Pieve: San Nicolao d’Asigliani

San Nicolao, surnommée « la Chiesa Nera », a malheureusement été pillée et désossée. Construite au 13e siècle, elle devait être superbe vu les restes de son décor sculpté. Des traces d’édifices antérieurs (6e-7e siècle et 10e siècle), confirment l’importance de son implantation dans un cadre superbe riche en vestiges préhistoriques.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Pieve
Chapelle:
San Nicolao d’Asigliani dite Chiesa Nera
Pieve:
San Quilico
Diocèse:
Nebbio

Coordonnées Google Earth:
42°34’00.63"N 9°17’29.97"E
Afficher la carte Google

Coordonées GPS:
42°33.997’N 009°17.495’E
Altitude:
655 m

Carte IGN:
Vescovato 4349 OT, point 4253-570,6 marqué Chiesa Nera rnes

Accessibilité:
à pied : Dans le village de Pieve (D62) à la fontaine, prendre le chemin qui monte à l'église ; un peu avant celle-ci, dans un tournant, prendre le sentier qui part à droite (borne incendie et croix ; GPS 42°34.818 009°17.294) ; suivre le chemin durant environ 45 minutes (passer une barrière à refermer, passer un ruisseau et remonter sur l'autre versant)

Modalités de visite:
accessible

Datation:
13e siècle
Dimensions:
12,50 m x 4,65 m

Classement monument historique:
-
17/08/2017:
26/08/2013

Galerie

Historique et description

Le village de Pieve abrite trois menhirs placés, vers 1950, au pied du campanile de l’église San Quilico. Découverts dans les environs, ils attestent de l’occupation de la région dès la préhistoire. L’un d’eux, celui de Murtola, a été trouvé à Rapale dans la vallée de l’Aliso tandis que celui de Buccentone a été découvert à l’entrée d’un défilé rocheux près du col de Tenda, c’est-à-dire pas loin d’édifices romans. Une butte rocheuse, à 500m de la Chiesa nera, pourrait aussi être un lieu de culte préhistorique.
La chapelle San Nicolao se situe à environ 650 m d’altitude et prend ainsi place parmi les chapelles de col. Elle est en piètre état : elle est pillée pour ses matériaux et l’abside a été littéralement désossée.
L’église est appelée Chiesa Nera sans doute à cause de l’emploi exclusif d’un schiste vert foncé facile à tailler. Pas d’autre matériau comme à San Cesario (Rapale) toute proche à qui elle ressemble très fort (mêmes mesures 12,50 m x 4, 65 m), ce qui donnerait à penser qu’elles ont été construites par les même maîtres-maçons.
Le mode de construction apparaît ici clairement : deux parements de grandes dalles enfermant un bourrage. Les descriptions de G. Moracchini-Mazel permettent de mieux comprendre l’édifice.
Si la nef centrale se termine par une abside percée d’une fenêtre meurtrière, comme dans toutes les chapelles romanes, la Chiesa Nera tirait son originalité de son décor sculpté.
La porte occidentale était couronnée d’un grand tympan reposant sur un linteau décoré de motifs géométriques (cordelette, rangée de perles et festons) et décoré d’un damier aux cases foncées et claires. De part et d’autre, deux tympans plus petits portaient une croix gravée remplie d’une pâte blanche. L’effet devait être joli.
Le tympan de la porte nord, toujours (partiellement) en place, est plus sobre : il est souligné de bandeaux moulurés avec une cordelière et repose sur des consoles au décor de cordelette.
L’abside, pour sa part, avait une corniche composée d’arcatures reposant sur des modillons sculptés (croix à 8 branches, feuillage) à l’extérieur, tandis que la voûte en cul de four, faite de petites pierres, portait des traces de peintures à fresques. Des bandeaux soulignaient le départ de l’arc triomphal : 7 cercles juxtaposés à l’intérieur desquels sont représentés des oiseaux et des masques humains faisant penser à ceux de Canari. Dans le fond de l’église, on remarque l’ouverture de l’arca (ou cavité funéraire).
Deux portes donnaient accès à l’intérieur, l’une à l’ouest, l’autre au nord et des fenêtres surmontées d’une archivolte échancrée en arc brisé l’éclairaient : une dans l’abside et sans doute deux dans chaque mur latéral.
« … l’église dédiée à St Nicolas est bâtie avec de très belles pierres et avec un art non moins remarquable… » (Mgr Giustiniani, début 16e siècle). Même remarque chez Gaubert : “Cette petite église est un vrai bijou”.
Les travaux de consolidation et de sauvegarde menés en 1979 et 1994, ont révélé, sous l’abside, les traces de deux édifices précédents : l’un datant sans doute du 6e-7e siècle, l’autre du 10e siècle. De cet édifice, le musée de Bastia conserve un fragment de bloc sculpté en cordelière ; il conserve aussi un autre bloc : une jolie console ornée de motifs végétaux 13e siècle présentée dans l’exposition de 2001 à Corte. Nous remercions Madame Cornetto de nous avoir permis l’accès aux réserves du musée.

Bibliographie

Abbayes primitives et monuments du haut Moyen Age en Corse, XXVII La chapelle San Nicolao d’Asigliani, Cahier Corsica, 192, 2000, p. 47-64
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 169
Costa L.-J., Monuments préhistoriques de Corse, 2009, p. 109
Istria D. dans Corsica christiana, 2001, 2 p. 25 notice 37
Guide Bleu, Corse, 2009, p. 110
Guide Vert, Corse, 2009, p. 161 (pour les menhirs)
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 181
Leandri F., Les mégalithes de Corse, 2000, p. 12
Lonely planet, Corse, 2014, p. 88
Mérimée P., Notes d’un voyage en Corse, 1840, p. 132-133
Monuments de Corse, 2003, p. 45 (menhirs)
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 149, t. 2 p. 255

Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886-1889) planche V
elizabethpardon.hautetfort.com
France-romane.com
Histoire.du.nebbio
Jalladeauj.fr