Forciolo: Pietro di Panicali

Petite chapelle pleine de charme à découvrir après une courte promenade dans la vallée du Tavaro.  La récente restauration permet une bonne lecture de ses caractéristiques et de son décor à arcatures sur modillons de la fin du 12e-13e siècle.

 

Situation géographiqueImprimer

Village:
Forciolo
Chapelle:
San Pietro di Panicali
Pieve:
Ornano
Diocèse:
Ajaccio

Coordonnées Google Earth:
41°51'17.12"N 8°59'45.58"E
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Coordonées GPS:
41°51.287’ 008°59.751’
Altitude:
456 m

Carte IGN:
4253 OT Petreto-Bicchisano Zicavo, à l'ouest de Forciolo, point 4117,8-553,2 marqué San Petru égl.ruinée

Accessibilité:
en voiture ; de Santa Maria Siché prendre la D83 en direction de Zicavo sur 1km ; bifiurquer à droite sur la D 26 vers Zigliara. Environ 2km avant Zigliara, petit sentier fléché sur la gauche continuer à pied env. 20 min.) : suivre sentier qui descend entre des clôtures puis remonter en face vers des arbres ; la chapelle est derrière.

Modalités de visite:
accessible

Datation:
fin 12e-13e siècle
Dimensions:
8m x 5m

Classement monument historique:
2009; 2010
25/09/2017:
20/09/2016

Galerie

Historique et description

En 2016, la chapelle a fait l’objet d’études complémentaires et d’une restauration intéressante : une nouvelle toiture a été placée au-dessus des ruines. A cette fin, une structure en poteaux indépendante des murs existants a été mise en place servant non seulement à soutenir le toit mais aussi à fixer un jeu de poutres disposées horizontalement à claire voie. L’option choisie, même si elle désarçonne au premier regard, est astucieuse car elle permet à la fois de protéger les vestiges et de donner une idée du volume de la chapelle.

Dégagée de la végétation, la chapelle a retrouvé un plan lisible et chacun peut y découvrir les détails de son architecture.

La nef unique de 8m x 5m, se termine par une abside en cul de four appareillé suivant un tracé ovale et précédée d’un arc en plein cintre. Cette abside, percée de trois fenêtres surmontées d’une archivolte simple, est décorée d’une arcature sur modillons courant en dessous d’une cordelière portée par des anneaux et soulignant le toit en teghie.

La construction est élégante et faite de blocs bien taillés même si l’agencement est par endroit approximatif et irrégulier ce qui donne beaucoup de charme à l’édifice. Des fragments de briques et de pierres servent à remplir les joints entre les blocs et le mortier de chaux a été remplacé par de la terra rossa. Le décor est lui aussi de qualité. On reconnait sur les modillons des têtes d’animaux (bélier, bovidés), des dessins géométriques (losange, croix), une façade à trois portes (sans doute une façade d’église) ainsi qu’une tête humaine coiffée d’un bandeau plat sur le front avec mentonnière. Mais les modillons semblent disproportionnés par rapport aux arcs de faible diamètre. Ces maladresses d’exécution semblent indiquer une construction tardive, vers le 13e siècle. Le décor à arcature devait se retrouver également sur le fronton est car il subsiste encore trois arcs et deux modillons.

Un élément est unique : la cordelière soulignant la corniche de l’abside est retenue, à l’intérieur de l’édifice, par un nœud retenu par une calle. Petit détail rappelant la réalité et traduit dans la pierre !

Trois portes donnaient accès à la nef : une dans chaque mur latéral et une dans la façade occidentale. Le seuil de la porte sud est creusé de deux cupules pour recevoir les gongs des deux vantaux de la porte.

Notons encore que le mur occidental se compose d’un soubassement en saillie se terminant par un arrondi.

Les récents travaux ont mis au jour le tracé du chancel séparant le chœur de la nef. A l’intérieur de l’abside, sont aménagées deux niches dont l’une est soulignée par un bandeau en retrait.

 

Placée au carrefour des quatre villages qu’elle desservait (Forciolo, Ampaza, Azilone et Zigliara), cette église mère de Panicale était encore en service à la fin du 16e siècle. Elle a été abandonnée suite à la construction d’églises dans les villages. Elle avait un campanile avec deux cloches (ce qui n’était pas fréquent) comme le mentionne le rapport de la visite de Mgr Mascardi en 1587. La date de 1567 est gravée grossièrement sur le mur intérieur à gauche de l’abside. Il s’agit probablement de la date d’une réfection visible sur les murs latéraux.

Mgr della Foata mentionne, à la fin du 19e siècle, que l’église mère de quatre villages s’élève sur un mamelon où l’on peut ramasser de nombreuses tuiles romaines à crochets, preuve d’antiques habitations à cet endroit.

 

Bibliographie

Corse-Matin, 8 mars 2015 Forciolo, aau cœur de Panicali, les clés de la chapelle romane St Pierre
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 102
Monuments de Corse, 2003, p.166-167
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 231-232
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. I p. 159-160, t. II p. 371
Poncin L., Guide du Taravo, patrimoine d’une vallée, 2004, p. 86
Poncin L., Guide du Panicali, 2001, p.13-17

Site internet

Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
Site google au nom de la chapelle
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr (voir Zigliara)