Sa Maria Poggio: Maria

Le site archéologique de Santa Maria di Moriani est très intéressant. Découvert en 1968, il contient les vestiges de l’église piévane datant du 11e-12 siècle. Des sondages ont montré que cet édifice a servi certainement du Haut Moyen au 15e siècle.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Santa Maria Poggio
Chapelle:
Santa Maria
Pieve:
Moriani
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°21’32.03"N 9°30’29.47"E
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Coordonées GPS:
42°21.537’N 9°30.493’E
Altitude:
44 m

Carte IGN:
Cervione 4351 OT, point 4232,5-590 marqué site archéologique

Accessibilité:
sur la D334 de Santa Maria Poggio vers la plaine, prendre à gauche en suivant le flèchage « site archéologique »

Modalités de visite:
accessible (parking à proximité)

Datation:
fondation Haut Moyen, 11e -12e siècle

Dimensions:
25,30 m x 12,70 m

Classement monument historique:
Oui
21/10/2017:
13/09/2016

Historique et description

Le site archéologique de Santa Maria, malgré le fait qu’il soit bien flèché, est envahi par chardons et autres.

Dès le premier regard, on reconnait une longue construction perpendiculaire à une ancienne église dont l’abside se dessine à l’est. Cette église était importante car la nef centrale est flanquée de deux bas-côtés séparés par deux rangées de piliers. Les murs sont conservés sur une hauteur variant de 0,50 m à 1,50 m environ.

L’abside, assez profonde, est décorée à l’extérieur par des petits pilastres semi-engagé.

Trois portes donnaient accès à l’intérieur : l’une à l’ouest, les deux autres au sud et au nord. Des structures diverses se devinent sous les herbes : mur de chancel séparant la nef du chœur, un emmarchement important conduisant à un autel assez massif notamment. Le compte-rendu des travaux réalisés à partir de 1968 sont bien utiles pour comprendre l’histoire de cet édifice.

En fait, on connaissait l’existence d’un lieu-dit Santa Maria qui recelait quelques pierres taillées, ce qui permettait de supposer un édifice ancien, peut-être celui mentionné par Mgr Marliani. Il a fallu d’importants travaux de démaquisage en 1968 pour l’implantation de clémentiniers pour se rendre compte de la présence d’une butte « anormale ». Préservée des bulldozers, cette butte a fait l’objet de sondages qui ont mis au jour une abside, puis une petite basilique à trois nefs, l’église piévane de Santa Maria.

Les ruines visibles aujourd’hui sont à dater des 11e-12e siècles : petite basilique à nef centrale (25,30 m x 12,70 m) flanquée de deux bas-côtés séparés par deux rangées de 5 piliers. L’autel imposant et massif est surélevé de 3 marches. 4 piliers carolingiens encadraient le presbyterium. De part et d’autre du chœur, des pierres d’angles formant retrait soutenaient peut-être une voûte couvrant ainsi des autels latéraux dont il reste les bases au nord.

Il s’est avéré que cet édifice a été reconstruit sur un autre datant de l’époque carolingienne. Cet édifice, dit de l’an mil, avait les mêmes mesures mais l’appareillage est différent : si à l’époque carolingienne, on utilisait des petites pierres taillées assez irrégulièrement avec des pierres longues plus soignées, en l’an mil, les pierres bien taillées à angle droit étaient disposées en assises bien horizontales. On en retrouve les traces à la base de l’abside et sous le seuil de la porte sud notamment. La découverte la plus importante réside sans doute dans la mise au jour de deux piscines baptismales situées toutes les deux dans la travée sud mais distantes l’une de l’autre.

La piscine la plus ancienne (Haut Moyen Age) était ovale et présentait, au centre, des canaux formant une croix ; à l’intersection des branches, un petit carré était aménagé et doté d’un trou d’évacuation. Plus tard, on modifia le plan en construisant une maçonnerie rectangulaire et en raccourcissant les branches de la croix (9e siècle), puis en surhaussant la maçonnerie en créant un nouveau bassin (11e siècle), lui-même modifié plusieurs fois. Les différentes modifications observées dans le temps montrent la permanence d’utilisation malgré la présence d’une autre cuve baptismale dans la même travée sud mais un peu plus à l’est. Ce dispositif rectangulaire reposant sur un puits perdu semble avoir été utilisé entre le 9e et le 11e siècle.

Les sondages ont aussi mis au jour 5 sols successifs qui semblent montrer une utilisation jusqu’au 15e siècle.

La grande construction (5,20 m x 14,50 m) aperçue en pénétrant sur le site et venant perpendiculairement à la basilique, était la résidence du piévan.

Ce site prend donc place parmi les grands centres religieux comme Mariana ou Sagone.

Bibliographie

Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, la Corse, 2013, p. 272
Les églises piévanes de Corse de l’époque romaine au Moyen Age, XV La piévanie de Moriani, Cahier corsica 151, 1992, p. 98-119
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 219-220
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 232

Internet

Verges.jean-marie.free.fr