Piedicorte di Gaggio: Campanile de Santa Maria

Le campanile de l’église paroissiale, construit en 1821, comporte de nombreuses pierres sculptées provenant d’une église romane de la fin du 11e siècle-début du 12e siècle.
A voir : l’archivolte présentant des animaux et un beau linteau décoré d’entrelacs.

Situation géographiqueImprimer

Village:
Piedicorte di Gaggio
Chapelle:
Santa Maria Assunta
Pieve:
Rogna
Diocèse:
Aleria

Coordonnées Google Earth:
42°14’09.73"N 9°19’41.51"E
Afficher la carte Google

Coordonées GPS:
42°14.162’N 9°19.692’E
Altitude:
730 m

Carte IGN:
Cervione 4351 OT, point 4216,6-577,1 au centre du village

Accessibilité:
le long de la D 14

Modalités de visite:
campanile visible de la route

Datation:
entre la fin du 11e s. et le début du 12e siècle
Dimensions:
pierres de remploi

Classement monument historique:
1992
16/12/2017:
15/05/2015

Galerie

Historique et description

L’église Santa Maria Assunta est érigée au bord de la D 14. Construite au 19e siècle avec une façade de style baroque, elle renferme un très beau tabernacle en bois, un orgue remarquable et une momie dite de Saint Clément. Elle est flanquée d’un campanile construit en 1821 mais qui mérite une attention toute particulière. Il est, en effet, construit avec une série de blocs venant sans doute de l’ancienne église romane dédiée elle aussi à Santa Maria et qui se situait sur un promontoire à un quart d’heure de marche.


Au-dessus d’une porte obturée a été placé un linteau entièrement recouvert d’entrelacs finement sculptés qui ressemblent étrangement à celui de l’église de Mariana, dite la Canonica.
Ce linteau est surmonté d’une archivolte faite de deux claveaux entourant un tympan nu et monolithe.
Une succession de quatre animaux se profilent en fort relief : de gauche à droite deux quadrupèdes s’affrontent gueules entr’ouvertes et montrant des dents acérées (des loups ?), au centre et leur tournant le dos, un troisième quadrupède au fin museau et ailé (un griffon ?) qui semble freiner des quatre pattes devant un monstre aux crocs menaçants. Ce monstre résume à lui seul les trois éléments : il est ailé, présente des pattes avant et se termine par une queue d’animal marin à peau striée et enroulée sur elle-même.
Tout comme les entrelacs du linteau, ces motifs sont à rapprocher de ceux qui ornent la porte occidentale de la cathédrale de Mariana, ce qui induit une datation entre la fin du 11e et le début du 12e siècle.
Sur le tympan est gravée une inscription avec une date : AN DO 1821 DIE 20 7 BRIS, sans doute la date de la construction du clocher.


Sur le campanile lui-même, d’autres éléments ont été réemployés : une petite tête humaine, des archivoltes en plein cintre, des moulures toriques et de nombreuses dalles taillées dans un schiste gris.

Bibliographie


Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 104, 114, 123, 139
Guide Vert, 2010, p. 277
Haute Corse, Gallimard, 2006, p. 245
Moracchini-Mazel G., Corse romane, 1972, p. 106
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, 1, p. 88, 2, p. 333

Internet

Culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
France-romane