Sorio: Baptistère San Giacomo

Les ruines du baptistère San Giacomo se dressent dans un endroit superbe, au col de Tenda à 1210 m d’altitude. Il ne reste que deux pans de murs mais le site garde toute sa symbolique : celle de la volonté des Pisans d’évangéliser les populations semi-nomades sur les lieux de passage avec leurs troupeaux.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Sorio - Col de Tenda
Chapelle:
Baptistère San Giacomo
Pieve:
San Quilico
Diocèse:
Nebbio

Coordonnées Google Earth:
42°33’36.87"N 09°13’19.45"E
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Coordonées GPS:
42°33.614’N 009°13.321’E
Altitude:
1211 m

Carte IGN:
Vescovato 4349 OT, point 4252,4-564,8 marqué Sant Jabicu ruines,

Accessibilité:
 : en partant de Pietralba suivre chemin flèché (Bocca di Tenda) et balisé en rouge (2h30 à  3 heures aller) ou en 4x4 par piste qui arrive à  l'altitude de 950 m environ, puis ¾ de montée à  pied

Modalités de visite:
accessible (ruines)

Datation:
second quart du 12e siècle
Dimensions:
diam. 9 m

Classement monument historique:
-
26/04/2017:
01/05/2014

Galerie

Historique et description

L’existence d’un baptistère à plus de 1210 m d’altitude, isolé sur un col, peut paraître surprenante.
On y accède soit en partant de Pietralba (une piste arrive aux ¾ du chemin puis ¾ d’heures de marche, ou en 2h30-3h de marche depuis Pietralba, chemin empierré par endroits, balisé en rouge), soit de Sorio (la montée est moins difficile mais plus longue). Il est préférable d’y aller tôt le matin pour jouir de la vue.


Se dressant à une centaine de mètres du col de Tenda dominant trois vallées, celle de l’Aliso, de l’Ostriconi et du Golo, le baptistère se situait à l’intersection de deux diocèses, celui du Nebbio et de Mariana.
Si le baptistère ne semble rattaché à aucune piévanie, son emplacement étonnant s’explique sans doute par la volonté pisane d’évangéliser les populations nomades en choisissant cet endroit de passage obligé lors des transhumaces.
C’est probablement aussi en raison des transhumances que l’on a choisi de dédier ce monument à San Giacomo, l’un des apôtres présents à la transfiguration sur la montagne, dont la fête est fixée au 25 juillet, et non à San Giovanni Battista fêté le 24 juin.


Le baptistère se dressait seul (aucun vestige d’une église attenante) non loin de rochers qui faisaient partie d’un lieu déjà occupé à l’époque préhistorique. Des statues-menhirs se situent non loin du col et des objets et de la céramique préhistoriques ont été trouvés à quelques mètres du baptistère.
Un de ces rochers a d’ailleurs été retaillé légèrement pour présenter une surface plane et servir peut-être de chaire à prêcher lors de baptêmes collectifs.
Il ne reste que deux pans de murs dont l’un sert à une cabane rurale (occupation remontant au 19e siècle) mais les blocs visibles au sol permettent d’en retracer le plan : le baptistère était de plan octogonal, d’environ 9 m de diamètre, et était construit de pierres trouvées sur place, un granit jaune-vert à gros grains. Une porte se situait à l’angle nord-ouest : sur le seuil, on distingue clairement la cupule du gond de la porte.
Le plan appelle la comparaison avec le baptistère San Giovanni Battista de Valle di Rostino, datant lui aussi du second quart du 12e siècle.


Les fouilles rapides effectuées par Geneviève Moracchini-Mazel ont permis de localiser, au centre de l’édifice au dallage d’ardoises minces, la cuve baptismale (aujourd’hui envahie par un roncier). Cette cuve était circulaire à l’extérieur tandis que la cuvette intérieure était maçonnée grossièrement et de plan rectangulaire (0,60 de longueur pour une largeur de 0,50 m et une profondeur actuelle de 0,35 m).
Cette cuve présente un aspect plus rustique que la construction des murs. Il se pourrait qu’elle ait été construite antérieurement et réutilisée dans un édifice reconstruit.
Très beau but d’excursion.
Une messe traditionnelle réunit les villages des deux versants de la montagne le 25 juillet pour la fête de la Saint Jacques.

Bibliographie


Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 167
Corse Matin, 20/08/2010
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 269
Moracchini-Mazel G., Corsica sacra, 2004, p. 256
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.1 p. 109,125-127, t. 2 p. 256

Internet


Histoire.du.nebbio