
Trois portes donnaient accès à l’édifice : l’une au centre de la façade occidentale, la deuxième dans le mur nord vers l’angle NE et la dernière dans le mur oriental en face du baptistère.
La façade extérieure de l’abside est décorée de bandes murales surmontées d’arcs faits de petits claveaux de tuffeau et soulignées par un lit de briques romaines réutilisées.
La façade occidentale, encore en place dans les années 1930, s’est écroulée. On peut l’imaginer, ainsi que les murs latéraux, décorée des mêmes bandes murales que l’abside et de fenêtres meurtrières. La toiture était recouverte de teghie. L’église étant sur un terrain en pente, le mur nord est plus important et fait office de mur de soutènement.
Un escalier et un terre-plein faisaient communiquer la nef sud avec le baptistère. Celui-ci, situé à quelques mètres à l’est, est mieux conservé.
Trois absidioles semi-circulaires encadrent un carré central, plus élevé et éclairé par trois fenêtres étroites. A l’extérieur, seule l’abside orientale est semi-circulaire. Les deux autres sont enfermées dans un mur trapézoïdal. Au centre, la petite cuve baptismale a été retrouvée brisée en plusieurs morceaux : d’un diamètre de 0,55m, elle était peu profonde et faite d’un fin béton de tuileaux rose. Notons encore deux colonnes, sans doute romaines et réultilisées.
Un campanile devait se dresser à quelque distance de l’église si on se réfère à un dessin de Gaubert (1886-1889).
En ce qui concerne la datation de ce complexe, les avis divergent : pour G. Moracchini-Mazel, l’église daterait du 9e siècle et aurait été précédée d’un édifice du 4e siècle, tandis que le baptistère aurait été construit au 6e siècle. D. Istria et R. Coroneo proposent la première moitié du 11e siècle pour les deux édifices.
Quoi qu’il en soit, l’église resta ouverte au culte durant des siècles et ne fut abandonnée qu’au cours du 16e siècle.

Bibliographie

 

Arnoux-Gabrielli A., Eglises romanes de Corse, 2016, p. 114
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 61-62, 64-71, 104, 147
Corse médiévale, Guides archéologiques de France, 2014, p. 105
Duval N., Les premiers monuments chrétiens de la France, 1 Sud-Est et Corse, 1995, p. 334-335
Istria D., dans Corsica christiana, 1 et 2 p. 30 notice 48
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, 2005, p. 73 (palazzo) 74-75, 309 (complexe)
Guide Vert, 2009, p. 240
Haute Corse, Gallimard,2004, p. 263
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 81
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 213-214
Monuments de Corse, 2003, p. 114-115
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 47-49
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 221-224
Moracchini-Mazel G., Les églises piévanes de Corse, V, La piévanie de Venaco, Cahiers corsica, 1974, p. 54-64,
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. I p. 31-35, t. 2 p. 329-330

Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments, d’après les dessins pris sur place pendant les années 1886 à 1889, planche XXIV
Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
Decouvrirlacorse.chez.com/romanes
elizabethpardon.hautetfort.com
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr