Sisco: Sisco : Santa Catarina

Lieu de pèlerinage très important au 15e siècle, l’ensemble de Santa Catarina (ou Catalina) est bien différent des autres sites. L’église a été remaniée pour accueillir des grandes foules, englobant un petit oratoire bâti sur une grotte. Le style pisan se reconnait à la décoration extérieure des arcatures notamment.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Sisco
Chapelle:
Santa Catarina
Pieve:
Sisco
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°49'02.77"N 9°29'12.47"E
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Coordonées GPS:
42°49.055’N 9°29.191’E
Altitude:
82 m

Carte IGN:
Cap corse 4347 OT au nord de la marine de Sisco, point 4283,1-584,7 marqué Santa Catalina anc. couv.

Accessibilité:
en voiture ; au nord de la marine de Sisco sur la D80, prendre un chemin à  gauche

Modalités de visite:
s’adresser à  la mairie (04 95 35 20 01)

Datation:
église du 15e siècle reconstruite sur site du 12e siècle

Dimensions:
chapelle 10 m x 8 m ; pseudo transept : largeur :12m

Classement monument historique:
1957
23/11/2020:
29/04/2013

Historique et description

L’histoire de cette église dominant la mer est intéressante.
Il y avait, au 12e siècle, un petit oratoire construit sur une grotte. La légende raconte que, pris dans une tempête, des marins firent le vœu de déposer les reliques qu’ils transportaient dans la première église venue. Le beau temps revenu, ils oublièrent leur vœu mais une nouvelle tempête les obligea à tenir leur promesse et ils déposèrent finalement les reliques dans le petit oratoire de Sisco qui devint un lieu de pèlerinage. C’était en 1255.
Dans le second quart du 15e siècle, des religieux vinrent s’installer et construisirent leur résidence dans l’angle sud-ouest. et ouvrirent un hopital
Vu le succès des pèlerinages, on dota la chapelle d’un pseudo-transept de 18 m de long et de 6,80 m de large pour permettre la circulation des pèlerins avec deux portes d’accès (1453 date gravée sur un bloc de la façade occidentale). Peu de temps après (avant 1469), on avait déjà agrandi la nef et l’abside pour remplacer la chapelle devenue trop petite. Cette nouvelle chapelle atteignait 10m de long sur 7,80 m de largeur. Ces modifications successives ont pour résultat des bâtiments qui s’emboitent bizarrement puisque les bâtiments conventuels cachent une partie de la façade et que les portes ne sont pas dans l’axe de la nef.
Ces agrandissements furent payés par les aumônes et les gens du pays. Un hôpital fut également construit pour héberger les infirmes qui affluaient chaque jour espérant un miracle comme il s’en produisait journellement selon la tradition.
L’édifice malgré ces transformations garde des caractéristiques pisanes. La façade occidentale est scandée par une corniche aux arcs décorés d’une cordelière reposant sur des modillons gravés ou sculptés. A l’angle nord-ouest, la corniche commence par un motif d’une main fermée brandissant une croix, plus loin des fleurs stylisées, des rosaces, des étoiles, des cordelières, des feuilles, colonnettes, des visages humains ….Huit céramiques de couleur complétaient le décor.
Les deux portes sont surmontées d’un grand arc en plein cintre aux claveaux ornés de cordelière, de rosaces, de figures géométriques. A la base de l’arcature (à droite) une pierre mentionne la date de 1443. Deux arcs plus petits, aux motifs plus simples, soulignent les portes.
La corniche observée sur la façade occidentale se prolonge sur les murs latéraux avec le même type de décor ; on y observe des fenêtres meurtrières.
L’abside paraît très haute. Elle reprend en effet deux niveaux : celui de la rotonde ou Tomboli et celui de la chapelle.
Les pèlerins rentraient par une des portes et allaient en procession dans la crypte ou tomboli en descendant par un escalier aménagé près du chœur ; ils empruntaient un étroit couloir, passait devant le petit autel et remontaient par l’autre côté. Ce dispositif, réalisé au 15e siècle, est assez curieux. Peut-être faut-il y voir une copie du célèbre monument du Saint Sépulcre de Jérusalem.
Lors des grandes cérémonies, les reliques étaient présentées du haut d’un jubé situé dans le fond de l’église, à la hauteur de la grande rosace vitrée. Elles pouvaient ainsi être vues tant de l’intérieur que de l’extérieur.
Ce jubé est soutenu par un pilier ou chaire décoré d’une cordelette et au chapiteau présentant deux lions.
Il reste peu de traces du décor intérieur : de vagues traces de peinture, quelques chapiteaux de pilastre et les consoles soutenant la charpente de la toiture.
Au début du 16e siècle, une tour est ajoutée pour servir de logement aux gardes chargés de défendre les reliques contre les invasions mauresques. Plus tard, les reliques furent transférées dans l’église San Martino de Sisco (fin 16e siècle). Elles sont visibles dans une armoire de la sacristie.
L’ensemble, chapelle, couvent et tour, offre une vue magnifique.
Le site a été sauvé de la dégradation grâce à l’action de l’abbé Bertoni dans les années 1960 (réfection du toit notamment). Il appartient en partie à la commune qui l’a transformé en lieu d’accueil (U Casale Santa Catalina).

Bibliographie

Arnoux-Gabrielli A., Eglises romanes de Corse, 2016, p. 212
Berti G., Tongiorgi L., Les céramiques décoratives sur les églises romanes de Corse, Cahier Corsica 53, 1975, p. 17
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 161
Guide Vert, 2009, p. 124
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 31-32
Mérimée P., Notes d’un voyage en Corse, 1840, p. 148-154
Moracchini G., Carrington D., Trésors oubliés des églises de Corse, 1959, p. 11-12 pl. 35-36
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 172
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse,1967, t. I p. 163-167, t. 2 p. 244-245
Moracchini-Mazel G. et alii, Les reliques de Sisco (Haute Corse), Cahiers corsica, 160-161, 1994, p. 1-32
Sites remarquables vus du ciel, 2010, p. 13

Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/gaugert : Gaubert, Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886-1889), planche VII
Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr (tour de Sisco)