

La chapelle San Cesario se dressait un peu à l’écart entre Tavera et Bocognano.
Un déblaiement effectué en 2005 a permis d’en retrouver les vestiges. Les murs dessinent un plan rectangulaire de taille moyenne mais aucune trace de l’abside n’a pu être identifiée.
Il n’est pas aisé de reconstituer visuellement la chapelle connue dans la région sous le nom de Santi Sari, une déformation de San Cesario. Le dessin de l’abside illustrant le panneau au départ du chemin vient donc bien à point !
Les ruines occupent un plat sur la Punta di Vitriccia au milieu d’une forêt assez dense dont certains chênes ont poussé au milieu de l’ancien édifice .
Un travail de déblaiement, accompli en 2005 par les employés municipaux, a permis d’en retrouver le plan se dessinant autour d’un amas de pierres éboulées entassées au centre.
La nef, orientée est-ouest, se présente actuellement comme un rectangle de 7,15 m de long sur 5,46 m de large.
Une porte est nettement identifiable dans la façade ; il y en avait peut-être une autre dans le mur sud.
Si le mur nord est perturbé par un gros chêne, les angles de la façade sont encore bien marqués par des blocs importants. Les quelques assises en place témoignent d’un appareillage de blocs bien taillés disposés en assises horizontales comme on les retrouve sur d’autres édifices datés du 11e siècle.
Le panneau d’accueil mentionne que cet édifice a été reconstruit sur des vestiges plus anciens. Cette première chapelle avait peut-être une abside semi-circulaire.
Rien ne permet de le percevoir car aucune trace n’est visible sur place et aucun document n’a encore été publié à ce sujet.
Parmi les pierres éparses sur le sol, certaines présentent des traces particulières : cavité dans une pierre ronde (bénitier ?) ou entaille (feuillure d’une porte). Les pierres de la chapelle ont été récupérées, comme à beaucoup d’autres endroits, pour bâtir un abri à quelques mètres de là.
D’après G. Moracchini-Mazel, cette chapelle était dédiée non pas à San Cesario de Terracine comme la plupart des édifices romans corses, mais à San Cesario d’Arles. Né en 470 ou 471, Césaire fut moine dans l’île de Lerins avant de devenir évêque d’Arles pendant quarante ans. Il sut s’imposer comme chef spirituel et son influence s’exerça sur la Gaule méridionale et l’Espagne. Il sut à la fois protéger son peuple contre les exactions des Barbares et l’évangéliser par des sermons simples et vivants. Apprécié par le pape Symmaque, il devint vicaire du Saint Siège pour les églises de Gaule et d’Espagne, convoqua deux conciles, celui d’Agde et d’Orange et mourut en 543 à l’âge de 73 ans.