Sorio: San Margarita

Charmante chapelle disposée dans le cadre paisible d’un ancien cimetière clos d’un muret. L’abside est décorée d’une frise d’arcs avec modillons aux motifs géométriques. Les consoles des portes sont sculptées de motifs sans programme iconographique. L’abside garde encore les vestiges de fresques.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Sorio
Chapelle:
Santa Margarita
Pieve:
San Quilico
Diocèse:
Nebbio

Coordonnées Google Earth:
42°34'59.76"N 9°16'44.66"E
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Coordonées GPS:
42°35.001’N 009°16.739’E
Altitude:
311 m

Carte IGN:
Bastia Golfe de St Florent 4348 OT, un peu à  l'est de Sorio point 4254,8-569,5 marqué Santa Margarita

Accessibilité:
En venant de Rapale sur la D 62, un peu avant l'église prendre un petit chemin assez raide qui descend ; panneau « Monument historique à  150 m ». Suivre le chemin jusqu'à  la chapelle

Modalités de visite:
chapelle ouverte

Datation:
13e siècle
Dimensions:
11,18 m x 4,72 m

Classement monument historique:
1936
16/12/2017:
25/09/2015 avec Stéphane Orsini et l’ASCO

Galerie

Historique et description

Jolie petite chapelle située en contrebas du village de Sorio sur une plate-forme soutenue par un mur de soutènement imposant, surtout au nord-est.
Enfermée dans un enclos cimetiéral, la chapelle est construite de beaux blocs ; elle a retrouvé un toit dans les années 1970.
C’est surtout l’abside qui retient l’attention : elle est décorée d’arcs en plein cintre excavés dans des archivoltes rectangulaires et de modillons aux motifs géométriques avec, par endroit des cercles. Cette disposition se retrouve aussi à San Sarsorio près de Bastia et, en plus développé à Canari et à Santa Pietro di Tenda. On est donc tenter de penser à même équipe de maçons-artisans.
La fenêtre centrale présente une archivolte en arc brisé orné d’un motif en cordelière. Les fenêtres des murs latéraux, une par côté, sont étroites et surmontées d’une archivolte échancrée en plein cintre. Autour de la fenêtre nord, des curieuses excroissances dans la pierre font penser à des motifs comme on en trouve à San Raniero de Montemaggiore.
Les portes sont originales : les consoles sont décorées de motifs juxtaposés ne formant pas un ensemble uniforme : motif en cordelière à droite et, à gauche, une frise d’oves et fleurons gravés pour la porte nord ; palmettes entre une cordelière et des denticules (à gauche) ou une double rangée d’oves (à droite) pour la porte occidentale.
Sur la façade occidentale, deux pierres sculptées sont disposées de part et d’autre de la porte : il s’agit des vestiges de deux sculptures comme on peut en voir à Aregno ou à Murato. Sur le bloc de gauche, on aperçoit encore l’amorce de deux jambes. La partie supérieure du fronton a été reconstruite ainsi que l’arase des murs latéraux.
La nef unique, de 11,18 m x 4,72 m, se termine sur une abside semi-circulaire encadrée d’un arc triomphal reposant sur des consoles moulurées. La voûte en cul de four était, jadis recouverte de fresques. Il n’en reste que de vagues vestiges perturbé par une peinture réalisée au 18e siècle en même temps que l’autel baroque. G. Moracchini-Mazel, sur base d’une photographie de 1935, en donne la description suivante : « le Christ enveloppé dans une mandorle était accompagné des quatre évangélistes. Une bande décorative composée d’une suite de disques la séparait du registre inférieur occupé par les douze apôtres. » Au-dessus de Sainte Marguerite, on aperçoit une zone rouge, évocatrice du manteau du Christ. De part et d’autre, on distingue une auréole incisée d’un apôtre (à gauche) et un visage et une autre auréole incisée sur un fond vert (à droite). Sur la tunique des apôtres, des motifs décoratifs comme la croix de Salomon.
Un acte de 1591 fait état d’un serment passé entre deux personnes le 5 mai sur l’autel de sainte Marguerite. Peut-on en déduire que la chapelle remplissait aussi le rôle de tribunal ? Idée renforcée par la présence de deux statuettes en haut relief disposée sur la façade occidentale, comme les chapelles de piévanies (Murato, Aregno par exemple).
La chapelle avait encore le titre de paroissiale en 1780 alors que l’église actuelle de Saint Philippe de Néri était déjà construite. Elle garde un autel baroque très beau en “stocco lustro” avec deux angelots sur les côtés

Bibliographie

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 170
Istria D., Pouvoirs et fortifications du nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005, p. 115
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 38
Monuments de Corse, 2003, p. 54
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 158, t.2 p. 256
Orsolini J., L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, 2003, p. 84

Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886-1889), planche XXI
Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr