

L’église de Santa Maria Siché se distingue par le décor de la corniche nord, une des plus anciennes de Corse, que la récente restauration met particulièrement en valeur. Sa fondation remonte au 9e siècle mais elle a connu de nombreux remaniements. A découvrir en fin d’après-midi.
Agrandie et remaniée à diverses reprises du 9e au 20e siècle, l’église était dédiée à Santa Maria Assunta. Elle est aussi connue sous le vocable de Sainte Lucie.
Cet édifice a connu des heures difficiles : ayant servi de salle des fêtes, un incendie emporta la toiture en 1992. Laissé à l’abandon, il s’est dégradé progressivement et le processus s’est accéléré avec l’effondrement du mur sud en 2009. Cet état alarmant provoqua une intervention rapide : remontage du mur et mise en route du processus de restauration dont la première phase est en cours d’achèvement : consolidation et nettoyage des murs extérieurs, réfection de la toiture, nouvelle menuiserie. L’Inrap effectua des fouilles mettant au jour plusieurs tombes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’édifice. Parmi ces tombes, certaines datent du 9e siècle, notamment une tombe d’un homme, celle d’une femme et celle d’un enfant.
La restauration en cours en 2016 restitue à l’édifice une superbe lecture de la corniche à arcatures du mur nord, l’une des plus anciennes de Corse. La frise faite de petits blocs de granit quadrangulaire présente une succession de petits arcs échancrés en plein cintre. A la jonction des arcs, les modillons sont gravés de motifs géométriques simples : croix, cercles, spirales, lignes, croisillons. On aperçoit aussi un masque humain très stylisé. La restauration a fait apparaître deux sculptures, peut-être trois, en haut relief : si l’on peut entrevoir une figure humaine debout sur l’une, les deux autres sont trop dégradées pour tenter une identification.
Une petite fenêtre meurtrière se profile sous l’arcature. Elle est surmontée d’une petite archivolte avec des lignes gravées imitant le jeu de claveaux. Ces éléments classent l’édifice comme préroman et plaident pour une datation du 9e siècle.
Toujours sur le mur nord, deux portes ont été percées. Elles appartiennent à deux époques différentes : la plus ancienne, se situant vers le chœur, est surmontée d’un linteau monolithe rectangulaire reposant sur deux consoles arrondies. Entre les deux portes se profile une croix gravée.
Les murs ouest et sud ont été refaits au cours des temps et chacun percé d’une porte. Une baie semi-circulaire occupe le fronton occidental tandis que trois fenêtres rectangulaires ont été aménagées dans le mur sud. L’angle sud-est semble en partie d’origine car on y perçoit un bloc décoré d’un serpent ou d’une spirale.
L’ancienne abside semi-circulaire a été abattue et remplacée, au 18e siècle, par un important chœur rectangulaire au chevet plat sur lequel s’appuie un haut clocher à arcade plus récent.
Assez longue (17,40 m jusqu’à l’arc triomphal sur 7,68 m), la nef unique a gardé l’arc triomphal d’origine fait de claveaux que l’on distingue sous le recouvrement du 18e siècle. Un autel baroque occupe le chœur. Des traces de décor peint s’aperçoivent encore sur la voûte tandis qu’apparaissent les blocs romans sur le mur nord là où le recouvrement est tombé.
A découvrir de préférence en fin d’après-midi pour avoir la lumière sur l’arcature du mur nord.
Corse du Sud, Gallimard, 2009, p. 184
Corse Matin du 28 décembre 2010 “L’église romane va pouvoir renaître de ses ruines” (avec photo du chantier)
Guide Bleu, 2009, p. 210
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 101
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. I p.40-41, 170-171, t.2 p. 371
Poncin L., Guide du Taravo, patrimoine d’une vallée, 2004, p. 60
corsicatheque/histoire(patrimoine)/eglises, chapelles et couvents
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