Sagone: Sant’ Appiano

Sagone fut le siège d’un des 6 évêchés de Corse. La cathédrale paléochrétienne datant de la fin du 5e- début 6e siècle et faisant partie d’un ensemble épiscopal, fut sans doute ruinée par les invasions et a été reconstruite au 12e siècle pour être abandonnée au 16e siècle.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Sagone
Chapelle:
Sant'Appiano
Pieve:
Sagone
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°07'06.04"N 8°41'24.80"E
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Coordonées GPS:
42°07.099’N 08°41.415’E
Altitude:
9 m

Carte IGN:
Sagone Cargèse 4151 OT, point 4199,5-526 marqué Sant'Appiano cath. ruinée

Accessibilité:
à  la sortie de Sagone vers Cargèse, prendre à  droite après le pont ; les ruines sont un peu plus loin à  droite

Modalités de visite:
accessible

Datation:
5e-6e siècles ; 12e siècle
Dimensions:
20 m x 9,35 m

Classement monument historique:
1989
29/06/2017:
23/04/2016

Galerie

Historique et description

Nous procédons à la modification de la documentation photographique de cette page, merci de bien vouloir excuser les inconvénients qui en résultent.

Sagone, logée au fond d’un golfe, a été habitée dès la préhistoire. Petit bourg romain fondé au début de notre ère, il se développe à la fin du 3e-début du 4e siècle et devint le siège d’un évêché probablement dès le 4e siècle.
Grégoire le Grand, en 591, s’inquiète du sort de cet évêché et ordonne la nomination d’un nouvel évêque à ce poste vacant depuis de nombreuses années. Un nom est resté dans l’histoire, celui de Montanus, qui participa au synode romain de 600.


Située près du rivage, la cathédrale fut pillée et ravagée à plusieurs reprises au point de n’être plus que ruines au 16e siècle ce qui décida, en 1572, le pape Grégoire XIII de faire transférer à Vico le siège de l’évêché qui, 50 ans plus tard, fut déplacé à Calvi par Urbain VIII.
Vus de loin, les vestiges de la cathédrale se situant sur la rive droite du Sagone, sont déconcertants : une bâtisse haute avec un toit de tuiles faisant penser à une habitation mais étant en fait une chapelle voûtée érigée en 1728 sur les ruines du chœur et reprenant d’ailleurs une partie des murs du 12e siècle.
En regardant de plus près, on découvre les pierres de taille, conservées par endroits sur plusieurs assises, permettant de restituer le plan de l’église du 12e siècle : de nef unique, l’église devait atteindre 20 m x 9,35 m.
Deux portes y donnaient accès : l’une au nord, surmontée d’un linteau en bâtière à l’extérieur et d’un linteau monolithe surmonté d’un arc à claveaux à l’intérieur, l’autre se situant près de l’angle sud-ouest. Il devait y avoir une troisième porte dans le mur occidental mais il n’en reste aucune trace, ce mur ayant disparu.
Un important soubassement, souligné d’une moulure oblique, permet d’égaliser les irrégularités du terrain particulièrement fortes surtout à l’angle nord-est où un pilastre sert de contrefort. Deux menhirs (et peut-être la base d’un troisième) ont été englobés dans les angles sud-ouest et nord-ouest. On ne sait d’où ils viennent. Etaient-ils sur place ou dans les environs ? Leur nombre semblerait suggérer la présence d’un alignement aujourd’hui disparu. Ce qui paraît certain, c’est la volonté de « christianiser » ces sculptures en les intégrant dans les murs de l’église. On peut encore voir, à l’entrée de Vico, un autre menhir, celui d’Appriciani, découvert dans la basse vallée du fleuve Sagone. Cette statue est la première du genre reconnue en Europe par Prosper Mérimée en 1840.
Des fouilles, menées d’abord par G. Moracchini-Mazel puis par Daniel Istria ont mis au jour un complexe baptismal paléochrétien.
L’église du 12e siècle est, en effet, construite sur un édifice primitif des 5e-6e siècles dont la dédicace à Saint Appien était connue par les textes mais a été confirmée par une inscription estampée sur une tuile (Sanctu Appiani).
Les dimensions de ce premier édifice ont peu varié (20m x 8 m) avec une abside semi-circulaire à l’intérieur et à trois pans coupés à l’extérieur. Le chœur était surélevé par rapport à la nef, comme à la Canonica de Mariana, et semble avoir été agrandi dans un second temps. L’abside semi-circulaire à l’intérieur et à pans coupés à l’extérieur appartiendrait, d’après les dernières fouilles, à une villa romaine du milieu du 4e siècle.
A l’extérieur de la cathédrale, s’élevait le baptistère de plan circulaire avec une cuve baptismale dont le premier état daterait du dernier quart du 6e siècle.
Peu de temps après, le baptistère est reconstruit avec un plan cruciforme tandis que la cuve baptismale est octogonale à l’intérieur et sans doute circulaire à l’extérieur.
Dans un dernier temps (période médiévale ?), les absides sud et ouest sont murées et des banquettes disposées sur ces murs ainsi qu’ au nord-ouest.
D’autres constructions complètent ce complexe qui connut aussi une vocation cimetériale.
A notre passage, les vestiges étaient protégés par de grands plastiques. Mais sous ceux-ci, se dessinent très nettement les plans du baptistère et de la cuve baptismale.
Le site a révélé des traces importantes d’occupation : vaste nécropole, habitat rural, thermes.

Bibliographie

Boinard R., La restauration de la statue menhir de Sagone I à Vico, dans Etudes préhistoriques en Corse, I, Cahier Corsica 29, 1973, P;2_3

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 22-23, 35-37
Costa L.-J., Monuments préhistoriques de Corse, 2009, p. 96
Corse médiévale, Guides archéologiques de France, 2014, p. 99-100
Guide Bleu, Corse, Gallimard, 2009, p. 261-262
Guide vert, Corse, 2010, p. 319
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005, p. 91,133
Leandri F., Les mégalithes de Corse, 2000, p. 12-13
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 97
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 136 et sv
Monuments de Corse, p. 134-135 (pour les menhirs)
Moracchini-Mazel G., Corsica sacra, 2004, 265-271
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, p. 105-106, t. 2 p. 283-284

Internet


academia.edu/Istria D., Pergola Ph., Considérations autour des découvertes récentes dans les complexes épiscopaux d’Ajaccio, Mariana et Sagone (Corse), Sagone p. 518-519
culture.gouv.fr/public/mistral/merimee
Decouvrirlacorse.chez.com
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr