

L’ ermitage de Saint Erasme se découvre après une longue promenade dans un endroit superbe dominant la vallée. D’origine du 9e siècle, la chapelle a été réaménagée au cours du temps.
C’est au bout d’une agréable promenade que l’on atteint la chapelle Saint Erasme perdue en pleine nature sur une petite crête dominant la vallée à 600 m d’altitude.
De premier abord, on la croit postérieure à l’époque romane. Pourtant, on la contournant, on aperçoit une abside assez basse (en cloche) recouverte de teghie. Geneviève Moracchini-Mazel penche pour une datation du 9e siècle. Cette première chapelle sera agrandie en 1220. La petite partie vers l’abside, moins large que l’agrandissement, appartient sans doute à l’édifice primitif (largeur approximative 6 m). Cet agrandissement nécessita de gros travaux de soutènement et la construction d’un mur imposant. La nef atteint alors 13,95m de longueur sur 7,50 m de large
Au 15e siècle, le village se regroupe sur le site actuel et une nouvelle église paroissiale est construite au début du 16e siècle : Saint Césaire. Saint Erasme perd alors son statut d’église paroissiale mais on dote pourtant l’édifice d’un bénitier en marbre de Carrare et on construit le clocher-mur. Est-ce à ce moment que l’on construit l’ermitage qui jouxte la chapelle ? Toujours est-il que ce site est un remarquable exemple de monachia ou petit ermitage.
La chapelle connaitra encore un remaniement important en 1896 par la construction de contreforts extérieurs repris par deux arcs intérieurs destiné à consolider l’édifice en vue du voûtement du chœur. Le toit est pourtant resté à double rampant.
Outre les nombreux ex-votos de marins, la chapelle renferme un superbe triptyque du 16e siècle d’un maître anonyme corse : au centre la Vierge assise présente l’enfant Jésus ; elle est entourée des patrons de la vallée : Saint Erasme tenant sa crosse d’évêque et une bougie allumée et Saint Césaire doté de la palme du martyre et d’un livre. Au-dessus représentés dans des petits encadrements : Saint Jean-Baptiste avec sa houlette, un Christ de Pitié et saint Antoine en robe de bure. Dieu le Père surmonte la composition et esquisse un geste de bénédiction.
Ce tableau a été restauré en 2003 et remonté dans la chapelle à dos d’hommes.
Le site revit chaque année pour la fête de Saint Erasme le 2 juin.
Le village d’Olmeta di Capocorso vaut que l’on s’y attarde : le site a été occupé depuis l’âge du bronze comme en témoigne les peintures de la Grotta Scritta et le village est émaillé d’anciennes constructions, de paillers et de la plus ancienne fontaine architecturée connue en Corse (la fontaine Pozzo qu’une inscription date de 1393).
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 153
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.2 p. 250
Olmeta di Capocorso, inventaire du patrimoine, Association Petre Scritte, 2009, p. 7-8, 59-60
Internet
Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr