Calenzana-Marsolino: Calenzana-Marsolino : S Giovanni Battista

Dans la vallée de la Marsolino, les ruines de l’église San Giovanni Battista surprennent par leur position au milieu de la vallée. Cette grande église, qui devait être joliment construite, est réduite à l’état de ruines. La façade ouest témoigne du soin accordé à son édification.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Calenzana (commune de), vallée de Marsolino
Chapelle:
San Giovanni Battista
Pieve:
Armito
Diocèse:
Sagone

Coordonnées Google Earth:
42°27’ 33.13"N 8°44’06.43"E
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Coordonées GPS:
42°27.548’ 008°44.098’
Altitude:
204 m

Carte IGN:
Calvi 4149 0T, Marsolino, lieu-dit Pieve, point marqué Eglise St Jean Rnée

Accessibilité:
de Calvi prendre la D 81, passer le col de Marsolino. Dans la descente, prendre la première route cantonale à  droite. Poursuivre jusqu'à  quelques habitations. Les ruines se trouvent un peu en hauteur à  côté d'une maison (plus haut que la fromagerie). Le hameau est intitulé Pieve sur la carte. 30 m à  pied après stationnement de la voiture.

Modalités de visite:
ruines accessibles

Datation:
3e quart 11e siècle

Dimensions:
21m x 8,50 m

Classement monument historique:
-
23/11/2020:
27/09/2012

Historique et description

C’est dans la vallée du Marsolino, au lieu-dit Pieve, que se dressent les ruines de l’église piévane San Giovanni Battista entourée de quelques maisons.
Si les alentours sont bien dégagés, les ruines elles-mêmes sont envahies par la végétation. Seule la façade occidentale, haute d’environ 6 m, est bien visible. Cette façade, restaurée lors des travaux de la FAGEC en 1976 puis poursuivis en 1981-1982, est percée d’une porte surmontée à l’extérieur d’un arc en plein cintre et, à l’intérieur, d’un tympan triangulaire. Elle présente un bel appareillage composé de dalles de granit jaune et gris taillées avec soin ; entre les blocs se perçoivent des fragments de lauzes et de briques romaines rouges remployés en calage.
Les murs-gouttereaux sont conservés, à certains endroits, sur deux ou trois, voire quatre, assises de pierres. On peut encore y distinguer la base de pilastres engagés larges de 0,22 m, épais de 0,07 m et distants d’environ 2 m ou 2 m 30.
L’édifice n’étant pas exactement orienté Est-Ouest, le chœur est dirigé vers le Nord-Est et se perd sous les amas de pierre et la végétation. Il devait aussi y avoir des pilastres peu saillants scandant l’abside si l’on en juge par le seul bloc visible.

Avant la restauration de la façade, des travaux effectués en 1976 ont permis de dresser le plan de l’édifice et de mieux connaître son histoire. Le plan tout d’abord : l’église est particulièrement longue par rapport à sa largeur (21m x 8,50 m). Son histoire ensuite : un sondage pratiqué dans la partie sud de l’abside a mis au jour le parement d’un mur rustique datable du haut Moyen-Âge ; puis, sous l’assise de fondation, un autre mur semi-circulaire solidement bâti avec de la chaux grise sans doute de l’époque paléochrétienne. Il se pourrait donc que l’église ait connu trois stades de constructions. Élément confirmé à l’époque par la découverte de trois sols superposés.

Le chœur devait abriter trois autels (seule la base de l’autel sud a été retrouvée) mais aucun vestige des installations liturgiques n’a pu être décelé car le sol a été profondément perturbé au cours du temps par l’installation notamment d’un édifice (tombe ou chapelle tardive) construit avec les pierres de l’église romane et occupant la moitié nord-est de la nef. Une dizaine de pierres courbes, éléments de tuffeau et blocs de granit, témoignent pourtant de l’existence de deux colonnes qui devaient atteindre environ 0,78 m et 0 ,68 m de diamètre. Peu d’éléments décoratifs ont été retrouvés : un modillon et une archivolte entière et un fragment.

Les vestiges témoignent d’une construction soignée : pierres bien appareillées, alternance de blocs minces et larges, niveaux rattrapés par des petites pierres, intersection avec des lauzes ou des morceaux de bois, présence de minces contreforts aux angles de la façade. Tous ces éléments suggèrent une datation de la fin du 11e siècle selon G. Moracchini-Mazel.
L’édifice devait être percé de fenêtres en meurtrières surmontées d’archivoltes, comme le suggère la seule pierre conservée et aujourd’hui déposée sur le mur sud.
Il a été en partie démoli à la fin du 19e siècle : ses pierres furent démontées pour être réutilisées dans la construction d’un pailler et d’une aire de battage se trouvant dans la proximité immédiate.
Des tuiles et autres témoignages attestent que cet endroit avait déjà été occupé à l’époque romaine et jusqu’au Moyen Age comme en témoignent les traces d’un niveau paléochrétien du 4e siècle (abside et au sud de l’église mis au jour lors de la construction de la maison toute proche) et d’un mur d’un édifice du 6e siècle (rapide dégagement du parement nord de l’abside).

Bibliographie

Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 36-39
Les églises piévanes de Corse de l’époque romaine au Moyen Age XX La piévanie d’Armito-Marsolino, Cahiers corsica, 168-169, 1995, p. 199-218
Morrachini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 1 p. 69-70, t. 2 p. 268-269