

L’intérêt de cette église fortement refaite, réside dans le mur nord : l’appareillage et les fenêtres meurtrières surmontées d’un arc à claveaux de tuffeau permettent de la dater du 10e siècle.
Au 15e siècle, la nef fut recouverte de fresques dont il ne reste que quelques vestiges.
Située sur le sentier de randonnée reliant la marine au village d’Ogliastro, l’église San Michele n’est que partiellement conservée : toute l’abside a disparu et il n’en reste que quelques assises pour en évoquer le tracé. Les murs sud et ouest ont, quant à eux, été entièrement remontés. Seul le mur nord paraît d’origine avec ses deux fenêtres en meurtrière surmontées d’une archivolte échancrée avec des traits imitant la division en claveaux à l’extérieur et, à l’intérieur, d’un arc formé de petits claveaux de tuffeau bien taillé. Ces éléments caractéristiques ont été consolidés par la FAGEC avec le soutien de la municipalité d’Ogliastro. L’appareillage de ce mur, petites pierres équarries avec essai de chaînage de pierres plus larges, incite G. Moracchini-Mazel à dater l’édifice du 10e siècle .
Le mur nord, à l’intérieur de l’édifice, réserve une surprise : deux fragments de fresques situés l’un près de l’angle nord-ouest, l’autre en dessous d’une des fenêtres meurtrières . Si les motifs sont presque effacés, il reste pourtant des traces d’incision au poinçon faites dans l’intonaco et délimitant avec précision la figure et le nimbe des saints. Sur le fragment en dessous de la petite fenêtre, on aperçoit, à droite la trace d’un couteau qui pourrait être celui de saint Barthélemy. Traditionnellement, en effet, saint Barthélemy ayant été écorché vif, est représenté portant un couteau à la main et sa peau sur l’épaule. À sa gauche, un saint (ou une sainte) nimbé. Il s’agit probablement de la figuration des apôtres (ou des saints) disposés ici sur le mur et non sur l’abside comme partout ailleurs. À l’origine, la nef unique était peut-être recouverte de fresques à dater probablement du 15e siècle.
Ses dimensions, 19,20 m par 6,65 m, la classent parmi les grandes églises. Elle n’était pourtant pas l’église piévane car celle-ci se trouvait à Nonza.
Les inscriptions gravées datant du 15e siècle, d’après G. Moracchini-Mazel, rappellent la présence de sépultures autour de l’édifice. L’ancien cimetière, aujourd’hui désaffecté, est délimité par un muret et fermé par une grille.
L’église se dresse dans un ancien cimetière désaffecté délimité par un muret en bordure d’un sentier santé.
Deltour Ph., Levie Cl., Les édifices romans de la Corse, vol. 1, 2020, p. 333-334
Massiani St., La Corse et ses chapelles romanes, 1991, p. 29
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 250
Moracchini-Mazel G., in A Cronica, HS 1994, n°2 p. 24
Orsolini J., L’art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, 2003, p. 40