

Dressée au milieu du cimetière en contrebas de Lavatoggio, la chapelle est toute simple : nef unique, abside, porte occidentale avec un arc en plein cintre polychrome. Des dates gravées évoquent les différents remaniements de cet édifice construit avec grand soin.
C’est dans l’église baroque de Lavatoggio, se dressant sur une terrasse offrant un splendide paysage sur la côte, que se trouve la statue de San Cervone, son saint patron.
C’est pourtant au milieu du cimetière, situé en contrebas, qu’a été érigée la première chapelle qui lui a été dédiée. San Cervone fut évêque de Populonia et mourut en 545. Il semble avoir été honoré dès la fin du 6e siècle et plusieurs sanctuaires lui sont dédiés dès le 9e et 10e siècle.
On le fête le 10 octobre.
La petite chapelle est d’origine romane : elle est à nef unique et abside semi-circulaire ; elle se dresse sur un petit monticule d’où la vue est superbe sur la côte et toute la région d’ Ile Rousse. Elle a été restaurée dans les années 1990-1991.
La façade occidentale est la plus intéressante : la porte est délimitée par des claveaux polychromes en granit blanc et gris formant les piédroits de la porte et un arc en plein cintre. Ici pas de tympan, ni de linteau contrairement à la majorité des autres chapelles.
On peut apercevoir plusieurs dates gravées sur les blocs : 1203 sur un claveau de la porte occidentale, 1616 sur l’abside et 1818 en façade. Il s’agit probablement de dates de différentes restaurations. Une frise en teghie scande la partie supérieure de la façade.
Les murs latéraux ne présentent ni porte, ni fenêtre. Si les angles sont bien marqués par des blocs appareillés avec soin, les pierres constituant la chapelle sont taillées grossièrement ce qui incite Mme Moracchini-Mazel à considérer la chapelle comme préromane.
Notons encore l’importance et le soin accordé au soubassement du côté nord pour compenser une dénivellation du terrain.
La chapelle, de 7,50m sur 5m, présente, à l’intérieur, un chœur légèrement plus haut que la nef pavée de tomettes. Un arc triomphal ouvre sur une abside en cul de four, le tout recouvert de crépi. Sous ce crépi, “on devine le tracé de l’arc triomphal composé de claveaux de diverses couleurs » ajoute G. Moracchini-Mazel.
Mgr Mascardi, dans le rapport de ses visites apostoliques en 1589, note « qu’elle a le titre de paroissiale du susdit lieu de Lavatoggio et est distante d’un mille, presque détruite. La messe n’y est cependant pas célébrée. Le cimetière ne sert que pour les tout petits enfants, les adultes étant enterrés dans l’église San Giovanni d’Aregno ». Il est frappé par la présence de pierres suspendues au mur que « les hommes malades du lieu pendent à leur cou et les portent en ex voto à cette église où ils laissent au mur de cette église ces pierres ainsi suspendues ». Dans ses recommandations, il exhorte à l’abandon de ce rite qu’il qualifie de superstition. Cette pratique n’apparaît plus dans le rapport de Mgr Curlo (1616) qui est assez satisfait de l’état général des installations et accessoires liturgiques.
Remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles, elle connut sa dernière restauration en 1990-1991.
La statue de San Cervone a été transférée dans l’église baroque dédiée à saint Laurent et vers le 10 octobre, elle fait le tour du village lors de la procession annuelle.
San Cervone fut évêque de Populonia et mourut en 545. Il semble avoir été honoré dès la fin du VIe siècle et plusieurs sanctuaires lui sont dédiés dès les IXe et Xe siècles .
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 60-61
Franzini A., Belgodere de Bagnaja L., Les visites pastorales en Balagne entre les XVIe et XVIIIe siècles, 2020, p. 53, 101,309, 387, 613
Haute Corse, Gallimard, voir Lavatoggio
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 114
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 345
corsicatheque/histoire(patrimoine)/eglises, chapelles et couvents
culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
France-romane.com
https://pop.gouv.fr/notice/merimee/PA00099204