Manso: S Pietro di Chiumi

L’église ruinée domine tout le golfe de Galeria et offre ainsi un panorama saisissant.
Datant de la fin du 10e siècle pour certains, du 12e siècle pour d’autres, ses blocs rouges contrastent avec le vert des oliviers sauvages et des arbousiers.
Quelques éléments de décor subsistent.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Manso
Chapelle:
San Pietro di Chiumi
Pieve:
Chiumi
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°24'09.53"N 8°44'08.18"E
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Coordonées GPS:
42°23.874’ 008°44.209’
Altitude:
419 m

Carte IGN:
Calvi 4149 OT, point 4231,2-526,8 marqué St Pierre chap rnée

Accessibilité:
à  une heure de marche du hameau de Tuarelli ; possibilité d'y arriver en 4x4 en empruntant le pont génois qui enjambe le Fango ou en passant le hameau de Tuarelli(plus long)

Modalités de visite:
accessible (ruines)

Datation:
fin 10e siècle (Moracchini), 12e siècle (Coroneo)
Dimensions:
13,90 m x 4,90 m

Classement monument historique:
-
17/08/2017:
01/05/2012

Galerie

Historique et description

La chapelle ruinée de San Pietro di Chiumi se dresse, entourée d’arbustes qui la masquent, sur une crête dominant le golfe de Galeria à 420 m d’altitude .
Témoin du premier art roman entre la seconde moitié du 10e et début 11e siècle pour G. Moracchini-Mazel, s’inscrivant dans le grand courant de construction du 12e siècle pour R. Coroneo, elle est très homogène et ne semble pas avoir été modifiée au cours des temps.
Elle présente une nef unique (13,90 m x 4,90 m) terminée par une abside semi-circulaire avec une voûte en cul de four qui s’est effondrée mais on aperçoit encore l’amorce de l’arrondi. Les murs latéraux, construits de blocs moyens de granit rouge appareillé avec soin, sont conservés sur une bonne hauteur avec les fenêtres percées dans la partie supérieure : deux pour le mur sud (archivoltes en tuffeau léger échancrées), une seule subsiste pour le mur nord (surmontée d’un petit arc composé de tout petits claveaux).
Elle devait être soignée à en juger par certains détails. L’abside était rythmée d’arcatures en tuffeau blanc-gris reposant sur des modillons décorés, comme le fait supposer un bloc replacé lors de la campagne de consolidation en 1974. Des gravures rythment l’archivolte de la fenêtre de l’abside. Les autres archivoltes devaient aussi être décorés (blocs retrouvés dans le hameau de Chiumi).
Deux portes donnent accès à l’intérieur : l’une pratiquée dans la façade ouest et une autre, très étroite, percée dans le mur nord.
Quelques pierres de l’autel occupent le chœur surélevé de quelques marches tandis que le long du mur nord se dessine une banquette. Près de l’angle sud-ouest se trouvait la piscine baptismale circulaire constituée de pierres taillées en courbe. Ce type de cuve baptismale sera utilisé durant tout le 11e siècle.
Tardivement, le chœur a été modifié : le nombre de marches réduit à trois et aménagement d’une clôture de choeur
L’église s’élève actuellement en pleine nature. Elle devait appartenir à la piévanie de Chiumi qui est mentionnée dans un texte du début du 16e siècle ; elle a été détruite par les invasions barbaresques de ce même siècle.
Signalons qu’à mi-pente entre le Fango et la chapelle, on a découvert un rocher portant une quarantaine de signes gravés.

Bibliographie

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 127
Les églises piévanes de Corse de l’époque romane au Moyen Age, VIII La piévanie de Chiumi, Cahier Corsica, 63,1977, p. 94-102
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 58
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 235-236
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.1 p.53, t. 2 p. 267-268
Weiss M.-Cl., Les gravures rupestres de Chiumi, Cahiers Corsica, 42-43, 1974, p. 23-25