Calvi : Santa Maria Vecchia

Les vestiges de la basilique Santa Maria de Calvi s’aperçoivent le mieux dans le profil de la butte dominant statue de la Porteuse d’eau. Edifiée au 4e siècle, elle a été reconstruite au 14e siècle pour être remplacée au 17e siècle par la petite chapelle que l’on voit encore aujourd’hui.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Calvi
Chapelle:
Santa Maria Vecchia
Pieve:
Calvi
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°33'55.20"N 8°45'20.26"E
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Coordonées GPS:
42°33.919’ 008°45.342’
Altitude:
13 m

Carte IGN:
Calvi 4149 OT, dans la ville en face de la gare

Accessibilité:
à  la « porteuse d'eau », la petite chapelle s'aperçoit au-dessus de l'agence du Crédit Agricole. Pour y accéder, il faut monter et faire le tour par le haut (prendre un chemin qui monte sur la gauche, dans la rue parallèle à  la nationale, prendre à  gauche et passer entre deux immeubles)

Modalités de visite:
accessible

Datation:
4es.; 14e s.; 19e siècle
Dimensions:
35m x 16,30 m

Classement monument historique:
non
23/11/2020:
15/09/2017

Galerie

Historique et description

Il est assez étonnant de découvrir les vestiges de la basilique paléochrétienne, Santa Maria Vecchia, en pleine ville. Ces vestiges sont peu mis en valeur et pourtant ils attestent de la présence d’une communauté chrétienne dès les 4e-5e siècles. Cette basilique, dressée sur un promontoire face à la mer, fut consacrée par le bienheureux Appien (au cours du Ve siècle) et dédiée, selon la Passio de sainte Restitude, à Santa Maria, San Giovanni Battista et San Salvadore. Elle connut une modification (ou une reconstruction) à l’époque génoise au XIVe siècle et garda une certaine importance malgré la construction de l’église San Giovanni à l’intérieur de la citadelle car son desservant garda le titre de piévan de Calvi jusqu’au 15e siècle au moins. Mgr Mascardi, en 1587, mentionne « qu’elle est située hors les murs du dit lieu Calvi et servait autrefois d’église paroissiale ; comme elle a été presque détruite, elle est restaurée à nouveau et ramenée à la norme d’un oratoire ». Les travaux étaient en cours car dans les recommandations, il demande « qu’on finisse les travaux commencés et que l’on fasse un cimetière à la norme prescrite ». La reconstruction fut réalisée car l’édifice apparaît clairement sur le dessin d’Accinelli daté du milieu du 18e siècle mais les proportions paraissent assez grandes ce que confirme un dessin inédit de 1829 : l’édifice est représenté avec une abside à pans coupés et une chapelle latérale. Sur ce même dessin, on aperçoit clairement la coupole de Santa Maria Maggiore construite en 1774 pour remplir les fonctions d’église paroissiale. Cet édifice assez important a complètement disparu. Aujourd’hui, une chapelle funéraire, construite au centre de la nef médiévale, surmonte une crypte profondément creusée dans le roc où reposent les défunts de la famille Rocca-Castellani.

La position des ruines, sur un promontoire à l’entrée de la ville, leur fut fatale car la construction du boulevard de la République au 19e siècle a nécessité le dynamitage d’une partie de la butte, emportant toute la partie orientale de l’ancienne basilique. La petite chapelle fut préservée et avec elle, la partie occidentale de la basilique. D’après les anciens, des milliers d’ossements ont été alors mis au jour.

À l’heure actuelle, une coupe de l’édifice apparait dans la butte : murs extérieurs, arches des caveaux funéraires, soubassements des piliers séparant les bas-côtés de la nef. Autour de la chapelle, émergent encore des bases de piliers et des bouts de murs.
Les sondages entrepris en 1961 par G. Moracchini-Mazel [3] ont permis d’établir le plan qui corrobore un dessin de 1768 montrant une chapelle et, en pointillé, le plan de l’ancienne basilique entourée d’un muret [4]. Ce même plan indique un chœur au mur plat. Sans doute l’ancienne abside a-t-elle été remplacée par un chevet plat au 14e siècle.
Les piliers et les vestiges de murs dégagés permettent de restituer un plan approximatif : la basilique aurait atteint 35 m de long pour 16,30 m de large. La nef centrale, de 8,57 m de large, est encadrée par deux bas-côtés de 3,86 m délimités par deux rangées de piliers en majorité cruciformes. Le mur sud est, par endroits, encore conservé sur plus d’un mètre de haut. Ces vestiges sont encore visibles en surface mais noyés dans la végétation. Par ses dimensions au sol, la basilique de Calvi est comparable à celle de la Canonica. Seule différence : la nef a, ici, un mètre de moins en largeur.

Calvi appartient au diocèse de Sagone mais il n’en a pas toujours été ainsi. Vu l’importance de la basilique, on peut supposer qu’il y avait un diocèse dès le IVe siècle au bord de la mer et que l’évêque résidait dans l’antique ville de Calvi de fondation romaine. Un cimetière antique a d’ailleurs été découvert, au pied de la basilique, lors des travaux du chemin de fer. Ce diocèse n’a pas été reconstitué au Moyen-Âge et Calvi est mentionnée en 1468 comme piévanie à elle seule (en souvenir de l’ancien diocèse ?).

Bibliographie

Archives du Génie, dépôt de Vincennes, carton Calvi n°1, 1740 à 1818, pièces 1 à 10205
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 42-44
Franzini A., Belgodere de Bagnaja L., Les visites pastorales en Balagne entre les XVIe et XVIIIe siècles, 2020, p. 127, 165
Guide Bleu, voir Calvi
Istria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, XIe-XIVe siècle, 2005, p. 432
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 205
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 202
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 198, 280
Moracchini-Mazel G., Les monuments paléochrétiens de la Corse, 1967, p. 103-111
Moracchini-Mazel G., Les monuments et oeuvres d’art de la Corse, Calvi, Cahiers Corsica 18-20, 1972, p. 4