Prunelli di F.: San Giovanni Evangelista Petrapola

L’originalité de l’abbadia San Giovanni de Petrapola réside dans le décor gravé et sculpté des linteaux des portes ouest et sud datant du 7e siècle ou de la fin du 11e-12e siècle.
La voute de l’abside porte encore des fragments de fresque du 15e siècle.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Prunelli di Fiumorbo
Chapelle:
San Giovanni Evangelista de Petrapola
Pieve:
Cursa
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°01'01.56"N 09°20'41.02"E
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Coordonées GPS:
42°01.024'N 09°20.682'E
Altitude:
119 m

Carte IGN:
Aleria 4352 OT, point 4191,4-580,3 marqué Chlle Rnée

Accessibilité:
Sur la D244, 1,3 km après l'embranchement avec la D345, prendre un sentier de terre (ranch) ; continuer à  pied sentier qui monte durant environ 5 min.

Modalités de visite:
accessible, ruines

Datation:
7e, 15e siècle
Dimensions:
7,90 m x 5 m

Classement monument historique:
non
17/08/2017:
11/05/2015

Galerie

Historique et description

L’abbadia San Giovanni de Petrapola se dresse sur un promontoire non loin d’une ancienne maison forte qui abrita, avant transformation, les moines de l’abbadia.


Construite en pierres sommairement équarries liées au mortier de chaux mais bien taillées dans les angles et à l’arc triomphal, la nef (8m x 5 m) se termine par un chœur rectangulaire couvert d’une voûte en berceau.
Des aménagements intérieurs sont encore visibles : mur devant le chœur et bancs courant le long des murs sud et nord. A proximité de la porte sud, se profile une sorte d’estrade rectangulaire.
Toute son originalité provient de son décor à la fois gravé et peint.
En effet, si les archivoltes monolithes de la fenêtre de l’abside sont simplement gravées de lignes concentriques, les linteaux des portes occidentale et méridionale développent un même thème : au centre une croix, à droite une main aux deux doigts repliés en signe de bénédiction. Le linteau de la porte occidentale est orné en plus d’une colombe et d’une rosace. On pourrait y voir une allusion à la trinité : la main de Dieu, la croix du Christ et la colombe de l’Esprit Saint.
La facture de la gravure et de la sculpture est simple et archaïque et pourrait être datée du 7e siècle ; elle fait penser aux gravures de Notre-Dame des Neiges à Brando.
Les corbeaux des portes sont également décorés (moulures, cordelière).
Notons encore qu’à droite de la fenêtre du mur sud, se profile un fer à cheval aux cinq clous bien marqués.
R. Coroneo, logique dans ses critères de datation, place cet édifice fin 11e-12e siècles.


La voûte en berceau était peinte de fresques du 15e siècle dont il ne reste que des fragments. A droite face à l’abside, se distinguent, sur fond bleu, les lettres LUC pour Lucas ; en-dessous, un très beau visage d’un apôtre et, à droite de celui-ci, un bout d’une autre auréole. De l’autre côté de la voûte, les ailes d’un ange et un fond de paysage évoqué par des brindilles d’herbes et des fleurs. C’est tout ce qui reste du thème iconographique traditionnel du Christ en majesté entouré du tétramorphe (dont Luc) et du collège des apôtres.
Cette abbadia pourrait figurer parmi l’une des fondations demandées par le Pape Grégoire le Grand à la fin du 6e siècle : « Que l’on cherche un endroit au-dessus de la mer qui soit défendu par la position du lieu ou du moins, puisse être défendu sans grand effort… »
Après le départ des moines, elle devint simple monachia comme le signale Mgr Mascardi en 1589.


L’édifice fut consolidé à plusieurs reprises par l’équipe de la FAGEC et de REMPART avec l’aide de la municipalité. Le mur sud a été remonté.
A voir de préférence au milieu de l’après-midi pour la lumière sur les linteaux.

Bibliographie

Abbayes primitives et monuments du Haut Moyen Age en Corse, III La chapelle S. Giovanni Evangelista à Prunelli di Fiumorbo, Cahier Corsica 60, 1976
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 120
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 93
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 260 ; voie romaine p. 261
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 43-44
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 300
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, 1, p. 16, 2, p. 337
Orsolini J., L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, 2003, p. 35

Internet


Chiari L., Laborde M. « Chapelle Saint-Jean Evangéliste dite San Ghjuvanni Evangelista », Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses (m3c.univ-corse.fr)
France-romane.com