Corte: Sa Mariona

Curieuse église présentant deux absides jumelles, ce qui est assez rare. Malheureusement l’abside est, une fois encore, la partie la mieux conservée d’un édifice érigé sur un site occupé depuis la Préhistoire et daté du 10e siècle pour G. Moracchini-Mazel, du 12e-13e siècle pour D. Istria

Situation géographiqueImprimer

Village:
Corte
Chapelle:
Santa Mariona
Pieve:
Talcini
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°19’18.35"N 9°09’27.51"E
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Coordonées GPS:
42°19.297’N 09°09.446’E
Altitude:
575 m

Carte IGN:
Corte Monte Cinto 4250 OT , au nord de Corte, sur le mont Cecu, point 4226-562,1 marqué par étoile et égl.rnée

Accessibilité:
sortir de Corte par la D 18 vers Casterla, traverser le ruisseau d'Orta ; après un petit pont laisser la voiture au bas d'une bergerie. Contourner la bergerie et monter par le petit sentier (refermer la barrière pour les bêtes). Suivre le sentier bordé d'un petit muret. La chapelle est en haut. Dix petites minutes à  pied.

Modalités de visite:
accessible

Datation:
10e s. (Moracchini), fin 11e-début 12e s. (Pergola, Coroneo),12e-13e s. (Istria)
Dimensions:
15 m x 7 m

Classement monument historique:
en cours
16/12/2017:
22/04/2013

Galerie

Historique et description

Les ruines de l’église piévane de Talcini se dressent sur le versant du Mont Cecu à deux kilomètres au nord de Corte dominant le paysage.
L’édifice, orienté vers l’est, se caractérise par deux absides identiques. C’est d’ailleurs la partie la mieux conservée car les murs nord et sud sont fort détériorés. La façade ouest, quant à elle, se devine par son tracé de pierres. L’emplacement de la porte est encore visible avec un bloc monolithe formant piédroit extérieur. Le terrain étant fortement en pente vers le sud, le côté nord, a été creusé et servait de mur de soutènement tandis que le mur sud a dû être doté de bonnes fondations pour compenser la déclivité du terrain. Ce mur s’élève encore sur un petit mètre de haut et présente une porte marquée par des blocs et des dalles dressées. Son mode de construction est celui de l’ensemble l’édifice : petit appareil de blocs de calschiste gris alternant avec dalles de revêtement.
La nef unique, de 14,80 m x 6,90 m, se termine par 2 absides jumelles encadrées de deux arcs triomphaux à 32 claveaux régulièrement taillés et éclairées par deux fenêtres surmontées de petits claveaux de tuffeau.
Les petits claveaux seront abandonnés à l’époque pisane en faveur d’archivoltes échancrées.
Le soin apporté à la construction se perçoit par exemple dans le pilastre de retombée entre les deux absides, ou dans le profil de l’arc lui-même.
La datation de cet édifice fait polémique : si G. Moracchini-Mazel le date du 10e siècle, Ph. Pergola et R. Coroneo optent plutôt pour la fin du 11e siècle-début du 12e tandis que D. Istria le place à la fin du 12e-début du 13e siècle se basant sur la double abside dont le plan est bien connu dans le nord de la péninsule italienne et daté des 12e-13e siècle.
Les travaux entrepris en 1973 et 1975 par la FAGEC et les fouilles menées par Ph. Pergola, ont mis au jour les restes d’un socle rectangulaire avec une cuve baptismale rectangulaire à l’extérieur, circulaire à l’intérieur. On en perçoit le tracé dans la végétation. Des blocs alignés devant l’abside faisaient sans doute partie de l’emmarchement conduisant aux deux autels : celui de Santa Mariona et de Saint Jean Baptiste étant donné la fonction piévane de l’édifice.
Déjà en ruines en 1589, l’église se dressait dans un site occupé depuis la préhistoire : multiples terrasses et vestiges de structure en pierres, traces d’activités métallurgiques (scories de fer).
Le ravin dit Bagni romani semble bien mériter son surnom car des murs attestant l’emplacement d’un site romain y ont été mis au jour. Lors de prospections menées en 2002, du matériel épars laissent supposer une habitation du néolithique et de l’âge du bronze.

Bibliographie

Corse médiévale, Guides archéologiques de France, 2014, p. 103-104
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 50, 85-88, 91-92, 94
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 242
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIe-XIVe siècle, 2005, p. 113
Les églises piévanes de Corse de l’époque romaine au Moyen Age VII La piévanie de Talcini, Cahier corsica, 1975, p. 84-91
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 81-82
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 215
Moracchini-Mazel G., Corsica sacra, 2004, p. 218-219
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.1 p. 43, t. 2 p. 325
Pergola Ph, Une pieve rurale corse, Santa Mariona di Talcini, dans Mélanges de l’école française de Rome Moyen Age Temps modernes, t. 91 n°1, 1979, p. 89-111
Pergola Ph., Architecture religieuse et topographique de la Corse médiévale. Deux cas concrets : S. Mariona di Talcini (Corti) et S. Ghjuvanni di u ponte a u Larice (Altiani), Etudes corses, 15, 1980, p. 93-124

Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886-1889), planche IX
France-romane.com
Wikipedia