Meria : Martino

San Martino, situé sur une hauteur, est émouvant : malgré son triste état, la chapelle présente sur l’abside un décor extérieur qui pourrait s’inscrire dans les premières manifestations d’un style qui s’épanouira dans le courant du 10e siècle pour G. Moracchini-Mazel, du 12e siècle pour R. Coroneo.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Meria
Chapelle:
Martino
Pieve:
Luri
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°55'39.68"N 9°24'56.79"E
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Coordonées GPS:
42°55.667'N 009°24.945'E
Altitude:
184 m

Carte IGN:
Cap Corse 4347OT à l'ouest de Meria, point marqué San Martinu chap.

Accessibilité:
Sur la D35 en venant de la marine de Meria, avant l’embranchement vers le hameau de Pastina et un pont, prendre un petit sentier qui, anciennement, était bien marqué et qui conduit à la chapelle après une bonne montée (10 minutes). Le tout est envahi par la végétation comme la chapelle.

Modalités de visite:
En 2013, accessible mais bon équipement (ronces). Ruines dangereuses

Datation:
10e siècle pour G. Moracchini-Mazel, 12e siècle pour R. Coroneo
Dimensions:
7,25 m x 4,50 m

23/11/2020:
28/04/2013

Galerie

Historique et description

San Martino d’Acquafrigida, appartenant à l’abbaye de la Gorgone et mentionnée dans la bulle du pape Innocent IV en 1251 et dans celle de Paul III en 1538, se dresse sur une hauteur en face du hameau de Pastina. Elle est aujourd’hui dans un piètre état : elle est envahie par la végétation et son toit s’est écroulé. L’accès en est dangereux.
Son intérêt réside dans le décor extérieur de l’abside reposant sur un petit soubassement : sous le toit en teghie se dessine une corniche formée d’une double rangée de pierres mises en avancée et une succession de petits arcs en tuffeau reposant sur des petits piliers engagés. L’exécution en est assez maladroite. Peut-être faut-il y voir une réalisation antérieure aux décors qui fleuriront à San Michele de Sisco (1030) ou à San Quilico d’Olcani pour ne reprendre que des exemples du Cap, ce qui impliquerait une datation du tout début du 10e siècle.
La fenêtre meurtrière de l’abside est aujourd’hui obturée ainsi que la croix ajourée du fronton est. La nef unique (de 7,25 m x 4,50 m) se termine par une abside semi-circulaire voûtée en cul de four. L’arc triomphal est formé de petites pierres plates. Un autel baroque ferme l’abside. Deux portes y donnent accès : l’une à l’ouest, l’autre au sud. Cette dernière est surmontée d’un arc en plein cintre taillé dans une grande pierre rectangulaire. Des remaniements sont visibles : contrefort sur le mur nord, fenêtre carrée au sud ainsi que le clocheton.
La chapelle, dont le décor de l’abside a été consolidé par la Fagec, succède sans doute à un édifice antérieur. Sa situation dominant le paysage jusqu’à la mer lui a peut-être donné aussi un rôle de surveillance.

Bibliographie

Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 299-300
Isria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, 2005, p. 133
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, p. 32
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, p. 296
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, t. 2 p. 428

Internet
Jalladeauj.fr
https://m3c.universita.corsica/s/fr/item/