

Petite chapelle perdue dans les chênes liège. De facture très simple, pierres plates et minces dans un mortier de chaux, elle daterait de l’époque préromane pour G. Moracchini-Mazel, du 13e siècle pour Coroneo.
Entourée d’anciennes terrasses de culture et de chênes-liège, la chapelle San Giorgio est en ruines.
De nef unique (7,50 m x 4,80 m), elle n’a plus de toit.
L’abside, orientée vers l’est, est trapue : construite en petits appareils irrégulier de schiste gris et vert liés au mortier de chaux, elle présente une fenêtre meurtrière marquée par des blocs de tuffeau bien taillés et un long linteau en schiste. Sous la toiture en teghie, se dessine une sorte de corniche formée d’une rangée de pierres disposées en avancée.
Deux portes y donnent accès : l’une dans la façade occidentale et l’autre dans le mur sud. Elles ne présentent aucune particularité.
L’arc triomphal est formé de claveaux de tuffeau partiellement recouvert d’un enduit mis à l’époque baroque. Les stucs surmontant l’autel sont encore visibles au sommet de l’arc. Des traces d’enduit sont aussi visibles sur la voûte, sans doute la base de fresques mais sans aucune précision.
C’est probablement de cette l’époque que datent les différentes modifications : mur barrant l’abside, fenêtres meurtrières agrandies, oculus dans le fronton occidental et deux petites fenêtres encadrant la porte principale. Celle-ci est surmontée d’un reste de blason, malheureusement fort dégradé.
Geneviève Moracchini-Mazel signale une archivolte taillée en forme de fer à cheval (nous ne l’avons pas repérée) et la couverture « en cloche » de la voûte de l’abside. Ces éléments feraient remonter la construction de l’édifice au 10e siècle. Roberto Coroneo, pour sa part, replace cette chapelle dans la vague de construction fin 12e-13e siècle dans la tradition pisane.
La chapelle était une possession des chartreux de Pise (héritiers des bénédictins de la Gorgone) dont le nom apparaît dans une bulle du pape Innocent IV en 1251.
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 171
Moracchini-Mazel G., Corsica Sacra, 2004, p. 315
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t. 2 p. 208, 427