Corbara: Corbara : Maria de Lazio

Il ne reste de l’édifice roman que quelques blocs sculptés réutilisés dans le mur d’enceinte et dans les murs de l’église baroque érigée sur une terrasse. La beauté du lieu et la vue méritent un arrêt.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Corbara
Chapelle:
Santa Maria de Lazio
Pieve:
Aregno
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°36'06.72"N 8°54'36.26"E
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Coordonées GPS:
42°36.109’ 8°54.586’
Altitude:
259 m

Carte IGN:
Ile Rousse 4249 0T, point marqué ND du Lafio ou de Lazio

Accessibilité:
en voiture ; à  1,5 km de Corbara sur la route D 151 vers Pigna, en léger contrebas ; mur d'enceinte

Modalités de visite:
blocs visibles sur murs extérieurs de l'église ; intérieur : tel mairie 04 95 63 06 50

Datation:
blocs sculptés 11e siècle

Dimensions:
église baroque

Classement monument historique:
1983
23/11/2020:
16/04/2016

Historique et description

Santa Maria de Lazio est aujourd’hui une ravissante église baroque tout récemment restaurée et repeinte.
Elle remplace une chapelle romane détruite en 1758 car trop exiguë. D’après les témoignages, la façade de cette chapelle présentait tout un décor sculpté.
C’est sans doute de là que proviennent les quelques blocs réutilisés dans l’édifice baroque : un motif en méandre (côté nord), une petite tête (chevet) et deux animaux dans un cartouche sur une moulure en cordelette (côté sud). Enfin un quatrième orné de stries obliques se trouve à la base du mur d’enceinte du côté de la route.

Deux petites têtes proviendraient aussi de la chapelle. L’une est englobée dans un mur intérieur de la chapelle de Notre-Dame des Sept Douleurs et l’autre dans une des fontaines de Salicastri.

Ces blocs permettent d’avancer la date du  11e siècle pour une chapelle qui aurait remplacé un édifice précédent construit en même temps que le château de Guido de Sabelli au 9e siècle. Guido de Sabelli faisait partie du corps expéditionnaire envoyé par le pape Etienne IV en 816 pour chasser les Sarrasins. Il reçut la vallée comme fief et lui donna le nom de sa province d’origine : Latium, d’où le nom de Notre-Dame du Lazio. D’autres appellations furent inspirées par Rome et ses environs : U monte Celiu (du Mont Coelius), U Tiberone (Tibre) pour le petit ruisseau, Pigna (faubourg de Rome) pour le village voisin , Via Appia pour la route et Monte San Angelo.

L’endroit est superbe dominant la vallée et déjà dans l’antiquité il abritait un temple dédié à Diane.
L’église était fort vénérée et, au 15e siècle, les familles seigneuriales des environs voulaient toutes y être inhumées ! L’endroit est, il est vrai, plein de charme et de calme et vaut une halte. Il se situe entre le village de Pigna et le couvent de Corbara, deux autres lieux à découvrir.
En 1589, Mgr Mascardi mentionne cette église qu’il qualifie de « archipresbitérat et qui est suffisamment grande et construite à l’intérieur comme à l’extérieur de pierres solides ; elle a un toit qui laisse passer la pluie et menace ruine… La statue de la Vierge a été érigée en 1480 par la dévotion de P. Ritalis (ou Vitalis) archiprêtre d’Aleria ». Le toit est dans un état semblable en février 1616 ce qui ne semble pas troubler les cérémonies. Car c’est la ferveur du peuple qui frappe le visiteur apostolique en 1616 : « l’église Santa Maria del Lazio est l’ancienne paroisse de Corbara ; il y a une statue de la très bienheureuse Vierge et de l’enfant Jésus sculptée en marbre qui est l’objet d’une grande dévotion », fait confirmer dans un autre rapport de 1760-1770 qui parle de miracles et d’un attachement à une foi particulière . Il est regrettable que ce dernier rapport ne donne aucun détail sur l’architecture car, d’après nos connaissances, à ce moment l’église a été entièrement reconstruite pour prendre l’aspect baroque que nous lui connaissons aujourd’hui. On peut encore y voir la jolie statue de la Vierge à l’Enfant datant du 4e quart du XVe siècle et mentionnée dans les rapports évoqués.
 

 

 

Bibliographie

Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 53-54
Franzini A., Belgodere de Bagnaja L., Les visites pastorales en Balagne entre les XVIe et XVIIIe siècles, 2020, p. 73, 237, 375, 597
Haute Corse, Gallimard, voir Corbara
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 345

Internet :


corsicatheque/histoire(patrimoine)/eglises, chapelles et couvents
Site de la commune de Corbara : www. Corbara.fr/index.php
https://m3c.universita.corsica/s/fr/item/112798