Occhiatana : Vincenzo

La découverte de la chapelle San Vincenzo est intéressante car elle témoigne de l’implantation du Christianisme dès la fin du 4e siècle selon les recherches de G. Moracchini-Mazel. Elle s’inscrit donc, en plus modeste, parmi les sites paléochrétiens comme Sagone, Mariana ou encore Bravone.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Occhiatana
Chapelle:
Vincenzo
Pieve:
Tuani,
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°37'59.75"N 008°59'10.11"E
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Coordonées GPS:
42°37.996’N 008°59.169’E
Altitude:
68 m

Carte IGN:
L’Île Rousse 4249 OT, entre l’Île Rousse et Lozari lieu-dit Ravanacciu 

Accessibilité:
Au sud de la T30 : avant un tournant monter vers le lieu-dit Ravanacciu jusqu'à un portique avec une statue de San Vincenzo

Modalités de visite:
propriété privée

Datation:
Fondation fin 4e siècle puis remaniement au 10e siècle
Dimensions:
6;24 m (après agrandissement) x 3,80 m

23/11/2020:
05/05/2018 accueillis par Pascal Pol

Galerie

Historique et description

 

Entre Lozari et l’Île Rousse, les cartes actuelles mentionnent un lieu-dit dénommé San Vincenzo perpétuant ainsi le souvenir d’une ancienne chapelle dédiée à ce saint. Elle se situe pourtant plus au haut au lieu-dit Ravanacciu.

Il faudra la construction d’une villa au début des années 1970 pour retrouver les vestiges de cette chapelle citée dans un acte de 1381 mentionné par G. Moracchini-Mazel  Situé sur la hauteur dominant la T 30, ce petit sanctuaire  à nef unique est en partie à flanc de colline et les murs conservés sur presque tout le pourtour en dessinent le plan. Dès le premier abord, il ne semble pas homogène et porte les traces de remaniements. On remarque par exemple que la maçonnerie du côté oriental de l’abside n’est pas liée à celle du mur et que deux types d’appareillage ont été employés : des pierres grossièrement taillées sur la grande partie de l’édifice et des blocs équarris pour la partie occidentale. Dans l’abside même, une tombe rectangulaire perturbe le plan : non centrée et creusée dans le tuf, cette tombe était recouverte de tuiles.
Les murs conservés sur un bon mètre de haut et construits de pierres sommairement dégrossies sont hourdées à la chaux et le tout donne un aspect assez rustique. Le mur sud, mieux conservé, était scandé de trois bandes murales. À la base des murs, surtout de l’abside, on relève des traces d’un enduit blanc très dur. Seule la partie ouest présente des blocs bien taillés témoignant d’un allongement d’un petit mètre portant ainsi la longueur de la nef à 6,24 m. Au centre de ce mur, on peut encore voir le seuil de la porte qui était plus haut que le niveau de la nef. Quelques marches sans doute en bois permettaient l’accès à l’édifice qui était couvert non pas d’une charpente mais d’une voûte, la faible largeur de la nef, 3.80 m, permettant ce genre de couverture. L’amorce de cette voûte est visible dans le bloc écroulé et déposé un peu au Nord.

Les quelques sondages entrepris lors de la consolidation suggèrent une histoire plus complexe que ne le supposait une première analyse. En effet, des arases de murs ont été découverts à plusieurs endroits : l’abside outrepassée repose sur le mur d’une abside antérieure plus arrondie et le mur oriental quant à lui a pour fondement l’un des murs d’une petite construction presque carrée. Deux dallages ont été décelés dans la nef : l’un est fait de pierres assez grosses et placées rapidement, l’autre, situé 40 cm plus bas, est de terre battue recouvrant des pierres disposées en épi grossier (ou hérisson). C’est à ce niveau que sont apparues les traces de la première façade.

On pourrait reconstituer l’histoire du site suivant les séquences suivantes reprises du rapport des travaux publiés dans les Cahiers Corsica : sur un petit mausolée abritant une tombe (située sous le niveau de la première nef) eut lieu la construction, sans doute à la fin du 4e siècle, d’une abside transformant l’édifice païen en chapelle chrétienne.  Plus tard, vers le Ve siècle, la chapelle est reconstruite et les murs dotés de bandes murales. Suite à l’effondrement de l’abside (?), on la reconstruit en lui donnant la forme actuelle. Enfin, peut-être à la fin du 10e siècle, l’édifice est allongé et la partie occidentale reconstruite avec les blocs bien équarris. Abandonnée anciennement (à cause des invasions barbaresques du 16e siècle ?), la chapelle servit de bâtiment rural.

Notons encore un fait particulier : l’édifice est construit sur une source dont l’eau filtre sous le mur sud, ce qui a obligé les bâtisseurs à construire une rigole.

Aucun texte ne vient éclairer les données de l’archéologie car l’unique mention est celle du lieu-dit dans le cartulaire de l’abbaye de Venerio del Tino.

 

 

Bibliographie

Abbayes primitives en Corse, VII, in Cahier Corsica, 1983, n°100-101-102, p. 85-96
Carte archéologique de la Gaula, Corse, 2013, p? 252
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 90-91
Isria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, 2005, p. 113 : un des plus petits sanctuaires
Moracchini-Mazel G., Les édifices romans de la Corse, 1967, p. 236
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p.140