Viggianello: Giulia

L’intérêt du site de l’abbadia Santa Giulia relève plus de l’intérêt archéologique que visuel car une épaisse végétation recouvre entièrement les ruines de cet édifice du 11e siècle.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Viggianello
Chapelle:
Santa Giulia
Pieve:
Veggeni
Diocèse:
Ajaccio

Coordonnées Google Earth:
41°39’55.87’’N 8°55’20.88’’E
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Coordonées GPS:
41°39.930’N 8°55.351’E
Altitude:
61 m

Carte IGN:
Sartène 4254 OT point 4151,3-547 marqué Santa Giulia di Taravia Egl. rnée Accessibilité : au croisement de routes

Accessibilité:
au croisement de routes

Modalités de visite:
recouvert de végétation

Datation:
6e-7e s ; 11e s
Dimensions:
21m x 10 m

Classement monument historique:
non
27/06/2017:
29/04/2016

Galerie

Historique et description

Le site de Santa Giulia existe toujours dans une boucle en contre-bas de la N196 à la limite entre les communes de Propriano et de Viagianello mais il est envahi par une végétation très dense.
Il faut avoir recours aux différents actes de donation pour esquisser le passé de cette abbadia qui, du 13e au 15e siècle, dépendait de l’abbaye de Monte Cristo mais les actes n’en décrivent pas l’architecture. Il semble qu’au 16e siècle l’abbaye avait déjà disparu.
La mise au jour de quelques murs lors de travaux de terrassement en 1973 sortit l’abbadia de l’oubli. Des sondages furent alors menés par J. Cesari suivis de fouilles en 1976 et 1977.
Ces travaux ont permis d’identifier cette abbadia comme étant celle de Santa Giulia-di-Tavaria : une chapelle à nef unique avec une abside semi-circulaire orientée à l’est et de dimension appréciable : 21 m de long sur 10 m de large. Les murs, reposant sur un blocage de grosses pierres, sont appareillés de pierres liées au mortier de chaux dont le parement est formé de dalles de granit de différentes couleurs dont le jaune. La façade romane repose sur un mur antérieur dont il suit l’oblique.
Ce mur antérieur, dégagé sur 7,60m à l’extérieur du mur sud, se perd sous l’édifice roman. Composé d’un double parement avec un noyau de blocs de cailloux liés à l’argile, il repose en partie sur la roche et présente un léger ressaut. Il formait l’un des côtés d’un édifice rectangulaire ou polygonal.
Une tombe médiévale a été creusée dans l’angle sud-est.
Le matériel trouvé associé à ce mur (lampe antique, tessons de sigillée claire et de céramique romaine tardive) permet de situer ce premier édifice à l’époque paléochrétienne, soit entre le 6e et le 7e siècle, sans doute contemporain du site de la Quattrina à Propriano. Cette découverte vient encore renforcer l’idée que le golfe de Propriano offrait un mouillage fréquenté au moins du 1er siècle avant J.C. jusqu’aux 5°-6° siècles.
L’édifice roman, datant du 11° siècle, serait celui qui fit l’objet de donation à l’abbaye de Monte Cristo.
Il est regrettable que le site ne soit pas protégé ce qui a provoqué, depuis les fouilles, la disparition de l’arase de l’abside. La façade ouest avait déjà été réemployée au 19e siècle dans la construction d’une briqueterie. Geneviève Moracchini-Mazel publie en 1967 deux documents intéressants : le dessin d’une archivolte et une photo d’un angle. Sur cette photo, on distingue le remploi de 2 archivoltes provenant sans doute de l’édifice paléochrétien.

Bibliographie

Duval N., Les premiers monuments chrétiens de la France 1 Sud-Est et Corse, 1995, p.330-331
Michel F., Pasqualaggi M., Carte archéologique de la Gaule, la Corse, 2013, p. 141
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 10
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 54, t. 2 p. 421
Moracchini-Mazel G., Les monuments paléochrétiens de la Corse, 1967, p. 121