Vescovato: San Michele


Jolie petite chapelle du 11e siècle, transformée pour accueillir des caveaux funéraires, située sur une petite éminence dominant la plaine au pied de Vescovato.
Le lieu a beaucoup de charme.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Vescovato
Chapelle:
San Michele
Pieve:
Casinca
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°29'53.14"N 9°27'01.47"E
Afficher la carte Google

Coordonées GPS:
42°29.889’N 009°27.011’E
Altitude:
101 m

Carte IGN:
Vescovato, 4349 OT, point 4247,7-583,6

Accessibilité:
en voiture ; quelques mètres à  pied ; à  Torra (itinéraire fléché), prendre la D237, à  1 km avant le village en venant de la côte ; sur une éminence arborée dominant la côte ; dans un petit cimetière

Modalités de visite:
clé à  la mairie de Vescovato (04 95 36 70 19)

Datation:
11e siècle ; transformée en caveau familial au 18e siècle
Dimensions:
10 m x 4,50 m

Classement monument historique:
-
23/10/2017:
11/05/2016

Galerie

Historique et description

Appartenant actuellement à la commune de Vescovato, l’ancienne chapelle romane San Michele fut achetée au 18e siècle par un particulier et transformée en caveau funéraire.
Une aquarelle de Jean-Jérôme Levie (1809-1886) nous la présente avant transformation. La façade occidentale est alors surmontée d’un clocheton et une ligne de briques rouges souligne l’arc de décharge au tympan aveugle. L’édifice semble être désaffecté puisqu’un trou se remarque dans le mur sud. On reconnait bien les détails de la façade : croix ajourée entourée de pierres moyennes, porte surmontée d’un arc à claveaux reposant sur un linteau relativement mince, murs composés de grandes dalles en schiste vert et gris alternant avec des pierres plates et minces. Ce type de construction permet de dater l’édifice du 11e siècle.
La nef unique (de 9,90m x 4,45m) se termine par une abside semi-circulaire voûtée en cul de four et est éclairées par trois fenêtres meurtrières surmontées d’une simple archivolte en forme de demi-cercle évidé. Une seconde croix vidée a été percée dans le fronton est.
A la fin du 18e siècle, la chapelle est achetée par la famille Buttafoco et transformée au siècle suivant en tombeau.
Des modifications légères sont apportées à l’extérieur : ajout d’une moulure en stuc faisant le tour de l’édifice, percement du tympan au-dessus de la porte et installation d’une grille, remplacement du clocheton par un pignon. A l’intérieur, l’intervention est plus importante : construction d’un arc divisant la nef en deux parties et aménagement des caveaux le long des côtés dans lesquels Hyacinthe Sebastiani fit déposer les dépouilles de ses parents. Dans le chœur, se dresse l’imposant tombeau d’ Anna Félice née Sebastiani Porta, épouse de Monsieur Patrimonio, consul de France à Jérusalem, décédée à Jaffa le 11 mars 1875 à l’âge de 28 ans.
La chapelle est mentionnée dans différents textes et semble avoir été remplacée comme église paroissiale au 17e siècle par l’église Saint Martin car Mgr Marliani mentionne qu’elle sert d’oratoire de campagne vers lequel on se rendait encore en procession une fois l’an.
Soucieux de la préservation de cet édifice, plusieurs personnes ont initié une opération de sauvegarde. Résultat : en 2007, l’édifice a été cédé à la commune qui a procédé à une première campagne de restauration portant sur la toiture et le traitement partiel des façades.
La deuxième campagne, portant sur l’esplanade extérieure, est prévue sur 2012-2014.

En août 2015, Madeleine Allegrini et Monique Fontana ont effectué, à la demande de l’Association San Michele, une étude des enduits intérieurs de l’édifice. Nous reprenons un extrait de leur rapport : le résultat le plus étonnant fut la découverte, près de la fenêtre absidiale, d’un décor de pietra rasa. Il s’agit d’un enduit partiel décoré d’un joint peint en rouge (oxyde de fer) figurant des pierres à assise régulière  qui entoure les pierres réelles restant néanmoins visibles au centre de ce décor. Ce décor, très à la mode aux 12e et 13e siècles, est unique en Corse. Il est vrai que les enduits intérieurs  sont très rarement considérés comme importants ce qui a entrainé leur destruction lors de rénovation parfois vigoureuse.

Nous sommes retournés à San Michele en mai 2016 : de nouveaux panneaux ont été placés et la chapelle est entièrement dégagée occupant ainsi à elle seule le promontoire face à la plaine et à la mer.

Bibliographie

Giansily P.Cl, Perfettini Ph, Les peintures corses II, catalogue Palais Fesch Ajaccio 2009, p. 73 sq.
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 228-229

Internet

France-romane.com
Site de la commune de Vescovato – patrimoine, notice de Stéphane Orsini