Ortale d Alesani: Maria

Emouvante petite chapelle perdue dans le sous-bois  et datant du 10e siècle pour Moracchini-Mazel, du 12e siècle pour Coroneo . Toute simple, elle a pour seule ornementation une archivolte gravée surmontant la fenêtre absidiale

Situation géographiqueImprimer

Village:
Ortale d’Alesani
Chapelle:
Santa Maria
Pieve:
Alesani
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°18’45.96’’N 9°25’37.87’’E
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Coordonées GPS:
42°18.766’N 9°25.632’E
Altitude:
390 m

Carte IGN:
Cervione 4351 OT point 4227,2-583,5 marqué chap.rnee

Accessibilité:
Sur la D71 un peu avant Ortale à la hauteur de tombeaux, prendre le sentier fléché Santa Maria ; environ 20 mn à pied

Modalités de visite:
accessible

Datation:
début 10e s. (Moracchini); 12e s. (Coroneo)
Dimensions:
7,60 m x 4,40 m

Classement monument historique:
16/12/2017:
10/05/2016

Galerie

Historique et description

De la route, un chemin balisé descend le long de tombeaux pour s’enfoncer dans les sous-bois.

On aperçoit à peine les ruines de la chapelle en arrivant par le sentier tant elle est cachée par le relief. La déclivité est en effet assez forte et le mur nord sert de soutènement sur la quasi-totalité de la hauteur (près de 3 m). Le toit a disparu.

La nef, de 7,60 m sur 4, 40 m, se termine à l’est par une abside semi-circulaire voûtée en cul de four. L’arc triomphal, dont le départ est marqué par deux petites consoles au profil arrondi,  est formé d’une alternance irrégulière de grands et de petits claveaux bien taillés ; un des claveaux du centre est malheureusement déboité et risque de tomber.

La petite fenêtre absidiale est surmontée, à l’extérieur, d’une pierre monolithe taillée en arc en plein cintre. Un trait gravé souligne la courbure de l’arc.

Les murs présentent un appareillage de petites pierres quadrangulaires en schiste gris régulièrement disposées. Les angles sont marqués par des dalles plus importantes.

Deux portes donnent accès à l’édifice, toutes deux surmontées d’un simple linteau monolithe de forme irrégulière reposant sur deux pierres arrondies faisant office de consoles.

Le mur nord présente des remaniements, notamment les traces d’une ouverture se terminant par l’amorce d’une voûte, peut-être une chapelle latérale creusée dans la paroi.

Geneviève Moracchini-Mazel rapproche l’arc absidial et l’appareillage des murs de cette chapelle à ceux de Santa Maria de Pietroso mais avec plus de régularité dans les assises. Elle propose donc de dater du début du 10e siècle cette chapelle qui est mentionnée, en effet, dans le cartulaire de l’abbaye de Monte Cristo en 902 à propos d’une donation du comte de Canavarile, lieu-dit des environs de la chapelle Santa Maria. Coroneo suggère, quant à lui, de la dater du 12e siècle.

Lors de sa visite en 1589, Mgr Mascardi signale que le chemin est pénible pour y arriver : l’église est assez grande, ses murs sont construits en pierre et en chaux avec beaucoup de trous (de charpente). L’autel possède une icône abîmée qui ferme avec des portes en bois et est placé sous une abside dans laquelle il y a une petite fenêtre….

L’édifice a été consolidé par la FAGEC comme en témoigne le haut des murs parfaitement plan et bien cimenté.

Bibliographie

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 171

Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 213

Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 37, t.2 p. 315, 412