Omessa: Andrea

Enserrée dans le village d’Omessa, l’église Sant’Andrea affiche un aspect baroque malgré une origine romane témoignée par certains éléments comme les portes sud et ouest. Elle offre la découverte toute récente d’une fresque du 15e siècle d’une grande finesse.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Omessa
Chapelle:
Sant’Andrea
Pieve:
Talcini
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°22’15.50’’N 9°11’49.02’’E
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Coordonées GPS:
42°22.214’N 9°11.903’E
Altitude:
457 m

Carte IGN:
Corte-Monte Cinto 4250 OT point 4231,5-585,6 marqué d’un carré

Accessibilité:
au centre du village sur un piton rocheux

Modalités de visite:
extérieur accessible

Datation:
fondation romane; 15e s ; 18e s.; 19e s.
Dimensions:
église remaniée et agrandie

Classement monument historique:
1987
28/04/2017:
24/05/2016

Galerie

Historique et description

 

Le village d’Omessa était autrefois puissamment fortifié. Il fut longtemps le chef-lieu de la pieve de Talcini avant d’être supplanté par Corte. Au 14e siècle, il était l’une des capitales du puissant fief des Bianculacci de Jovellina. Il ne reste de cette époque que le bas de la maison forte repris dans une construction ultérieure, et peut-être aussi la fondation de l’ église  Sant’Andrea.
L’église actuelle serait un ancien établissement hospitalier-forteresse (U Rione) transformé et consacrée en 1460 sous l’épiscopat d’Ambroggio, un des trois évêques d’Omessa enterrés dans l’église.
A l’extérieur de l’édifice, certaines caractéristiques des édifices romans sont bien visibles : la porte principale, à laquelle on accède par un double escalier imposant, est surmontée d’un linteau monolithe rectangulaire soutenu par deux corbeaux moulurées et d’un arc de décharge au tympan nu. L’enduit recouvrant tout l’édifice en masque la technique de construction. L’encadrement de la porte n’est pas composé de monolithes mais de blocs régulièrement taillés. La porte latérale se présente de la même manière mais on y accède par des marches semi-circulaires.
La nef centrale est encadrée de deux nefs latérales étroites et se termine par un chevet plat.
L’édifice a été profondément remanié au cours du temps : aménagement de 5 chapelles latérales et construction d’un clocher à cinq étages remarquablement décoré, un des plus beaux de Corse.

En 1789, elle devint église paroissiale suite à la désaffectation du couvent des Récollets.
La voûte de la nef fut reconstruite en 1835.
Les travaux de restauration commencés en octobre 2014, ont permis deux découvertes intéressantes, chacune au centre d’un autel baroque dont on avait dépendu la toile centrale. Il est à noter que ces deux autels se font face près du chœur. Tout d’abord, dans la chapelle de droite, une partie d’un arc fut dégagé : les claveaux en sont bien réguliers et de couleurs différentes. La surprise la plus étonnante se situe derrière l’autel du Rosaire (toile de Fransceco Carli). L’équipe d’Ewa Poli y perçut un endroit de couleur et se mit à dégager l’espace entre les colonnes baroques de l’autel : deux scènes partielles apparurent, scènes séparées par un listel. Sur la scène du haut, un personnage à cheval (on ne voit que la main, le manteau vert et les jambes du cheval), Saint Martin, coupe son manteau pour en donner une partie à un jeune garçon aux traits délicats mais dont les pieds sont figurés avec des pattes d’oiseaux. Il s’agit sans doute de l’évocation d’un lépreux.
Seule la partie supérieure de la scène du bas est visible : il s’agit du martyre de Saint Pierre, crucifié la tête en bas. Un personnage juché sur une échelle semble s’affairer tandis que de l’autre côté flotte un étendard. Les motifs se prolongent sans doute derrière les stucs de l’autel mais il faudrait les détruire.
La qualité picturale est étonnante et se rapproche plus de la Renaissance tout comme à San Gavino dans la chapelle San Pantaleone, ce qui conduit Michel-Edouard Nigaglioni à suggérer que les deux fresques aient été peintes au 15e siècle par la même main.

Bibliographie

Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p.328

Internet :

Ca-architectes.tumblr .com/post /104317594203
corsicatheque.com
culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
eglisesetchapellesdecorse.jimdo.com
Elizabeth Pardon.hautetfort.com/archive/2015/02/10
Wikipédia, voir à Omessa