

Aujourd’hui en ruines, la chapelle San Quilico porte les traces de remaniements ; sa construction remonte au 10e siècle comme on peut le voir à l’appareillage de gros blocs soigneusement taillés avec une alternance de pilastres et de contreforts.
Les ruines de la chapelle San Quilico se dresse sur une petite plate-forme en contre-bas du village à côté d’un parking aménagé par la Commune.
Le toit a disparu mais l’abside et les murs s’élèvent encore sur deux mètres de haut. L’état de conservation permet de voir que l’édifice a été remanié et l’abside complètement refaite pour présenter une voûte à lunettes.
Construite de blocs de granit polychrome, la chapelle est à nef unique de dimensions modestes (11m60 x 5,38 m). Les piliers et pilastres semi-engagés scandent les murs, tout comme à San Giovanni Batista de Marsolino.
Le mode de construction est d’ailleurs tout à fait comparable : des gros blocs ajustés avec des bourrages de fragments de briques ou de tuiles. Certains de ces blocs ont été utilisés dans la construction postérieure. Les trous de charpente ont été aménagés en décalant les blocs.
Avant d’être abandonnée au 18e siècle, elle servait d’église paroissiale et son état en 1589, n’était pas fameux : « le toit laisse passer la pluie et menace ruine…les murs sont construits en pierre solides dans lesquelles il y a des trous (de charpente) ; elle a une seule porte de façade…l’autel est sous l’abside…le mur placé à gauche de celui qui entre menace ruine mais l’autre a été réparé l’an dernier ; il y a un campanile en arcade sans cloche car les deux cloches sont brisées »(rapport de Mgr Mascardi).
Quelques décennies plus tard, même si l’édifice sert toujours au culte, son toit est en ruine et est soutenu par des poutres dressées qui coupent et divisent l’église selon le rapport de Mgr Curlo. Le rapport de Mgr Spinola en 1686 s’attarde uniquement sur les aspects liturgiques et ne mentionne aucun détail sur l’état du bâtiment. On peut donc supposer que des travaux ont eu lieu et que c’est peut-être à ce moment-là que l’édifice prend le plan que nous lui connaissons aujourd’hui : abside à trois pans, voûte à lunette et création d’une seconde porte. San Quilico, d’après une description de 1760, servait encore mais tous les éléments liturgiques importants ont été transférés dans l’église piévane San Giovanni e Trinità car « le peuple d’Aregno est confondu entre les deux paroisses » . Elle sera sans doute progressivement abandonnée.
Dans le village, une maison a englobé dans son perron des pierres sculptées qui, d’après la tradition orale, viendraient de l’église San Quilico et qui auraient pu orner l’abside.
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