S.Pietro di Tenda: San Pietro

Très belle église du 12e siècle au décor composé de figures et de masques humains parfois caricaturaux. L’édifice, englobé dans un couvent construit au 17e siècle, a été sauvé de la destruction et restauré en 1974 par la détermination de son propriétaire.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Santo Pietro di Tenda
Chapelle:
San Pietro
Pieve:
San Pietro
Diocèse:
Nebbio

Coordonnées Google Earth:
42°36'32.53"N 9°16'18.58"E
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Coordonées GPS:
42°36.543’N 9°16.298’E
Altitude:
269 m

Carte IGN:
Bastia Golfe de St Florent 4348 OT, au nord de Santo Pietro di tenda, point 4257,7-569 marqué Anc. Couvent San Pietro

Accessibilité:
A la sortie de Santo Pietro di Tenda, suivre la D 62 vers St Florent ; prendre la première piste à  droite (poteaux EDF) ; descendre pendant 200m jusqu'à  l'ancien couvent

Modalités de visite:
propriété privée ; s'adresser au propriétaire (gîte rural) Hélène et Ivan Popoff qui seront heureux de vous accueillir (04 95 37 72 57), prévenir la veille

Datation:
12e siècle
Dimensions:
18,35 m x 6,20 m

Classement monument historique:
1926
23/05/2017:
31/08/2013 reçus chaleureusement par Hélène et Ivan Popoff

Galerie

Historique et description

L’église romane San Pietro, située sur un site superbe au milieu d’oliviers, apparaît dans les sources écrites pour la première fois en 1137. Elle est aujourd’hui englobée dans un couvent, le couvent Saint Joseph, aménagé autour de l’édifice roman par les Capucins au 17e siècle (1630 ou 1644).
Après l’expulsion des Capucins en 1796, le couvent fut vendu comme bien national.
En 1974, le complexe, complètement en ruines, fut acheté par Monsieur Igor Popoff qui, avec sa nombreuse famille, reconstruisit l’ensemble et le sauva de la destruction totale. L’action de Monsieur Popoff ne se borna pas à sauver l’église Santo Pietro, il œuvra aussi pour la chapelle Sainte Marguerite de Sorio et celle de Saint Césaire à Rapale.
La restauration de 1977 rendit à la façade occidentale son aspect d’origine car les Capucins l’avaient transformée en perçant une fenêtre au-dessus de la porte. Aujourd’hui, une partie des bâtiments ont été transformé en gîte de qualité.
L’édifice, de par sa décoration, ressemble à d’autres chapelles, comme Santa Maria de Canari, Santa Margarita, San Sarsorio de Suerta, toutes datées du début du 13e siècle.
La similitude réside, en effet, dans la corniche décorative courant sur les frontons ouest et est ainsi que sur l’abside.
Sur les frontons ouest et est, treize petits arcs sur modillons sont excavés dans des blocs rectangulaires. Au centre des arcs, sont disposés des cercles ou des motifs. Le répertoire est varié et stylisé : motifs géométriques simples (crochets, spirales) ou floraux (fleurs, rosaces, feuilles plates), animaliers (bélier, oiseau aux ailes déployées) et surtout figures et masques humains parfois caricaturaux. Deux figures accolées se retrouvent sur les deux frontons et sur l’abside, un homme et une femme : peut-être le symbole de l’unité.
Un autre motif est curieux : il s’agit d’une main enserrant un parchemin (la main du serment), peut-être une allusion au rôle judiciaire joué par l’église piévane. Au centre des deux frontons, la traditionnelle croix ajourée. A droite de celle-ci (fronton occidental), un petit cheval, tourné vers la croix, se profile sur une pierre rectangulaire.

La porte principale est encadrée de deux consoles au décor de cordelière et d’oves. Ces éléments sont de taille et de facture différentes des autres motifs sculptés. Il pourrait s’agir d’éléments provenant d’un édifice antérieur.


L’abside présente le même type de décor : douze arcatures surmontées d’une grosse cordelière soulignant le bandeau mouluré sous la toiture.
Trois portes donnaient accès à l’intérieur. Seule la porte occidentale est bien visible : elle présente des consoles ornées de cordelière et d’un motif en denticules soutenant un linteau rectangulaire surmonté d’un arc de décharge (restauré en 1977).
Les murs latéraux ne présentent aucun décor si ce n’est un bandeau mouluré bordant le soubassement. Ils sont percé chacun d’une porte et de trois fenêtres meurtrières à l’archivolte rectangulaire échancrée en plein cintre.
L’intérieur de l’édifice, de grande dimension (18 m x 6,60 m) a été considérablement modifié : adjonctions de chapelles latérales, percement d’ouverture. L’arc triomphal encadrant une voûte en cul de four, est en partie masqué par une voûte à pénétration. La chapelle, désacralisée, sert aujourd’hui d’espace de stockage.
L’ensemble est très harmonieux et le site inspire à la sérénité.

Bibliographie

Blanc A. et R., Monstres, sirènes et Centaures, symboles de l’art roman, 2006, p. 182 et suiv.
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 169, 177
Haute Corse, Gallimard, p. 182
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIe-XIVe siècle, 2005, p. 115
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 39
Monuments de Corse, 2003, p. 52-53
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 207, 225
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 146-147, t. 2 p. 257

Internet

coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886-1889), planche XXV
culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
elizabethpardon.hautetfort.com
france-romane.com
wikipedia