Grossa: S Giovanni Battista

La très jolie église San Giovanni Battista vaut une visite ; harmonieuse de proportions, elle présente un décor qui se répandra pendant tout le 12e siècle. La façade occidentale est particulièrement intéressante avec des motifs (cercles et losanges) directement inspirés de l’art pisan.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Grossa
Chapelle:
San Giovanni Battista
Pieve:
Bisogeni
Diocèse:
Ajaccio

Coordonnées Google Earth:
41°36'48.79"N 8°53'32.93"E
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Coordonées GPS:
41°36.814’ 008°53.540’
Altitude:
257 m

Carte IGN:
Propriano 4154 OT, Grossa, point 4145,7-547 marqué San Giovanni

Accessibilité:
En voiture puis à  pied. Quitter Grossa par la D 21 ; environ 1 km plus loin, laisser la voiture. On aperçoit la chapelle en contrebas. Prendre un chemin qui entre dans une propriété privée ; l'édifice est sur une petite colline

Modalités de visite:
extérieur accès toléré (bien refermer la barrière pour les animaux)

Datation:
premier quart du 12e siècle
Dimensions:
16,05 m x 7,45 m (extérieur)

Classement monument historique:
1977
24/08/2017:
20/04/2013

Galerie

Historique et description

Transformée en habitation au 19e siècle, l’église San Giovanni Battista se dresse sur une petite éminence en contrebas du village actuel.
Datant du début du 12e siècle, elle resta l’église piévane de Bisogeni jusqu’au 14e siècle, moment où l’apparition de la malaria et les invasions barbaresques provoquèrent le repli de la population vers les hauteurs. Elle fut ravagée par les Turcs au 16e siècle (rapport de Mgr Mascardi en 1587).
Harmonieuse de proportions, elle est construite de dalles bien taillées reposant sur un soubassement mouluré ; elle est décorée d’un bandeau à arcature faisant le tour de l’édifice : les arcs reposent sur des modillons sculptés malheureusement très érodés. Les motifs sont dans l’ensemble géométriques ou végétaux avec quelques têtes humaines.
La nef unique, de 16,05 m x 7,45 m, se termine par une abside semi-circulaire orientée sud-est. Les modifications apportées ont respecté l’aspect extérieur.
L’abside a été rehaussée par un mur arrondi et on distingue encore, même si certaines ont été obturées, les fenêtres meurtrières : deux de chaque côté et une au centre de l’abside. Cette dernière présente une archivolte gravée d’un trait concentrique à l’arc. De nouvelles fenêtres rectangulaires ont été percées pour donner de la lumière à l’étage. Les deux portes latérales ont gardé leur linteau et l’arc en plein cintre au tympan nu.
C’est surtout la façade occidentale qui retient l’attention : au centre, la porte, formée de deux piédroits, est surmontée d’un linteau rectangulaire et d’un arc surhaussé à 12 claveaux soulignés par un bandeau mouluré. De part et d’autre de l’arc reposant sur deux consoles moulurées, trois têtes humaines très érodées en haut relief sont surmontées d’un cercle entre 2 losanges, tous les trois travaillés en creux sur deux profondeurs.
Le fronton, fermé par un bandeau mouluré, présente une arcature un peu différente de celle présente sur les autres côtés. Les arcs reposent ici en alternance sur des modillons ou sur des pilastres. Au centre, la croix ajourée a été obturée. Des cupules se distinguent à plusieurs endroits : elles abritaient des bols polychromes (8 au total).
L’intérieur a été compartimenté sur deux niveaux. Toutefois, un petit espace sous l’abside a été préservé comme chapelle souvenir. On y accédait par la porte sud tandis que la porte nord servait pour l’habitation. Le même dispositif se retrouve à Santa Maria Assunta de Palasca.
G. Moracchini-Mazel signale avoir ramassé de nombreux fragments de tuiles romaines et en déduit la présence d’une petite agglomération ce qui ne semble pas avoir été confirmé par les études de J. Cesari et J.-C. Ottaviani.

Bibliographie

Berti G., Tongiorgi L., Les céramiques décoratives sur les églises romanes de Corse, Cahier Corsica 53, 1975, p. 7
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 124-126, 128-129
Corse du Sud, Gallimard, 2009, p. 97, 238
Guide Bleu, 2009, p. 190-191
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 111
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 106
Monuments de Corse, 2003, p. 200-201
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 115-116
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. I p. 114-115, t. 2 p. 383
Sites remarquables vus du ciel, Corse 2, 2010, p. 109

Internet


Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr.
Decouvrirlacorse.chez.com/romanes
Verges.jeanmarie.free.fr
France-romane.com