

Chapelle magnifiquement située avec vue sur la plaine et les étangs de Biguglia. D’extérieur assez sobre, elle renferme de très belles fresques récemment découvertes lors d’une restauration de l’édifice. Jolie promenade facile pour y accéder.
La chapelle, ou du moins ses revenus, appartenait au monastère de la Gorgone suite à un don de Pierre, évêque de Mariana, en 1150.
Il reste d’ailleurs un petit bâtiment en ruines qui pourrait être soit un ermitage, soit la maison de quelques frères de l’abbaye-mère.
Superbement située sur une plate-forme dominant la plaine et les étangs de Biguglia, Santa Maria Assunta se dresse en pleine nature entourée d’un muret. On y accède après une très agréable promenade (tables de pique-nique).
L’édifice construit de petites pierres avec des dalles plus importantes aux angles présente trois fenêtres meurtrières (une de chaque côté et une dans l’abside) ; ces fenêtres sont surmontées d’une archivolte échancrée en arc brisé souligné d’un trait gravé.
Les portes sud et ouest sont surmontées d’un linteau simple et d’un arc monolithe sans décor encadrant un tympan nu.
Au milieu des murs nord et sud, on remarque une réfection faite d’assises de dalles plus grandes alternant avec des petites pierres plus longues. Cette intervention pourrait dater du 10e siècle sur un édifice construit au 9e siècle pour G. Moracchini-Mazel, au 12e siècle selon R. Coroneo..
La nef unique, de 12,50 m x 4,60 m, se termine par une voûte en cul de four sur laquelle se distinguent des restes de fresques. Des arcs intérieurs ont été rajoutés pour soutenir la charpente.
La récente restauration a permis de faire une découverte extraordinaire : les fragments de fresques décrits par J. Orsolini s’inscrivent dans un contexte jusqu’alors méconnu couvrant la voûte et une partie du mur latéral nord. Ces fresques, dégagées par Sandra Roca Rey et Vittoria Giantosio, sont superbes. Le répertoire fait penser à celui de Saint Thomas de Pastoreccia.
Au centre de la voûte, un Christ en majesté assis sur un trône évoquant la Jérusalem céleste bénit d’une main tout en tenant un livre de l’autre main. On peut y lire « Ego sum lux mundi et via veritas et vita (Je suis la lumière du monde et le chemin de la vérité et de la vie). Un joli décor de fleurettes envahit les vides. De part et d’autre, le traditionnel tétramorphe : d’un côté l’ange et le taureau (Mathieu et Luc), de l’autre, le lion et l’aigle (Marc et Jean).
En dessous, sont disposés les douze apôtres. On y reconnait les têtes de Philippe et de Thaddée (à gauche) et Barthélemy portant sa peau (à droite).
Les écoinçons de l’arc présentent l’Annonciation : à droite, la Vierge représentée de face et les deux mains ouvertes en signe de prière (ce qui n’est pas courant) et à gauche l’Ange Gabriel. En dessus, Saint Catherine d’un côté, Sainte Agathe de l’autre.
La vie du Christ se développait sur le mur nord. Seule la crucifixion est encore bien conservée.
Ces fresques sont à dater de la fin du 15e siècle.
Le portail d’entrée du cimetière est surmonté d’une grande pierre sculptée de deux têtes qui proviendrait, d’après la tradition, de l’église Santa Maria Assunta. Cette longue pierre devait se trouver à un angle de la corniche car les moulures se prolongent sur le long côté. Ces deux têtes accolées très épurées se rapprochent de celles d’autres édifices comme par exemple celles qui ornent sur l’abside de SS. Pietro e Giovanni à Santa Pietro di Tenda daté du début du 13e siècle.
Ajaccio Fr.-X., Les fresques des chapelles romanes, un art chrétien dévoilé, 2019, p. 50-58
Camuffo P., Gli edifici di culto medievali nella valle del Golo, analisi archeologica sull’evoluzione della tecniche murarie in pietra tra XIe-XVIe secolo, thèse de doctorat, 2012, Univrsité de Corse
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 170
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 262-265
Haute Corse, Gallimard, voir Furiani
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 45
Moracchini-Mazel G., Corsica sacra, 2004, p. 136
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 215, 430
Orsolini J., L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, 2003, p. 3
Camuffo P., « Eglise pievane de Santa Maria de Furiani », Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses (https://m3c.universita.corsica/s/fr/item/1093930).
corsicatheque/histoire(patrimoine)/eglises, chapelles et couvents
elizabethpardon.hautetfort.com
Gaffory V., Giuliani A., « Chapelle Sainte Marie dite Santa Maria Assunta », Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses (https://m3c.universita.corsica/s/fr/item/1092664)
https://pop.gouv.fr/notice/merimee/PA00099282