Morosaglia: Sa Reparata

Santa Reparata, ancienne église paroissiale, se dresse sur un rocher dominant un paysage superbe. Elle fut au cours des temps plusieurs fois remaniée et a gardé un superbe tympan sculpté du 12e siècle.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Morosaglia
Chapelle:
Santa Reparata
Pieve:
Rostino
Diocèse:
Accia

Coordonnées Google Earth:
42°26’14.09"N 9°18’08.19"E
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Coordonées GPS:
42°26.233’N 9°18.137’E
Altitude:
900 m

Carte IGN:
Vescovato 4349 OT, point 4238,7-573,1 marqué Santa Reparata

Accessibilité:
Sur la D71 sortir du village. Après le musée Paoli, prendre à  gauche une petite route vers Rocca Soprana ; prendre un sentier sur la gauche qui descend vers l'église (puis 5 min à  pied)

Modalités de visite:
Extérieur accessible ; accès à  l'intérieur impossible

Datation:
7°, 12e siècle, remaniements successifs
Dimensions:
8,50 m x 4,50 m (romane) ; 16m x 9,50 m avec les chapelles

Classement monument historique:
1993
21/08/2017:
01/09/2016 accueilli par Madame Mariani

Galerie

Historique et description

Fièrement dressée au-dessus de Morosaglia, l’église Santa Reparata semble défier le temps. Accrochée au rocher, elle fut l’église paroissiale et Pascal Paoli y fut baptisé.


En la regardant attentivement, on constate de nombreux remaniements particulièrement visibles sur la façade occidentale percée d’une porte et d’une fenêtre.
La porte est un premier élément : les corbeaux et le linteau, décorés de lignes géométriques gravées et de cordelière d’un style proche de celui de l’art préroman, attesteraient d’une première construction vers le 7e siècle.
Sur le tympan, deux serpents entrelacés superbement rendus se mordent la queue. Ce type de décor se retrouve sur d’autres chapelles, comme à Quercitello (12e siècle) ou encore au baptistère Santa maria de Rescamone (13e siècle).
Entre les gueules des serpents, figure une inscription avec la date de 1550 (RIPA…1550 FECIT). On peut supposer que c’est à ce moment que la porte a été remontée intégrant des matériaux d’époques diverses.
Au-dessus de la porte, le fronton présente une ouverture allongée aux extrémités en arc de cercle, inspirée du baroque qui s’infiltre en Corse à partir de la fin du 16e siècle.
Cette façade fut encore agrémentée d’un clocheton ajouté tardivement.


Des remaniements se perçoivent aussi sur les autres murs : l’abside, orientée à l’est, est semi-circulaire et les murs sont construits, surtout aux angles sud-est et nord-est, de beaux blocs assemblés à joints vifs.
Mais elle présente, englobés à la base, quelques blocs sculptés de motifs en torsade ou en cordelière. Ce motif et la couleur de la pierre se retrouvent sur le bandeau de l’abside de la Trinité et Giovanni à Aregno.
La fenêtre meurtrière a connu au moins deux états : celui de la pierre intérieure et celui de l’arc semi-circulaire la surmontant à l’extérieur.
Deux chapelles latérales ont été construites perçant la nef primitive. Les ouvertures pratiquées dans le mur sud sont de différentes factures : porte sans linteau, une fenêtre étroite et une autre rectangulaire.
Le mur nord, quant à lui, présente les traces d’une porte avec un linteau mouluré.
Il n’est pas possible de dater ces interventions successives mais elles montrent que l’édifice fut utilisé d’une façon continue malgré les aléas de l’histoire. De nombreuses pierres gravées sont dispersées dans les murs, la plus ancienne portant la date de MCCCCLXXXX (1490).

A l’intérieur, la nef unique atteint, après les différents remaniements, 17,80 m sur 6,95 m sans tenir compte des deux chapelles latérales disposées en vis-à-vis. Ces deux chapelles, dont l’une abrite une statue de Santa Reparata, sont décorées de stuc baroque. Deux éléments subsistent de l’époque romane : l’abside recouverte d’une voûte en cul de four dont l’arc repose sur une console ornée de palmes gravées et le chancel séparant le chœur de la nef.

Dans la partie nord-ouest de la nef, un autel dédié à saint Jean-Baptiste est entièrement peint en trompe l’œil.

Derrière l’autel baroque doit prendre place un triptyque peint mais celui est démonté en vue d’une restauration. Les tableaux du chemin de croix ont, eux aussi, été déplacés.

 

Bibliographie

Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 168
Guide vert, 2010, p. 505
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 231
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 65
Michel F., Pasqualaggi D., Carte archéologique de la Gaule, La Corse, 2013, p. 251
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, 1, p. 17, 2 p. 293-294
Quilici T., Mannoni J.P., Pieve di Rustinu, 2011, p. 590 et sv

Internet

Camuffo P., « Eglise Santa Reparata de Morosaglia », Mediathèque Culturelle de la Corse et des Corses (m3c-univ-corse.fr)
Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
Corsicatheque
France-romane.com
Marchini V., Trojani V., « église Santa Reparata dite Santa Reparata », Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses (m3c-univ-corse.fr)
verges.jeanmarie.free.fr