Salice: Giovanni Battista

Les ruines de l’église piévane San Giovanni Battista se situent en contre-bas du village actuel, perdues dans le maquis et les oliviers.
Les fouilles menées attestent d’un édifice du 10e siècle reconstruit au 11e siècle. Une pierre sculptée a été placée dans le muret de l’église actuelle.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Salice
Chapelle:
San Giovanni Battista
Pieve:
Cruzini
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°06’30.27"N 8°53’51.69"E
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Coordonées GPS:
42°06.495’N 8°53.853’E
Altitude:
vers 299m

Carte IGN:
Vico Cargèse 4151 OT, point environ 4200,62-543 marqué San Giovanni

Accessibilité:
Prendre la D4 pour Salice. De l’église de Salice, descendre le sentier qui conduit à la rivière pendant environ ¾ d’heure (passer l’ancien cimetière, une maison abandonnée) ; interruption dans le muret de droite : prendre à travers le maquis vers le sud-ouest

Modalités de visite:
difficilement repérable

Datation:
pierre sculptée : 10e siècle ; église : 12e siècle
Dimensions:
13,10 m x 8,40 m

Classement monument historique:
inv. préliminaire
23/05/2017:
26/04/2016 conduits par Louis Locandro et François Pagano-Paoli

Galerie

Historique et description

Les ruines de l’église San Giovanni Battista se trouvent en contre-bas du village actuel. Il faut passer par l’église paroissiale de Salice.
Dans le muret compris entre la route et l’église actuelle, on peut voir une pierre intéressante provenant sans doute de l’ancienne église romane.
Il s’agit d’une pierre ronde décorée, sur le côté, de 4 têtes humaines séparées par de petites colonnettes et surmontées d’une frise continue. Les traits sont assez grossiers : des lignes suggèrent le nez et les arcades sourcilières ; la bouche est marquée d’un trait et les yeux sont soit enfoncés, soit globuleux.
Le dessus de la pierre est divisé en trois compartiments : le plus grand est ménagé dans la moitié de la surface tandis que l’autre moitié comporte une petite cupule ronde et une cuvette en quart de cercle. Il s’agit sans doute du baptistère de l’église piévane déjà abandonnée en 1587 selon le rapport de Mgr Mascardi qui la décrit comme « suffisamment grande, de forme convenable et bien construite avec des pierres quadrangulaires mais déjà abandonnées de tous ». En 1647, l’édifice est toujours debout puisque s’y déroule la cérémonie d’investiture du nouveau piévan, Nicodème Pinelli.

Découvertes à la fin des années 1980, les ruines sont encore bien visibles bien que complètement arasées et progressivement envahie par la végétation. Le plan de l’édifice daté du 10 e siècle, est perturbé par une maisonnette construite dans l’angle nord-ouest. La porte de celle-ci reprend d’ailleurs des éléments de la porte occidentale de l’église. La nef unique, de 13,10 m sur 8,40 m, se termine par une abside semi-circulaire sans doute recouverte d’une voûte en cul de four précédée d’un arc triomphal dont plusieurs claveaux ont été retrouvés. Deux portes donnaient accès à l’intérieur de l’édifice construit en partie sur une terrasse : l’une à l’ouest, l’autre au sud. Le mur nord, servant de mur de soutènement, est encore conservé sur plusieurs assises composées de petits blocs rectangulaires bien épannelés et appareillés. Les fouilles de 1980 et 1985 ont mis au jour les dispositions liturgiques exceptionnellement conservées. L’autel était surélevé des trois marches se développant sur toute la largeur de l’édifice. Dans les angles nord-est et sud-est, deux petites colonnes circulaires (l’une en partie remontée) ont été ajoutées à la fin du 11 e siècle afin de soutenir des petits arcs, aux claveaux plus petits que ceux de l’arc triomphal, encadrant une minuscule voûte d’arête au-dessus de chaque autel latéral. Deux autres colonnes, plus grosses, sont disposées de part et d’autre de la cuve baptismale peu profonde près de laquelle a été trouvée une pierre gravée d’un arbre de vie ou d’un palmier stylisé.

Un ambon se dressait dans l’angle nord-est de la clôture de chœur.

Plus tardivement (vers le 15 e siècle ?), le dallage du chœur a été remplacé.

De nombreuses terrasses témoignent encore des cultures qui se développaient sur les flancs de la montagne, notamment des vignes dont un des domaines obtint un prix à l’exposition de Paris en 1900

 

 

 

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Bibliographie

Les églises piévanes de Corse, XIII La piévanie de Cruzini, Cahier corsica, 131, 1989, p. 42-56
Moracchini-Mazel G., Corsica sacra, 2004, p. 228
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 48, t. 2 p. 278
Restitution de l’étude d’inventaire des communes Cruzini-Cinarca, 2013, p. 14, 28

Internet

Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
Salice.capitello.com
france-romane.com