Altiani: Altiani : San Giovanni Evangelista

Petite chapelle champêtre blottie sur les bords du Tavignano, aux abords d’un pont génois, un des plus beaux ponts de Corse.
Comme bien d’autres chapelles, sa datation fait débat : elle aurait été reconstruite en 1600 avec des matériaux d’une chapelle précédente.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Altiani
Chapelle:
San Giovanni Evangelista
Pieve:
Rogna
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°13'20.74"N 9°15'55.05"E
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Coordonées GPS:
42°13.347’ 009°15.908’
Altitude:
179 m

Carte IGN:
Cervione 4351 OT , à  l'endroit où la N 200 enjambe le Tavignano, point 4215-571,9 marqué San Giovanni anc. Chap.

Accessibilité:
en voiture ; à  17 km au sud de Corte sur la route d'Aléria, au bord du Tavignano et à  proximité du pont génois doublé récemment par un pont moderne ; en venant de Corte, passer sur le pont puis prendre immédiatement à  gauche ; en venant d'Aleria, prendre à  droite avant le pont

Modalités de visite:
extérieur accessible

Datation:
10e-11e siècles ; reconstruite en 1600

Dimensions:
11,50m x 6,50 m

Classement monument historique:
1977
23/11/2020:

Historique et description

Erigée au bord du Tavignano, la chapelle San Giovanni di u ponte a u larice semble veiller sur le pont génois.
Détruit par une crue exceptionnelle en hiver 1684, ce pont à trois piles et trois arches en pierres de taille fut reconstruit en 1697 par le gouverneur génois Ambroggio Imperiale. Elargi par les Français en 1780, il servit jusqu’en 2012, date de la mise en service du nouveau pont plus adapté au trafic moderne.
La chapelle San Giovanni Evangelista est toute modeste, son abside semblant à peine dépasser du sol. Elle est pourtant très intéressante : appareillée avec des rangées de pierres bien taillées, alternées avec des lits de pierres plates, elle constitue, pour G. Moracchini-Mazel, un exemple de l’aboutissement de l’évolution de l’architecture préromane et annonce le premier art roman du 11e siècle.
La nef unique, 10,50 m x 4,75 mm, se termine par une abside semi-circulaire voutée de très petites pierres noyées dans un mortier de chaux. L’arc triomphal est formé de 36 claveaux minces agencés avec précision. L’extrados et l’intrados ne sont pas concentriques. Une petite niche est aménagée dans la partie sud de l’abside et une banquette est disposée au pied du mur nord sur les 3/4 de de sa longueur. Notons encore que la nef, en léger contre-bas du côté ouest, est dallée.
Deux portes donnent accès à l’intérieur : l’une à l’ouest, l’autre au sud, toutes deux formée de piédroits monolithes surmontés d’un linteau.
Les fenêtres meurtrières (une de chaque côté et une au centre de l’abside) s’ornent de piédroits monolithes et d’une archivolte en arc.
Sur le mur sud, on aperçoit plusieurs inscriptions faisant allusion à des réfections des 17e et 18e siècles : Malissandro fecet…1600, Maestro Alissandro m’a construite en 1600, plus loin sur un bloc porte la date de 1663 ; ou encore 1742.
A la base du mur sud et de l’abside apparait un autre type d’appareillage. Il se pourrait qu’un autre édifice ait précédé celui-ci.
Cette petite chapelle champêtre, dite « monachia » et actuellement désaffectée, était dédiée à San Giovanni Evangelista et non à San Giovanni Battista. On n’y célébrait donc pas de baptême (acte notarié de 1721 mentionné par Geneviève Moracchini-Mazel dans Corsica Sacra).
L’histoire de cet édifice est sujet à débat. D’après les dernières études, la chapelle aurait été reconstruite entièrement en 1600 par maitre Alissandro qui aurait réutilisé une partie des pierres taillées provenant de l’église romane ruinée.

Bibliographie

Arnoux-Gabrielli A., Eglises romanes de Corses, 2016, p. 174
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 52, 170, 179-181
Guide Vert, 2009, p. 276
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 263
Istria D. dans Corsica christiana, 2001, 2, p. 32, notice 52
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 86
Monuments de Corse, 2003, p. 96-97
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 317-319
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 330-331

Internet


coggia.com/coggia-sagone/dossiers/Gaubert : Gaubert ; Recherches sur les origines de la Corse par les monuments (d’après les dessins pris sur place dans les années 1886)1889), planche X
Corsicatheque/histoire(patrimoine)/eglises, chapelles et couvents
Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
France-romane.com
Verges.jeanmarie.free.fr
Decouvrirlacorse.chez.com/romanes