Rogliano: Sa maria della Chiapella


Notre-Dame de la Chiapella est un beau but de promenade. Récemment restaurée, elle présente deux absides d’époque différente et à l’intérieur des graffiti étonnants, ex-voto de marins, des 16e-17e siècles. Une tour génoise se dresse au bord de l’eau

Situation géographiqueImprimer

Village:
Rogliano
Chapelle:
Santa Maria della Chiapella
Pieve:
Sisco ou capella
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°59'11.79"N 9°27'13.95"E
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Coordonées GPS:
42°59.197’N 009°27.224’E
Altitude:
6 m

Carte IGN:
Cap Corse 4347 OT , point 4301,8-579,7 marqué Santa Maria Chap.

Accessibilité:
à  pied : au nord-est du cap corse, un peu en retrait de la rade de Santa Maria ; 1h15 de Macinagio ; trois quart d'heure de la plage de Tamarone : suivre le sentier balisé en orange. Deux itinéraires possibles : par le sentier du douanier ou par l'intérieur

Modalités de visite:
intérieur contacter Association Finocchiarola, Mairie, Rogliano 04 95 35 47 23

Datation:
fondation 5e ; 9e (Moracchini), première moitié du 11e siècle ; 16e siècle
Dimensions:
10,23 m x 8,18 m (intérieur)

Classement monument historique:
1990
17/12/2017:
21/09/2015 avec Monsieur Delaugerre

Galerie

Historique et description

C’est après une agréable promenade que l’on découvre la chapelle Santa Maria della Chiapella se dressant en pleine nature près de la mer, non loin d’un puits.
Il y avait autrefois un petit port et une bourgade romaine, Pagus Aureliensis, et un mouillage utilisé jusqu’au Bas-Empire ; puis, au Moyen Age, un habitat dispersé jusqu’au 16e siècle, époque des plus fortes incursions barbaresques ayant provoqué le retrait des populations vers des lieux mieux protégés. C’est d’ailleurs à cette époque que les Génois développèrent un système de tours de défense dont une se dresse encore les pieds dans l’eau. Cette tour achevée en 1549, connut une occupation par les Turcs. En 1749, une poignée de Corses fidèles à la République s’y retranchèrent. Ils furent délogés par la marine anglaise bombardant la tour qu’ils démolirent à moitié.
La mention de la chapelle apparaît en 1112-1113, date à laquelle l’évêque de Mariana, Ildebrandus, en fit don à l’abbaye de la Gorgone. Mais la chapelle remonte sans doute au 9e siècle et aurait remplacé une église paléochrétienne du 5e siècle. Elle se caractérise par une nef unique se terminant par deux absides asymétriques.
D’après les recherches de G. Moracchini-Mazel, les deux absides, dont la plus grande est dédiée à Santa Maria Assunta, étaient séparées par une file de piliers. Ces absides semblent d’époques différentes : d’après l’appareillage des murs, l’abside nord daterait du 9e siècle tandis que l’abside sud aurait été construite au 11e siècle, mais toutes les deux sont édifiées sur un mur arasé de l’époque paléochrétienne. Un grand mur circulaire et des tombes confirment l’hypothèse d’une première occupation au 5e siècle.
L’édifice, reconstruit au 16e siècle, subit d’importantes restaurations au 19e siècle si bien que seules les absides sont d’époque romane. Ces dernières sont percées chacune d’une petite fenêtre meurtrière, l’une obturée, l’autre surmontée d’une archivolte en plein cintre. Voûtées en cul de four, elles présentent un arc triomphal formé de claveaux comme on pouvait le voir dans l’abside de gauche. Une des niches renferme deux fragments de plaque de marbre avec inscription incomplète. L’une d’elles est une épitaphe à un militaire romain mort sous les armes et enterré par son père au 1e siècle de notre ère.
La chapelle atteint actuellement une longueur de 10,20 m x 8,20 m et est dotée de deux portes, l’une à l’ouest, l’autre au nord. Des petites fenêtres sont percées dans la partie supérieure du mur sud.
Une rapide étude a permis de détecté une superposition de trois niveaux de sol.
L’église, piévane jusqu’au 16e siècle (mais on n’a pas retrouvé de traces du baptistère), accueillait jusqu’en 1951 chaque année un pèlerinage le 22 août, parfois disputés entre les villages de Tomino et de Rogliano. Ces disputes remontent dans le temps puisque déjà en 1176 il est fait état d’un désaccord entre le piévan de Luri et l’abbé de la Gorgone (propriétaire de la chapelle) à propos des limites des deux circonscriptions et donc des dîmes à percevoir !
L’édifice, consolidé par la FAGEC il y a quelques décennies, a été superbement restauré en 2014 par le Conservatoire du Littoral qui envisage un nouveau plan d’aménagement piétonnier des accès.
A l’occasion de cette restauration, des analyses furent menées dans les absides et permirent de mettre au jour d’étonnants graffitis : inscriptions et dessins de bateaux. Les recherches au microscope entreprises par Madeleine Allegrini ont révélé jusqu’à 24 couches superposées : succession de blanc de chaux et des pigments. Les dessins réalisés au charbon de bois et datés du 16e siècle, sont autant d’ex-voto en remerciement d’une vie sauve lors d’un naufrage ou d’une tempête. La présence de ces dessins, très précis, témoigne de la situation stratégique du lieu, halte ou refuge dans une navigation de l’Italie vers les autres ports de la Méditerranée.

Bibliographie

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 85, 87, 93-94
Guide Bleu, 2009, p. 98-99
Guide Vert, 2009, p. 141
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 164
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005, p. 80, 104, 106,133, 134
Les églises piévanes de Corse de l’époque romaine au Moyen Age, XXII la piévanie de la Chiapella à Rogliano, Cahier Corsica, 184-185, 1999, p. 19-33
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 27
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 265-266
Monuments de Corse, 2003, p. 28-29
Moracchini-Mazel G., Corsica sacra, 2004, p. 211-212
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 242-243, 426-427

Internet


Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
Decouvrirlacorse.chez.com/romanes

France-romane.com
Pointe du Cap Corse, n° 9, été 2008, dossier Santa Maria Chjapella
Pointe du Cap Corse, n°16, hiver 20102011, dossier Santa maria Chjapella
Verges.jeanmarie.free.fr