

La chapelle San Lorenzo, profondément remaniée au 18e siècle, domine le village. Une partie du mur nord et de nombreux blocs récupérés témoignent de son origine romane. A voir aussi sur la façade d’une maison , un beau visage.
Trônant sur une éminence au nord du village de Bilia, la chapelle San Lorenzo se gagne par un chemin présentant de larges marches.
La chapelle a été refaite et sans doute agrandie au 18e siècle ou en 1864 comme l’indique la date gravée sur une pierre de la façade ouest au-dessus de la porte. Elle est pourtant beaucoup plus ancienne car une partie du mur nord, fait de grandes dalles de granit jaune, est d’une facture romane et semble d’origine. D’autres blocs bien taillées se retrouvent dans les autres murs. On voit assez clairement la différence entre les blocs romans bien taillés et les blocs du 18e siècle. Lors de la reconstruction, le chœur a été allongé et un mur droit a remplacé l’abside semi-circulaire. Deux portes donnent accès à l’intérieur. La première, à l’ouest, aux piédroits composés, dans le bas, de deux monolithes et surmontée d’une petite niche semi-circulaire rappelant le traditionnel arc de décharge. La seconde est percée dans le mur nord. Un petit clocheton surmonte la façade ouest.
A l’intérieur, un arc précède le chœur au chevet plat. La petite nef, atteignant 7,20 m de long (mesure jusqu’à l’arc triomphal) sur 5,70 m, est éclairée par quatre fenêtres.
Le panneau d’accueil, placé devant la chapelle, mentionne qu’au 13e siècle, un couvent fondé par les Frères Mineurs s’élevait près de la chapelle romane dédiée à San Lorenzo. A la suite des invasions barbaresques, l’habitat et le couvent sont désertés à la fin du Moyen-Age. Ce n’est qu’au 18e siècle que les habitants de l’Alta Taravu refondirent le village et reconstruisirent la chapelle tombée en ruines en l’agrandissant et en la remaniant.
Dans une maison du village, on peut voir des pierres sculptées provenant, sans doute, de l’ancienne chapelle romane : une petite tête au visage délicat et deux blocs ornés l’un de chevrons, l’autre de cordelières.
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 380