

L’église San Giorgio a été reconstruite en englobant des éléments romans surtout visibles sur la façade occidentale. De très jolies pierres en serpentine verte présentent un décor de palmettes, de fleurs stylisées et d’entrelacs. L’intérieur vaut une visite pour des œuvres du 17e siècle.
L’église paroissiale de Quenza, San Giorgio, a été construite au 17e siècle pour remplacer un édifice roman mentionné par Mgr Mascardi en 1587.
A-t-elle été entièrement reconstruite ou a-t-elle englobé des parties anciennes ?
On peut se poser la question en regardant attentivement les murs extérieurs. Sur le mur sud, par exemple, entre les deux avancées des chapelles latérales, on discerne un mur formé de moellons bien taillés ; plus loin c’est la trace d’un mur que l’on aurait prolongé. Quoiqu’il en soit, des nombreuses pierres ont été réutilisées, comme ces pierres rondes ou encore cette archivolte d’une fenêtre meurtrière.
Mais c’est surtout la façade occidentale qui offre le plus d’intérêt : sous les rampants du toit apparaissent des pierres sculptées en serpentine verte : au centre, un important bloc orné de palmettes, deux blocs en saillie avec des feuilles stylisées et plusieurs pierres plates présentant des entrelacs de part et d’autre d’une pierre ronde décorées de fleurs ou de pétales.
L’intérieur vaut une visite car l’église renferme des chefs d’œuvre d’époques différentes, notamment une Vierge en majesté polychrome du 13e siècle. Du 17e siècle : un Saint Stéphane en bois, deux panneaux peints présentant huit Saints (en cours de consolidation) et une curieuse toile peinte représentant la passion. La charpente en bois repose, du côté du chœur, sur deux corbeaux sculptés l’un d’une tête de cheval, l’autre d’un dragon, animal que l’on retrouve aussi sur les pieds soutenant la chaire de vérité. Un beau bénitier en marbre se trouve près de la porte.
L’église, restaurée en 1875 et 1898 suite à des dégâts occasionnés par la foudre, fait l’objet de recherches car à plusieurs endroits des sondages ont été effectués pour retrouver, sous le plafonnage, les traces de polychromie. Le clocher, quant à lui, date de 1838.
Guide Bleu, 2009, p. 209
Guide Vert, 2009, p. 420
Moracchini G., Carrington D., Trésors oubliés de Corse, p. 29 pl. 53-54, 65-66
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 381-382
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