

Les ruines de San Marcello se dressent dans un maquis très dense. Les murs de plusieurs mètres de haut sont envahis par la végétation mais témoignent d’une construction peut-être attribuable au Xe siècle.
Les trois chapelles romanes de Meria se trouvent toutes le long de la D35 suivant le cours de la Meria, San Marcello étant la plus proche de la marine actuelle.
Les ruines se situent à mi-pente vers le village actuel le long d’un chemin muletier qui reliait Meria à la vallée. Dominant donc d’une vingtaine de mètre la rivière, elles ont peine à se maintenir dans un maquis haut et dense. Les murs sont conservés pourtant sur presque l’intégralité de leur hauteur avec des effondrements partiels dus à la poussée des arbres.
L’édifice présente actuellement un plan rectangulaire à nef unique de 10,20 m sur 3,45 m de large avec un chevet plat. Une porte, ménagée dans la façade occidentale y donne accès. Le linteau extérieur de celle-ci est en pierre tandis que le linteau intérieur est en bois. G. Moracchini-Mazel mentionne une seconde porte du côté nord qui devait se situer dans la partie effondrée actuellement.
La nef était éclairée par deux fenêtres ébrasées au parement de schiste pour l’une, de tuffeau pour l’autre.
Les murs sont construits de pierres taillées grossièrement dans le fil d’un schiste gris ou jaune. Dans le mur nord, on décèle une reprise de la maçonnerie mais avec les mêmes matériaux. Il pourrait s’agir d’un allongement de la nef vers l’Est et de la transformation de l’abside semi-circulaire en chevet plat. Mais c’est une pure supposition.
On constate dans l’angle sud-est, la présence d’un gros bloc en tuffeau percé d’un trou. Un bloc semblable se trouve à San Pietro de Canavaggia. S’agit-il d’un trou pour fixer une poutre soutenant une cloche ? G. Moracchini-Mazel y voit un élément provenant d’un autre monument.
A l’intérieur de la nef aux murs très soigneusement construits, on constate des traces de truelle dans le mortier (surtout dans le bas du mur nord) rappelant les maçonneries de Santa Marie delle Nevi à Brando et datées peut-être du Xe siècle.
D’après la tradition orale, cette chapelle aurait été construite sur l’emplacement d’un temple païen d’où proviendrait une inscription romaine dédiée à Germanicus et conservée dans la sacristie de l’église paroissiale. Mais le site n’a livré aucune autre trace romaine contrairement à celui de San Paolo.
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p.297-298
Meria, Inventaire du Patrimoine, Petre Scritte, p. 35
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 36
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 211