

La chapelle ruinée de Sant’Agostino présente une belle abside au superbe arc triomphal. Progressivement envahie par la végétation, elle pourrait dater de la fin du 10e siècle et mériterait une meilleure mise en valeur.
Bien que située non loin d’une boucle de D80, la chapelle ruinée de San Agostino est cachée dans le maquis et on pourrait passer à côté d’elle sans la remarquer.
Elle se situe au bord d’un sentier menant à Luri non loin d’un très beau pont génois.
D’une nef unique de 8,40 m sur 4,70 m, elle se termine par une abside qui émerge de la végétation. L’arc triomphal est superbe : fait d’une alternance de claveaux larges et minces en schiste vert et gris, il présente en partie centrale non pas un claveau mais une série de petits claveaux. Les joints étant en retrait, la lumière joue et dessine des traits noirs séparant les éléments. La voûte en cul de four est formée d’un très petit appareil noyé dans un mortier de chaux mélangé de terre jaune. Au centre de l’abside, la fenêtre meurtrière possédait un parement en tuffeau (partiellement encore en place). L’extérieur de l’abside a été partiellement arraché par de récupérateurs de matériaux mais dans l’angle nord-est, le parement est encore bien place : on y remarque des assises de dalles de formats différents avec alternance de petites dalles allongées et d’autres plus importantes mais présentant toujours une succession d’assisses bien horizontales. L’angle est forcé par des blocs plus importants.
La nef, de 8,40 m de long sur 4,70 m de large, est dessinée au sol par des murs arasés, sauf le mur nord plus important à certains endroits. On peut y déceler des traces de réfection. Une seule porte est certaine : celle du mur occidental.
G. Moracchini-Mazel date cet édifice du 10e siècle, R. Coroneo des 12e-13e siècles.
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 171
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p.248Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 108
Internet
Villagedecanari.pagesperso-orange.fr/patrimoine.htm