

Seule l’abside de la chapelle est bien conservée : l’arc triomphal composé de claveaux inégaux est plein de charme. Malgré son vocable, cet édifice est ancien et pourrait dater du 7e siècle pour ls uns, 12e, voire 13e siècle pour les autres.
En quittant la cathédrale du Nebbio vers Poggio d’Oletta par la D238, on peut voir deux autres chapelles assez proches l’une de l’autre : San Rocco et San Quilico.
Si San Quilico est encore bien conservée, il ne reste de la chapelle San Rocco que l’abside en partie enfoncée dans un terrain en pente. A l’extérieur, la base de fenêtre absidiale se situe, en effet, au niveau du sol. L’abside elle-même étant entourée de lauriers, on peut passer à côté sans s’en apercevoir. Du côté intérieur par contre, l’arc triomphal attire le regard et le doute n’est plus permis.
Construit en petites et moyennes pierres de calcaire blanc disposées irrégulièrement, l’édifice est orienté vers le nord-est. Les murs sont suffisamment conservés pour en retracer le plan : une nef unique de 15,60 m de long pour une largeur de 7,30 m. Seul l’emplacement de la porte dans le mur sud-est est encore visible sur deux assises. Il devait certainement y en avoir une autre dans la façade sud-ouest.
L’abside voûtée en cul de four s’ouvre par un arc triomphal surbaissé composé de claveaux d’épaisseur inégale, ce qui en fait le charme. Elle est percée au centre par une étroite fenêtre fortement ébrasée et comporte deux petites niches dont l’une est surmontée d’un linteau reposant sur deux consoles arrondies. Notons aussi que l’arc triomphal repose sur deux petites consoles dont celle de droite est ornée d’un disque.
L’édifice offre des similitudes avec San Petruculo d’Accia ou encore San Pietro de Talasani, ce qui plaiderait pour une datation ancienne, peut-être le 7e siècle pour G. MoracchiniMazel. Coroneo par contre, placerait cette chapelle entre la seconde moitié du 12e-début 13e siècle. Le vocable de San Rocco est apparu bien plus tard. On peut donc supposer que la chapelle était primitivement dédiée à un autre saint mais aurait été « débaptisée » au 16e siècle au moment des grandes pestes.
Coroneo R., Chiese romaniche della Corsica, 2006, p. 171
Moracchini-Mazel G., Les églises romanes de Corse, 1967, t.1 p. 24, t.2 p. 259
Internet
Histoire.du.nebbio