Azzana : San Nicolao

Eglise reconstruite mais offrant deux éléments romans : une sorte de campanile fait de beaux blocs et un bénitier présentant trois cupules et décoré de godrons dont la forme ressemble à celui de Salice.

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Village:
Azzana
Chapelle:
San Nicolao di Bari
Pieve:
Cruzini
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°07’13.67"N 8°56’06.67"E
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Coordonées GPS:
42°07.138’N 8°56.068’E
Altitude:
444 m

Carte IGN:
Monte d’Oro 4252 OT , point 4201,8-545,2 marqué S. Nicolas Rnes

Accessibilité:
Laisser la D 104 un peu avant Azzana (en venant du pont du Cruzini) et prendre le sentier de randonnée qui part vers la droite et longe la route : environ 20 minutes à pied

Modalités de visite:
accessible (ruines)

Datation:
fin 11e siècle, reconstruction tardive
Dimensions:
8,90 m x 5,60 m

23/11/2020:
30/04/2015

Galerie

Historique et description

Petit village de montagne, Azzana domine la vallée du Cruzini. Un des chemins de randonnée passe sur la hauteur à côté d’un édifice ruiné construit de pierres agencées sans beaucoup d’ordre. En franchissant la porte sud, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une ancienne chapelle dont l’autel, orienté à l’ouest, est légèrement surélevé.  Il s’agit de la chapelle San Nicolao, dite de Bari, visiblement reconstruite et remaniée.
Malgré son état, l’édifice offre deux particularités..
La première réside dans la présence d’une sorte de campanile se dressant dans l’angle sud-est et construit de beaux blocs gris bien appareillés et agencés sans mortier. La base évasée présente un soubassement en talus. Les blocs, calés entre eux par de petits cailloux, semblent accolés aux murs postérieurs de facture totalement différente et nettement moins soignée.
Cet étrange campanile suggère qu’un édifice roman de la fin du 11e siècle-début 12 e siècle aurait pu précéder la chapelle actuelle.
La deuxième surprise consiste en la découverte d’un bloc sculpté gisant dans l’angle nord-est. Il s’agit d’une pierre arrondie dont la partie supérieure a été taillée de façon à présenter trois cupules de dimensions différentes : une grande prenant la moitié du cercle et deux petites se partageant l’autre moitié. Les côtés sont décorés de godrons (motif de cornets jointifs).
Cette disposition est semblable à celle de la cuve baptismale de San Giovanni de Salice située à une dizaine de kilomètres de là. Ce type de cuve baptismale à trois (ou parfois deux) compartiments a perduré durant des siècles et nombreuses sont les églises qui présentent encore ce type de cuve, parfois enfermée dans une armoire aux panneaux de bois. Les trois cupules permettent d’y placer les éléments nécessaires au baptême : l’eau, le sel et l’onguent.

L’appellation saint Nicolas de Bari, reprise par Sophie Cueille, fait probablement référence à la basilique construite en Italie du Sud entre 1087 et 1197 pour accueillir les reliques de saint Nicolas, volées en Turquie sous les Seldjoukides pour les conserver en terre chrétienne. Saint Nicolas, né à Patara (Turquie du Sud), fut évêque de Myra au 4 e siècle. On connait peu de choses concernant sa vie, à part quelques légendes dont celle des trois petits enfants sauvés du saloir. Il fut vénéré dès le 10 e siècle dans une grande partie de l’Europe et l’est encore de nos jours.

 

Bibliographie

Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 156-157
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, 2, p. 278 (mention à Rezza)
Restitution de l’étude d’inventaire des communes Cruzini-Cinarca, 2013, p.20