Morsaglia: Morsiglia : San Agostino Prtps 2017

Le site de la chapelle Sant’Agostino est de toute beauté : il domine le paysage offrant une vue magnifique sur la mer et les montagnes environnantes. Inconvénient de cette situation exceptionnelle, la chapelle est frappée de plein fouet par les intempéries et le vent parfois violent. C’est ainsi que le toit s’est envolé alors que d’après les récits, il était encore en place en 1991 et que dernièrement, en 2021, le mur occidental s’est effondré en partie.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Morsiglia
Chapelle:
Agostino
Pieve:
Luri
Diocèse:
Mariana

Coordonnées Google Earth:
42°56’4330"N 009°22’49.33"E
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Coordonées GPS:
42°56.723’N 9°22.852’E
Altitude:
524 m

Carte IGN:
Cap corse 4347 OT au Nord de ND des Grâces, marqué Sant Agostino Chap Rnée

Accessibilité:
De Morsiglia, prendre la route vers la chapelle Notre-Dame des Grâces et continuer vers le col. Au col, prendre sur la gauche et continuer à pied plein ouest jusqu’au sommet où est perchée la chapelle (une quinzaine de minutes à partir du col)

Modalités de visite:
accessible

Datation:
préromane fin 9e - début 10e siècle (Moracchini-Mazel), moitié 12e-début 13e siècle (Coroneo)

Dimensions:
9,60 m x 4,37 m

Classement monument historique:
23/11/2020:
07/09/2023

Historique et description

:
Perchée sur colline rocheuse à plus de 550 m d’altitude au-dessus de la vallée de Morsiglia, la chapelle Sant’Agostino occupe une position extraordinaire : la vue est superbe vers la pointe et la côte occidentale du Cap Corse et la mer en constitue l’horizon. On y accède après une montée d’une trentaine de minutes en partant de la chapelle Notre-Dame des Grâces.

Agrippée au rocher, la chapelle est perdu sa charpente dont il ne reste qu’une seule poutre. Le toit était encore en place en 1991 suivant la description de Stephane Massiani. En 2021, c’est l’angle nord-ouest qui s’est effondré.
De nef unique terminée par une abside semi-circulaire, elle est de dimensions moyennes, 9,60 m sur 4,30 m. L’abside, reposant sur le rocher est en partie dégradée car l’encadrement de la fenêtre absidiale a disparu ce qui a entrainé la chute des pierres de parement environnant.
Portant de nombreuses traces de remaniements, l’édifice d’origine semble être construit de pierres longues et plates de schiste gris, brun ou jaune taillées dans le fil de la pierre assemblées au mortier de chaux.
La seule porte, pratiquée dans le mur occidental, ne comporte aucun dispositif notoire. Le mur occidental qui semble d’ailleurs avoir été refait avec les matériaux d’origine, s’est effondré en 2021 suite à la chute du linteau de la porte. Il est vrai qu’en 2017 lors de notre premier passage, ce mur occidental accusait un certain gonflement. Trois marches permettent d’accéder à la nef éclairée par deux petites fenêtres carrées, une de chaque côté. L’intérieur est en grande partie recouvert de crépi.
L’abside recouverte d’une voûte en cul de four a conservé, à l’intérieur, l’encadrement de la fenêtre absidiale dont l’ébrasement est fait de petites pierres en tuffeau avec une archivolte taillée en arc brisé. Le tuffeau est aussi le matériau utilisé pour les gros claveaux de l’arc triomphal. Plusieurs couches d’enduit peuvent encore se percevoir sur la voûte, certains avec des traces de couleur.
Un remaniement, sans doute à l’époque baroque, a barré l’abside par deux petits piliers qui devaient probablement soutenir un grand tableau disposé derrière l’autel en maçonnerie. Celui-ci repose sur un soubassement débordant.
Sur les côtés de la nef, deux banquettes sont disposées sur la quasi-totalité de la nef dont le sol est pavé.
Par comparaison avec d’autres édifices à l’appareillage de pierres taillées dans le fil comme San Giorgio de Sipali et le soin de la maçonnerie plus élaboré qu’à Santa Maria de Petroso ou San Giovanni de Ghisoni, G. Moracchini-Mazel propose de dater l’édifice de la fin du 10e-début 11e siècle comme San Giovanni de Venaco ou San Salvadore de l’Aquaio de Favallelo. Pour R. Coroneo, en revanche, cette chapelle est positionner plus tard entre la moitié du 12e et la moitié du 13e siècle.
G. Moracchini-Mazel remarque que de nombreuses traces d’occupation sont visibles tout autour de l’édifice : murs d’enceinte rustique entourant le rocher, escaliers taillés dans le roc pouvant mener à des aires de feux, alignements divers et vestiges de maisons dispersées. Quelques marches taillées dans la roche sont aussi visibles au pied de l’abside. De par sa situation, l’édifice est un point de repère notamment pour ce qui vient de la mer

Cette chapelle dépendant des Bénédictins de la Gorgone est mentionnée, sans doute, dans une bulle du pape Paul III qui en 1538 confirme une donation remontant à Innocent IV en 1251.
La fête annuelle du 28 août n’est plus célébrée depuis 1914 et depuis lors l’édifice était complètement à l’abandon ce qui a engendré les fortes dégradations survenues au cours du temps. A présent, la situation a changé car l’association des « Amis de la chapelle Saint-Augustin » a monté un dossier de déclaration préalable en juillet 2023 et espère récolter les fonds nécessaires à la restauration de l’édifice.

Bibliographie

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, architettura e scultura (XI-XII secolo), 2006, p. p. 170
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p.331-333
Isria D., Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse, 2005, p. 133
Massiani St., La Corse et ses église romanes, 1991, p. 27
Moracchini-Mazel G., Les édifices romans de la Corse, 1967, p.211, 428-429
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p.107-108, 295
Moracchini-Mazel G., in A Cronica, HS, 1994, n°2 p. 23

Internet
https://chapelle-Morsiglia.fr