San Giuliano: San Giuliano

L’église piévane de San Giuliano est curieuse. Datant du 9e siècle pour certains, de 1443 pour d’autres, elle éveille l’observation et la critique avec des éléments typiquement romans inserrés peut-être dans une construction plus tardive qui a connu par la suite de nombreux remaniements pour être aujourd’hui complètement abandonnée.

Situation géographiqueImprimer

Village:
San Giuliano
Chapelle:
San Giuliano
Pieve:
Campoloro
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°18’36.01"N 9°28’59.05"E
Afficher la carte Google

Coordonées GPS:
42°18.602’N 9°28.991’E
Altitude:
288 m

Carte IGN:
Cervione 4351 0T point 4227-588 marqué église ruinée

Accessibilité:
Dans une boucle de la D 52 en descendant de Cotone vers la plaine sur la droite. Sur une avancée surplombant la route (petit chemin y mène)

Modalités de visite:
accessible

Datation:
fondation 9e, 10e siècle (Moracchini-Mazel); 1443 ; 17e-18e siècles

Dimensions:
18,25 m x 9,20 m

Classement monument historique:
inv. préliminaire
21/10/2017:
10/05/2016

Historique et description

Une curieuse sensation se dégage en découvrant les ruines de l’église San Giuliano se dressant sur une belle plate-forme dans une boucle de la D 52.

Non seulement un sentiment dubitatif venant des transformations successives (transformation en maison rurale puis en séchoir à châtaignes) mais aussi une impression de construction « à la manière romane ».

On retrouve, en effet, dans cet édifice des éléments purement romans : belles dalles de chaînages, parfois de dimensions impressionnantes, mais aussi deux archivoltes en plein cintre ornées d’un cordon en relief (mur sud), un bel arc de décharge couronnant la porte sud, arc fait de beaux claveaux reposant sur deux cartouches rectangulaires. La porte occidentale est encore plus spectaculaire : des blocs monolithes forment les piédroits de la porte surmontée d’un tympan nu et d’un superbe arc de décharge formé de 6 grands claveaux. Près de la porte, un bloc est orné d’un petit personnage à la main gauche levée.

Les frontons est et ouest portent la traditionnelle croix ajourée.

Les murs de l’édifice sont construits de petites pierres que Geneviève Moracchini-Mazel date du 9esiècle, elle y reconnait également des réfections au 10e siècle.

Il se pourrait en effet que la fondation de cet édifice remonte à cette période préromane mais l’édifice a  connu de nombreuses modifications comme en témoigne la date de 1443 gravée dans un bloc de l’angle sud-est. Deux autres blocs portent des inscriptions devenues illisibles (sur la façade sud).

A l’intérieur, malgré les aménagements en maison d’habitation avec étage, l’arc triomphal est toujours en place : il a été muré lors du retournement du plan de l’édifice. Son tracé est fait de grands claveaux irréguliers avec, au centre, une série de claveaux plus petits. L’ appareillage du mur oriental est composé de blocs de tailles différentes disposés sans soin et sans rechercher à créer des assises horizontales. Le mur nord, par contre, présente des rangées de petites pierres allongées régulièrement disposées.

La nef unique était grande, 18,25 m de long pour 9,20 m de large avant d’être cloisonnée par un mur intérieur.

Si l’on essaye de résumer la vie mouvementée de cet édifice, on pourrait dire que, pour G. Moracchini-Mazel, sa fondation remonte au 9e siècle et que des premières transformations eurent lieu au 10e siècle. Plus tard, en 1443, nouvelle intervention mais gardant l’esprit roman. Ces remaniements auraient réutilisé des matériaux d’un état antérieur mais sans en comprendre l’utilité. C’est ainsi que les grandes dalles qui devraient servir de chainage ne consolident rien et provoquent, au contraire, des lézardes dues à leur poids. Au 17e ou 18e siècle, transformation pour mettre l’église au goût du jour : modification du plan et nouveau portique d’entrée.  Enfin, plus récemment, l’installation d’une  maison a définitivement défiguré l’édifice.

Mgr Mascardi  décrit comme suit en 1589 l’église paroissiale dite piévanie de Campoloro : elle se trouve près des maisons de Poggio et Casa alta ; elle a deux portes ; il y a un campanile à arcade au-dessus de l’église avec deux cloches ; l’autel se trouve sous l’abside ; le baptistère est situé près de la porte…un vase de marbre au-dessus d’une colonne » …. description d’un édifice qui a continué sa vie pour être aujourd’hui complètement abandonné.

A 200 m plus haut se dresse un autre édifice roman : Santa Maria se situant actuellement sur la commune de Sant’Andrea di Cotone.

 

 

Bibliographie

Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 301-302

Internet

Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr